Éden (extraits)

Et dans cette sorte de silence, une trajectoire devient admirable, un corps devient plus vivant par le récit de sa propre histoire, sans nostalgie. Le corps apparaît comme prodigieux, sans ombre, oui, quand il est raconté vraiment, tel que vivant, comme une histoire des sens, le corps est le point de départ, le rayonnement, n’ayons pas peur d’y consentir, on y accède par l’empathie et l’entendement, par sa propre trajectoire, son propre cheminement. C’est ainsi qu’une attraction se fait jour. La luminosité qui provient du monde éclairé au fond de la personne émue à nos côtés, on s’en approche, émerveillé. Rien ne paraît plus étranger. Le conte inouï d’une existence, on peut l’atteindre par l’ouïe et la vue d’abord, puis ces phrases et digressions, ces observations sur les effets de la lumière mènent au tangible. Il y a ici quelqu’un de touchant, ni enivré de mortelles considérations, ni apeuré de se dévoiler. Et la main se tend, tout naturellement, l’autre se détend.

[…]

 

Hélène Monette Plaisirs et paysages kitsch

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