Variations sur le temps présent

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C’est dimanche, c’est frisquet. Je suis en train de m’installer un nouveau bureau dans la deuxième chambre qui fait office de chambre quand les enfants dorment à la maison. Je gonfle et dégonfle le gros ballon d’exercice qui me sert de chaise. Je dois trouver une bonne position pour pouvoir travailler longtemps. Quand ce n’est pas une mouche c’est la chaise qui pousse le délai avant de me mettre à l’ouvrage. Avec ce ballon j’ai le dos droit, je ne me retrouve pas les tripes coincées comme quand je suis écrasé dans une chaise. On dirait que les idées circulent mieux, ça reste à prouver. Dimanche, je vais tout de même essayer de sortir quelque chose sur Carpe Diem comme prévu.

Vision panoramique de la situation:  devant, le ciel, l’espace, c’est la limite, derrière le temps écoulé, la vie vécue, devant ma vie rêvé. Un jour peut-être que ça va se scinder, la terre, le ciel, juste au milieu, un point de rencontre, une fusion. Devant, il y a une/des tentatives de me retrouver, un enfant qui joue dans ses propres ruines. J’écoute Les variations Goldberg, jouées par Glenn Gould. Je regarde la photo du disque, celle-là sur zenph re-performance. Quelle photo ! Quel calme ! Il y a dans son regard une intensité, mais sans tension, une courbe légère dans le corps. La fusion. C’est de ça qu’il s’agit non ? L’union intime avec un objet, un être. Je ne peux pas m’empêcher de penser à l’alchimie. Cette idée de transformer des matières viles en matière noble. C’est attirant comme idée non?

Dimanche le vent souffle, on dirait le son des vagues, un des avantages de l’imagination. J’avance tranquillement sur ma page. J’en suis à la variation 25 (à deux claviers) toute lente, j’allais dire tout en douceur. Peut-être. On dit qu’il y a de la douceur dans le génie. C’est merveilleux. Ça devrait être obligatoire dans les écoles. L’écoute des variations je veux dire. Juste l’écoute, sans aucune explication débilitante, on s’étend et on écoute. 39 min 19 sec que ça dure. C’est pas la mer à boire ! Il y a sûrement des études qui prouvent les bénéfices d’une telle écoute. C’est qu’il est dure à battre ce Gould, quel génie dans l’interprétation.  Ça me transporte en dehors du temps.

Dimanche, j’essaie de ne pas trop penser à demain, c’est que je dois retourner au boulot. C’est pas que je me plains, loin de moi l’idée. Quoique. Non. Les vacances, c’est bien, on a du temps, et j’ai bien avancé dans mes projets. C’est toujours ça de prit. Je pourrais terminer là-dessus. C’est toujours ça de prit ! Voilà qui fini bien.

À la revoyure les zaminches !

Vacances 2ième partie

Port au Persil
Vue de mon bureau

Bonjour les zamis, je passe un peu de temps en famille dans la majestueuse région de Charlevoix, où nous nous abreuvons de montagnes et de fleuves.

Je serai de retour la semaine prochaine en tâchant de vous apporter un peu plus de contenu.

Au programme cette semaine: écriture le matin, ballade en après-midi, j’essaie de maintenir une sortie de course avant l’apéro, histoire de maintenir mon FLA (fat lazy ass) au plancher.

l’apéro n’est que meilleur.

Porter vous bien, continuer de poster du bon contenu, je vous lirez avec plaisir à mon retour.

La visite m’attends

Bisous

Patrice

 

 

Une (autre) histoire d’amour.

 

Lève-toi quand ton fil se mélange à la carte du ciel…

 

L’équilibre, en soi, c’est fragile qu’il disait. Puis il s’est mis à raconter des choses sur l’amour. L’équilibre, c’est comme l’amour, quand tu le perds, tu ne peux pas le retrouver par la force, par la volonté. Un jour il était tombé en amour, il trouvait ça drôle comme terme.

  • je m’demande pourquoi on dit tomber en amour, ça sonne drôle tu trouves pas ? C’est comme tomber au combat…tomber du ciel…tomber des nus…sur la tête

Pour lui, ça sonnait comme une faiblesse, au même niveau que quand quelqu’un se casse la gueule. Mais il ne pouvait pas s’empêcher de tomber en amour, c’était plus fort que lui.

