J’ai planté un autre poème dans la blogosphère

Essenine 1914
Sergueĩ Essenine 1914

 

Sergueĩ Essenine, l’insurgé de la poésie, le frère du vent

[…]

Dans la galère des sentiments me voici condamné
À tourner la meule des poèmes.
Mais sois sans crainte, vent insensé,
Crache tranquillement tes feuillages sur les prés !
L’étiquette de « poète » ne m’écorchera pas,
Moi aussi dans les chants je suis un voyou comme toi.

[…]

Je ne regrette rien, ni appels, ni larmes,
Tout passera comme la blancheur des pommiers.
Saisi par l’automne d’or déclinant,
Ma jeunesse, comme tu es à jamais loin.
Tu ne battras plus comme autrefois,
Mon coeur pris, frissonnant aux premiers froids,
Et au pays des cierges des blancs bouleaux
Je n’irai plus me promener pieds nus.
Âme errante ! Toujours plus rarement
Tu attises la flamme de mes lèvres.
Ô ma fraîcheur perdue
Ô mes regards, mes élans, mes fièvres.

Chaque jour, plus sobre, moins désirant.
Ô ma vie, ne fut-elle qu’un rêve ?
Comme si, au printemps, à l’aube sonore,
Je galopais sur un coursier rose.
Nous sommes en ce monde tous mortels,
Vois couler le cuivre des érables…
Ah ! Que soit à jamais béni
Ce qui est venu fleurir et mourir.

 
(La Confession d’un Voyou, 1921)

 

 

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