N’arrête jamais d’explorer

Nous sommes ce que nous répétons sans cesse. L’excellence n’est donc pas un acte mais une habitude. Aristote

‘Y en aura pas d’facile! qu’y disait. La vérité c’est que j’la voulais facile. La paresse avait souvent le dessus sur moi, ensuite la fainéantise, deux ingrédients de base pour un parfait procrastinateur!

Mon père me disait toujours: « dans vie, on fait pas toujours c’qu’on veut ». J’aimais pas trop ça quand ‘y disait ça, moi, je voulais juste faire ce que je voulais, j’voulais juste faire c’qui était plaisant, j’voulais manger l’dessert sans manger mes légumes, un enfant de nanane. Ça pas été facile plus tard quand y fallait faire face à des obligations, des trucs qu’il faut faire mais qui nous tente pas. Jusqu’à ce que ça casse (ou presque). J’aurais eu besoin de plus de discipline, peut-être. Surement. Mais mes pauvres parents, ‘y en avaient arrachés, j’pense qu’y voulaient pas qu’on vive la même chose qu’eux autres. C’était l’époque (les années 70….) où la classe moyenne existait, on était pas riche, mais jamais de ma vie je me suis sentis « pauvres ». On a jamais manqué de rien.

Dans mon adolescence, j’ai un peu mal viré, des mauvaises fréquentations, j’voulais faire partie d’la gang. Comme j’avais un tempéremment de dépendant, je me suis accroché à des substances illicites. On peut dire que ça a été une progression fulgurante de ce côté là. J’vais pas rentré dans les détails ici, mais ce que j’veux dire, c’est que ça, c’était la direction « facile » « plaisante », et que je n’avais pas la discipline pour pousser plus loin quelque chose qui demandait des efforts, des sacrifices, une dédication plus exigeante. Ce qui fait que j’étais « juste » bon, pas plus. Dans le sport par exemple, j’étais toujours parmi les tops, il faut dire que je venais d’une petite ville, et qu’il n’y avait pas beaucoup de compétition. Plus tard, quand je suis allé au collège, dans la grande ville, le niveau était plus élevé, j’ai rapidement abandonné, fierté mal placée, j’voulais pas me retrouver parmis les plus poches. C’était plus facile avec les filles, la drogue, et un peu de rock & roll. Adieu le sport, les études, et bienvenue dans le merveilleux monde de l’illusion, du trompe l’oeil, du faire semblant et de la facilité. Mes pauvres parents se sont rongés les freins pour moi. J’avais trop la tête engourdis pour être affecté par ça.

Un peu plus tard j’ai découvert le théâtre, ça été comme un coup de foudre, là une fois que j’avais décidé que c’est ça que j’voulais faire, j’comptais plus les heures que j’passais à la bibliothèque à étudier tout c’qui était dans la section théâtre. Le théâtre aura été mon école de vie au commencement de ma vie d’adulte. Apprendre, pratiquer, était l’fun, je ne sentais jamais l’effort. Wow, est-ce qu’on peut faire ça comme métier? Une job, c’est pas supposé être plaisant. J’voyais qu’y avait du monde qui faisait ça, je me suis dit pourquoi pas moi? Ça fait que je me suis lancé là-dedans à fond la caisse. C’était les plus belle années de ma vie. Mais au Québec, c’est pas facile de vivre de ça, quand t’es jeune, c’est plus acceptable de vivre (relativement) dans la misère. Mais plus tard, si tu veux fonder une famille (ce qui était mon cas), c’était pas un métier pour ça.

Des choix déchirants s’imposaient. Comme je n’étais pas un acteur « commercial » et que je faisais que du théâtre, j’avais accumulé au cours des années ce qu’on peut appelé pas mal de stress financier, c’est à dire des dettes, des négociations à chaque mois avec mes propriétaires pour le paiement de mon loyer etc…c’qui fait qu’à un moment donné ‘y a fallu que j’me trouve une « vraie » job, ‘y a fallu abandonner « ma passion ». Ça sonne dramatique comme ça, mais c’est ça qui est ça. Ça fait une dizaine d’années de ça, après j’ai toujours traîné ça comme un constat d’échec, ‘y avait toujours un fond d’insatisfaction en moi, de me retrouver avec du monde qui « se sentait comme des lundis » et qui ne rêvait qu’à leur vacance, ça me déprimait un peu, j’avais jamais connu ça, comprenez que je ne porte pas de jugement sur ces gens là, mais j’me disait que c’était pas une vie, les week-ends, les vacances, la retraite, merci bonsoir! Me semble qu’y a autre chose, non?

