La douce insouciance du bonheur de vivre

Macaque Japonais

C’était un p’tit bonheur que j’avais ramassé

Félix Leclerc

C’était un samedi matin ensoleillé, je me rendais allègrement chez mon coiffeur sur mon bixi. C’est drôle ça, ces adjectifs possessifs avec ceux qui s’occupent de nous,  mon coiffeur, mon dentiste, mon médecin, mon garagiste, ça nous donne de l’importance, ça fait chic . Bref donc, chez mon coiffeur qui est “une” précisément, je rentre dans le salon, immaculé de blanc, je suis accueillis par Tom, le proprio.

  • hey Patrice, nice to see you! How are you doing?

Ici on parle en anglais, c’est plus “convénient” . Je sais pas pourquoi, mais Tom me parle toujours de trucs du genre:

  • you know what, dit-il en vapotant, you have health you are fucking millionnaire! You need to be grateful of what you have.
  • You’re right Tom.

Le problème serait qu’on en veut toujours plus, c’est ça? Contente toi de ce que t’as pis farme ta gueule. Oups, c’est sortie tout seul.

-what you complaining about?

J’ai rien dis encore.

  • you have health, you are millionnaire!

C’est bon, je pense que j’ai compris.

  • you’re right Tom, that’s the basic, it’s good to come back to the good old bacics.

Et il renchéri, j’avais une drôle d’impression que la fumée lui sortait par les oreilles, probablement dû aux effets de la fumée secondaire, qui parait-il sont inexistants, selon les “spécialiste” de la santé. Il n’y aurait donc, aucun dommage collatéral. Un placebo, sans doute.

  • do you know who is the most happy?
  • dogs?
  • The blind people!
  • ???
  • ya, they don’t see what other people have or look like or whatsoever.You know my mother was dying recently, in the last days, I was going to see her in this house, you know, where people dying…i was going to see around, you know, just to see people, all alone, dying, with nothing, a little bed, a lamp, that’s all, they were dying!!! And I was going out, saying to myself, oh god, I’m so happy to be alive, I’m so happy to be alive!
  • What’s in you’re stuff you’re smoking?
  • Nicotine, why?
  • Just to know…

Puis j’entend la voix d’ Angie, “mon” ange perdue, “ma” coiffeuse (nous sommes au Québec):

  • come on handsome!

C’était un samedi matin, le soleil resplendissait sur Montréal, et il me semblait, en sortant du salon, que la ville respirait le bonheur, oui, cette douce insouciance du bonheur d’être vivant.

J’ai pris le p’tit bonheur l’ai mis sous mes haillons j’ai dit:  » Faut pas qu’il meure, viens-t’en dans ma maison ».

 

Patrice

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