Douleur

Je m’appellerais l’amour
Que je te courtiserais,
Je m’appellerais la peur,
Que je te défendrais,
Je m’appellerais la nuit,
Que je t’illuminerais,
Je m’appellerais la mort
Que je t’épargnerais.

Pour te faire langueur
Comme tu m’as fait souleur
Je m’appellerais le vent
Que je te blesserais,
Ne me crois pas méchant
Écoute mon couplet
Je m’appelle douleur
Et tu es ma demeure.

J’ai tant battu les rues
J’ai tant battu les heures
Qu’enfin tu es venue
Comme en mer la lueur
T’as dit : « j’aime les fous
Parc’ qu’ils aiment les fleurs… »
Mis dans tes deux mains nues
Ma raison et mon cœur.

Ne me crois pas avant
Ne me crois pas servant
Je t’aime tant et tant
Maintenant tu le sens.
Traverserons les pleurs
Traverserons les ans
Traverserons les temps
Mon fardeau, ma chaleur…

 

Félix Leclerc

 

P.S Allé voir la magnifique mise en musique du magnifique Fred Pellerin de ce magnifique poème ici

 

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Montre-moi la place

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Montre-moi la place

Où je pourrai en finir une fois pour toute

avec le vieil homme

Montre-moi la place

où je ne suis plus stupéfié

par les chimères, les larmes,

l’envie, la douleur, le désespoir.

Montre-moi la place

où il n’y a plus de commencement, ni de fin.

Montre-moi la source intarissable du vivant

où je pourrai t’aimer

sans encombre

 

P.S

Le temps composé (Pour M)

Je n’ai pas besoin de raison

Pour ce que je suis devenu

La lumière à travers la fenêtre

Me plonge dans la pensée de toi

Les rayons d’amour me chauffent

Dans ce matin froid de novembre

Ce temps composé

Où assis à la fenêtre

Je ferme les yeux

Je touche tes lèvres avec les miennes

La douceur restaurée

Mon cœur s’ouvre à toi, tout grand

J’ai mis ces mots là

Tout simplement

Pour marquer le temps

Où je suis avec toi

Pour l’éternité.

 

Bien à toi

 

P

 

La fin du bal (Le vol arrêté)

Memento Mori

 “Hâte-toi de bien vivre et songe que chaque jour est à lui seul une vie” Sénèque

 

La fin du bal (Le vol arrêté)

 

Comme le fruit tombe sans avoir pu mûrir

La faute à l’homme, la faute au vent

Comme l’homme qui sait en se voyant mourir

Qu’il n’aura plus jamais le temps

Un jour de plus il aurait pu chanter

Faute au destin, faute à la chance

Faute à ses cordes qui s’étaient cassées

Son chant s’appellera silence.
Il peut toujours le commencer

Nul ne viendra jamais danser

Nul ne le reprendra en cœur

Il n’aura jamais rien fini

A part cette blessure au cœur

Et cette vie.

 

Pourquoi

J’voudrais savoir pourquoi, pourquoi

Elle vient trop tôt la fin du bal

C’est les oiseaux, jamais les balles

Qu’on arrête en plein vol.

 

Comme ces disputes commencées le soir

Faute à la nuit, faute à l’alcool

Et dont il ne restera rien plus tard

Que quelques mégots sur le sol

Il aurait tant voulu frapper pourtant

Faute au couteau, faute à la peur

Il n’aura fait aucun combat au sang

Juste le temps d’un peu de sueur

 

Lui qui aurait voulu tout savoir

Il n’aura même pas pu tout voir

Lui qui avait l’amour au corps, au corps

Pour la seule qu’il aurait gardée

Il a rendu sa barque au port

Sans l’embrasser, sans la toucher

Juste y penser jusqu’à la mort

 

Pourquoi

J’voudrais savoir pourquoi, pourquoi…

 

Il écrivait comme on se sort d’un piège

Faute au soleil, faute aux tourments

Mais comme il prenait pour papier la neige

Ses idées fondaient au printemps

Et comme la neige recouvrait sa page

Faute aux frimas, faute à l’hiver

Au lieu d’écrire il essayait, courage

D’attraper les flocons en l’air

 

Mais aujourd’hui il est trop tard

Il n’aura pas pris le départ

Et son souvenir ne sera

Que la chanson d’avant la lutte

De l’évadé qui n’aura pas

Atteint son but.

 

Pourquoi

J’voudrais savoir pourquoi, pourquoi

Elle vient trop tôt la fin du bal

C’est les oiseaux, jamais les balles

Qu’on arrête en plein vol.

 

(Vladimir Vissotski / Maxime Le Forestier)

 

 

Adieu Lena, repose en paix…

 

Dans le carnet (rouge) cette semaine

A CRACK IN EVERYTHING

 

Il s’agit vraiment surtout de bien se retremper dans la réalité […] Vincent Van Gogh Correspondance générale

Le processus = me pousser encore et encore + je peux faire mieux que cette merde que je viens de faire = je suis dans la fabrication, le faire + ne penses pas trop = JUST DO!

