La marche à l’amour

[…]

Puis les années m’emportent sens dessus dessous

je m’en vais en délabre au bout de mon rouleau

des voix murmurent les récits de ton domaine

à part moi je me parle

que vais-je devenir dans ma force fracassée

ma force noire du bout de mes montagnes

pour voir à jamais je déporte mon regard

je me tiens aux écoutes des sirènes

dans la longue nuit effilée du clocher de

Saint-Jacques

et parmi ces bouts de temps qui halètent

me voici de nouveau campé dans ta légende

tes grands yeux qui voient beaucoup de cortèges

les chevaux de bois de tes rires

tes yeux de paille et d’or

seront toujours au fond de mon cœur

et ils traverseront les siècles

 

Gaston Miron,  extrait de L’homme rapaillé 

 

 

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