Épitaphe pour un jeune révolté

tu ne mourras pas un oiseau portera tes cendres

dans l’aile d’une fourrure plus étale et plus chaude que l’été

aussi blonde aussi folle que l’invention de la lumière

entre les mondes voyagent des tendresses et des coeurs

des hystéries cajolantes comme la fusion des corps

en eux plus lancinantes

comme le lever et le coucher des astres

comme l’apparition d’une vierge dans la cervelle des miracles

tu ne mourras pas un oiseau nidifie

ton coeur

plus intense que la brûler d’un été quelque part

plus chaud qu’une savane parcourue par l’oracle

plus grave que le peau-rouge et l’incandescence

(les âmes miroitent

particulièrement le soir

entre chien et loup

dans la pâleur des lanternes

dans l’attisement des fanaux

dans l’éblouissement d’une ombre au midi du sommeil)

tu ne mourras pas

quelque part une ville gelée hélera ses cabs

une infanterie pacifique pour mûrir les récoltes

et le sang circulera au même titre que les automobiles

dans le béton et la verdure

tu ne mourras pas ton amour est éternel

 

Paul-Marie Lapointe Pour les âmes

 

P.S

Peace & Poem

 

 

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