Always get back on the horse

L’Homme, la femme de métier est soumis au jugement infaillible de la réalité et ne peut pas noyer ses échecs ou ses lacunes sous un flot d’interprétation…(réf: Shop class as soulcraft de Matthew B. Crawford)

P.S : rien à voir avec « l’estime de soi » que les profs souhaitent parfois instiller à leurs élèves, comme par magie.

Moins nous avons l’occasion d’exercer notre jugement, plus la vertu cognitive et morale de l’attention aura tendance à s’atrophier.

Résultat? un peuple d’idiot (à développer)

l’idiotie = forme d’incompétence tout à la fois éthique et cognitive.

« Il ne se sent pas impliqué. Ce n’est pas son problème. Parce qu’il est idiot. »

dans le one-pager

« Vu l’effort qu’il doit faire pour rester sobre, on peut comprendre qu’il (Wallace) soit fasciné par la force de la volonté et par les potentialités transcendantes du dépassement de soi.

« tenir le choc, une discipline faite de patience et d’abnégation » dit Simone Weil, « il y a quelque chose dans notre âme qui répugne à la véritable attention beaucoup plus violemment que la chair ne répugne à la fatigue…Ce quelque chose est beaucoup plus proche du mal que la chair. C’est pourquoi, toutes les fois qu’on fait vraiment attention, on détruit du mal en soi…

apprendre à penser cela revient en fait à exercer un certain degré de contrôle sur ce que tu penses aussi bien que sur la façon dont tu penses…choisir ce vers quoi tu souhaites porter ton attention…

construire du sens à partir de tes expériences.

Parce que si, par habitude, tu n’es pas capable d’exercer ce choix, tu es totalement largué.

Ce qui est important de souligner ici, c’est que la capacité d’orienter notre attention à notre guise est une condition essentielle à la vie bonne.

 

elle m’a dit avant de partir, si tu reste avec moi, tu vas avoir une bonne vie.

C’est assez dit la baleine

 

Bonne semaine les aminches.

 

Patrice

 

J’ai planté un autre poème dans la blogosphère

Essenine 1914
Sergueĩ Essenine 1914

 

Sergueĩ Essenine, l’insurgé de la poésie, le frère du vent

[…]

Dans la galère des sentiments me voici condamné
À tourner la meule des poèmes.
Mais sois sans crainte, vent insensé,
Crache tranquillement tes feuillages sur les prés !
L’étiquette de « poète » ne m’écorchera pas,
Moi aussi dans les chants je suis un voyou comme toi.

[…]

Je ne regrette rien, ni appels, ni larmes,
Tout passera comme la blancheur des pommiers.
Saisi par l’automne d’or déclinant,
Ma jeunesse, comme tu es à jamais loin.
Tu ne battras plus comme autrefois,
Mon coeur pris, frissonnant aux premiers froids,
Et au pays des cierges des blancs bouleaux
Je n’irai plus me promener pieds nus.
Âme errante ! Toujours plus rarement
Tu attises la flamme de mes lèvres.
Ô ma fraîcheur perdue
Ô mes regards, mes élans, mes fièvres.

Chaque jour, plus sobre, moins désirant.
Ô ma vie, ne fut-elle qu’un rêve ?
Comme si, au printemps, à l’aube sonore,
Je galopais sur un coursier rose.
Nous sommes en ce monde tous mortels,
Vois couler le cuivre des érables…
Ah ! Que soit à jamais béni
Ce qui est venu fleurir et mourir.

 
(La Confession d’un Voyou, 1921)

 

 

Prolifique

Dimanche, il fait 8º C à Montréal PQ, le ciel est bleu la mer est calme…

Je vais tenter de faire de cette journée, une journée prolifique. Dans la liste des synonymes, nous avons entre autre chose: abondant, fécond, productif (ah non! c’est dimanche!) foisonnant, générateur, reproductif (!?), prolifique, qui se reproduit rapidement, qui produit beaucoup, un artiste prolifique, un écrivain prolifique. Voilà-voilà, tu veux en gros que ta journée, comment dirais-je, l’idée de pouvoir générer, produire, agir au lieu de subir, de réagir, d’éteindre des feux etc.. c’est pas un luxe ça? Le fait que tu te trouves dans des conditions où tu peux te permettre de penser même à l’idée d’être prolifique c’est pas un peu bourgeois? eh ben voilà! et alors? peu importe, je génère la question, c’est tout, on se calme…

Bon déjà que je suis en train d’écrire ces lignes c’est déjà un bon début, pour ce qui est de la valeur de ces lignes, c’est une autre histoire. J’ai dis déjà que cette exercice représentait un outil qui pourrait éventuellement m’aider à devenir la personne que je serais sensé être (admirer le conditionnel). Le connais-toi toi même de Socrate. Il n’y a ici aucune autre prétention si ce n’est que…quoi?…non rien, vraiment aucune.

Je reviens à ce concept qui me plaît bien, à savoir: à quoi ressemblerait ta journée idéale.

je vous laisse là-dessus.

BTW, j’aimerais bien vous savoir à quoi ressemble votre journée idéale.

Allez!

Patrice