Le poème de ce jour: Tu parles dans la traversée du feu de Jean-Marc Desgent

Tu parles dans la traversée du feu,

cet éclat et ce rapt de lumière bleue,

cet éclat vital bleu,

pour bien indiquer la fureur,

la fougue des yeux,

l’angle aigu du regard.

tu parles d’au-delà,

tourbillon ou flottement,

de cette infatigable volonté de surgir.

Tu parles de ta chair qui enrobe les mots.

Tu hantes l’intérieur du monde :

de longs voiles,

de belles couleurs brossées

dans l’espace de ma tête,

des arbres, des lichens.

Tu passes tes corps sur mes pupilles.

Tu navigues, tu contournes l’inconnu,

la détresse, l’impatience de l’océan.

C’est là, maintenant que je me nomme.

Tu es l’ambivalence des choses.

 

Caresse-moi de l’envers de ta main.

Délivre-moi de ce que je porte.

Tu déambules à la croisée des corps et des idées :

des dieux aveugles s’y rencontrent,

des dieux boiteux s’y tuent,

des dieux déments y jouent nos vies.

Tu portes les cheveux noués,

les cheveux effarés aussi pourtant.

Tu es l’ambivalence des choses.

 

Cette énigme me ravit.

Tu me parles tout près de l’oreille :

ondulation de ton chant.

La voix, la voix sans fin.

Viens-tu me chercher ?

Je t’écris pour être aimé.

 

Jean-Marc Desgent, Les quatre états du soleil

 

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