Le paradis des apparences (titre du recueil)

J’ai édifié un monument aussi fragile que l’herbe

Aussi instable que le jour, aussi fuyant que l’air.

Mobile comme la pluie qu’on voit dans les rues.

 

Je l’ai couché sur du papier qui se desséchera,

Qui pourra brûler, ou que l’humidité ensemencera

De moisissures grises, roses et vertes.

 

Qui jetteront un parfum pénétrant de terre.

Je l’ai bâti de la matière impermanente d’une langue

Qu’on ne parlera plus, tôt ou tard, qu’on prononcera

 

Autrement, pour former d’autres mots qui porteront

D’autres pensées. Je l’ai voué à l’oubli qui enveloppera

Tout ce que ce jour baigne de sa douceur

 

Robert Melançon Le paradis des apparences

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