Rives (extraits)

Une bouche s’ouvre sur la beauté de la terre.

Tu retrouves les racines d’ancêtres, les visages nus appuyés aux volets des voyages, des souvenirs de gitanes et de faucons dessinés dans les livres.

Les murs sont abolis.

Seuls les vivants viennent regarder la mer: pour le passage de la lumière.

*

Ni frontières, ni géographies.

Le fleuve prend l’espace de la présence, de la disparition. Longue à dormir debout l’histoire des noyés de la terre.

Il faut, durant les nuits d’octobre, des mains de femme en train de coudre, des mains sur les nuques posés pour la pensée.

*

Au large, toute conscience est déployée.

Surgissent les vagues du vocabulaire entre les touffes de varech et les vols de pluviers.

S’érigent les bibliothèques et les musées parmi les écumes et le feuilles de musique.

*

L’eau glisse sur les eaux. L’aile de l’oiseau use le rocher.

Tu écris cette inlassable phrase, monochrome et sans connaissance, que récite le fleuve.

Paul Chanel Malenfant Fleuves

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