Ma vie manquait « d’intensité », il va s’en dire, mais je payais mes dettes, j’allais devenir « esclave du chèque de paye ». Un moment donné, un gars s’pose des questions.

Un jour, je me suis mis à courir.

Ça fait qu’un jour, comme ça, je me suis mis à courir. J’avais que’qu’ chose comme 50 livres de trop, je fumais un paquet de cigarette par jours, on pouvait passer à travers une bouteille de vin par jours. Ça ne regardais pas bien. Qu’est-ce que je pouvais faire à ce moment là, qu’est-ce qui était en mon pouvoir pour arrêter la grosse patate de divan que j’étais en train de devenir? Le plus simple, c’était d’enfiler mes running, et d’aller courir. J’ai mis la trame sonore de Rocky (le premier) et je suis sortie au petit matin. C’était pas plaisant, c’est le moins que je puisse dire, mais au fond de moi-même, je sentais que c’était une plaque tournante dans ma vie. D’abord le fait d’accepter ma « déchéance », c’est à dire, d’arrêter de blâmer le monde entier comme étant la cause de mon échec, et je savais que faire des efforts pour retrouver ma santé était la bonne direction à prendre, en fait, j’avais l’choix entre la salle d’urgence ou la liberté. J’avais pas les moyens d’être malade. D’abord s’occuper du corps, et le reste, on verra.

J'ai mis la trame sonore de Rocky et je suis sortie au petit matin.

J’ai mis la trame sonore de Rocky et je suis sortie au petit matin.

On ne peut pas contrôler le résultat, mais on peut contrôler nos actions. Si je veux faire un marathon, je dois commencer par un kilomètre, puis un deuxième et ainsi de suite. Une merveilleuse leçon d’humilité et de patience.

La naissance d’une nouvelle passion.

Voilà que ça me mène dans une nouvelle direction, dans le sens contraire de la déchéance, je veux vieillir en découvrant des nouvelles possibilités, réapprendre à jongler avec le vertige.

Je vois chaque jour, comme une nouvelle opportunité d’être vivant. Je décides que je veux faire quelque chose de bien. C’est tout à fait quelque chose que je peux contrôler. J’aime poussé mes limites, me retrouver dans un territoire où je suis jamais allé, la sensation d’être dans un nouveau pays, poussé mon corps, mon esprit là où je croyais que c’était impossible avant. J’en ressens une réelle gratification. C’est la moindre des choses de faire tout ce qui est en mon pouvoir d’essayer d’extirper le meilleur de moi-même, c’est la moindre des choses de faire ça pour ceux-là qui ce sont donnés de la peine pour moi (Ma petite maman qui est encore là), pour mes enfants, ma Marina. Chaque journée, apporte son lot de lutte. Comment je peux aller chercher le plus de gratification possible en une journée. Le matin, je me donne des directives, plus ou moins exigeantes, je suis content quand en fin de journée, j’ai accomplis ma ou mes missions. On ne m’applaudit pas pour ça, on en parle pas dans les journaux, mais ça me fait mieux dormir. Ça marche pas tout l’temps, mais ça donne du piquant, une certaine direction à mes journées.

Garder allumé mon détecteur de bullshit

Je prends des risques. Je suis en progrès, je suis en train de devenir la personne que je veux être, une vision de moi sans bullshit. Des fois mon détecteur s’affaiblit. Je le recharge en enfilant des kilomètres, ça revient. C’est jamais parfait, mais mon attitude pourrait l’être. Je suis en re-formation, on dirait que je suis en train de détruire un vieux moi, pour en reconstruire un plus solide, plus vigoureux, plus sain, la personne que j’aurais du être, la personne que je dois être. Je ratisse mon jardin comme un moine zen. Je recherche la forme parfaite. C’est mon nouveau métier. Au fond, je sais que ce qu’il faut, c’est du temps et de la patience. Pour construire une base d’endurance il faut plusieurs kilomètres. Dans la recherche de la forme parfaite, il faut se donner des tâches quotidienne « gérables ». C’est thérapeutique. c’est rassurant si je compare à toutes les choses que je ne peux pas contrôler autour de moi.

Aujourd’hui je suis devenu un accro de l’endorphine, de la dopamine. C’est pas tout à fait gratuit, ça coûte de l’effort, mais c’est accessible en quantité illimité, et c’est légale. Il suffit de se lever de son divan, d’enfiler ses running, de suer quelques gouttes et le tour est joué. Ce qui est intéressant, c’est de voir que l’effort « rockieste » que ça me prenait au commencement, se transforme en réel plaisir.

Vous voulez commencer à bouger un peu mais vous ne savez pas trop par où commencer? je peux vous donner quelques trucs si vous voulez.

Sentez-vous bien à l’aise.

Santé!

Patrice

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