Remous

Fuis cette onde placide

Où s’ébat trop de ciel;

Je saurai de mon ventre flude

T’arracher au soleil. Je saurai,

Tes jambes à mes jambes sœurs

Et ton cœur enserré de mes bras,

Épuiser l’ultime paysage

Du dernier souvenir.

 

Ta nuit seule en ma nuit;

Ton âme flétrie à mon agonie;

Ta musique ardente morte à mon long silence:

Je glisserai sur toi mes lentes caresses d’algues…

Et dans les conques nouvelles de ta bouche et tes yeux

J’éterniserai

La mortelle douceur de mon baiser

Et de mes larmes.

 

Alfred DesRochers  Voie d’eau

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