Un jour il avait rencontré une fille, c’était la fin de l’année scolaire, un coup de foudre qu’il aimait dire, histoire de donner un peu de piquant à cette aventure (coup de foudre, aventure, décidemment notre homme n’est pas avare d’épithètes). C’était le printemps donc, saison propice s’il en est, pour les ébats amoureux et tout autre rapprochement intime. Il allait se lancer tout feu tout flamme dans ce mélodrame qui allait mal finir je vous le dis tout de suite si jamais vous ne voulez pas aller plus loin, parce que les histoires d’amour finissent mal en général chantait Rita, mais ne mélangeons pas les époques.

Il n’avait pas pu résister à sa petite frimousse, à ses grands yeux tout bleus comme un ciel sans nuages, il disait, c’est comme si elle était affamé de la vie. Bono chantait I have climbed the highest mountains / I have run through the fields / Only to be with you / Only to be with you…

Il avait peut-être trouvé ce qu’il cherchait, ces idées d’escalader les montagnes les plus hautes, de courir à travers les champs, pour être avec elle, contaminait sa cervelle qui se situait déjà quelque part dans les limbes du pacifique. (c’était une fille de l’ouest).

  • Pourquoi je ne l’avais pas remarqué avant, pourquoi elle m’avait touché à ce moment-là ? se demandait-il

Mystère et boule de gomme qui sait pourquoi tout ça ? Pas moi en tout cas. Une autre touche du grand maître de l’échiquier.

Un soir dans un bar, après quelques verres, elle lui avait tendu un petit mot avec des dessins dessus, un soleil, des fleurs, des pancakes, juste à côté, elle avait écrit « pancake » parce que ce n’était pas clair comme dessins. C’était une invitation à un brunch, le lendemain matin.

Ils sont rentrés plus tard ensemble, titubant sur la rue St-Denis. Juste au moment de se dire au-revoir, c’est là qu’ils se sont embrassés pour la première fois, un de ses baisé où le spectateur a le temps d’aller faire ses besoins et de se faire cuire un œuf. Puis ils sont retourné tout bêtement chacun chez soi dans un interminable fade out.

Cette nuit-là, il n’avait pas dormi. Ce baiser ajoutait à son ivresse une sensation exquise. Comment dire, peut-être que ce qu’il ressentait, c’était ça l’amour. Jusqu’à ce moment-là il n’avait rien ressentis de semblables. En tout cas, il était bien disposé à suivre ce courant qui allait, malgré lui le mener dans des régions inexploré de lui-même. Pourquoi pas.

C’était bien ce qu’il voulait, non ? Il était au commencement de sa vie, sa vie encore pleine d’illusion en ce qui concerne l’amour, les clichés de films, où un couple vit dans une baraque sur le bord de la mer, où ils baisent à tous les jours sur des airs de violon lancinant, en se foutant des lendemains, en buvant des bières fraîches, en fumant des cigarettes, les films où les filles regardent les garçons avec des grands yeux admiratifs, et qui crie des je t’aime la tête au vent dans des vieilles décapotables rutilante.  Dans la vraie vie, du moins la sienne, ça ne ressemblait pas vraiment à ça, c’est pour ça qu’il affichait toujours ce petit air tristounet, il disait, je suis un mélancolique. C’était plus poétique. Il disait y a pas vraiment d’amour, ça, c’est quand il avait bu quelques bières flattes en fut dans un pub perdu de la rue Laurier, là, le ciel bleu s’assombrissait.

Cette relation n’allait durer que quelques mois, à vraie dire, quelques semaines tout au plus. Au retour de l’été, ils allaient chacun prendre des chemins opposés. Elle dans son ouest natale, dans les forêts brûlante de la Colombie-Britannique, et lui, dans l’est, non pas là où soleil se lève mais bien là où s’arrête les oiseaux en plein vols.

S’en est suivi une période épistolaire, des lettre qu’elle signait avec un baiser de ses vraies lèvres sur lesquelles elle avait mis du rouge à lèvres, qu’il embrassait de façon pathétique dans sa chambre où il passait la majeure partie de son temps à écouter des chansons tristes de Francis Cabrel, ami cherche un autre ami perdu dans l’immensité dénue… puisqu’on ne vivra jamais tous les deux. Pour ne nommer que celles-là.

Ses lettres à lui était rempli d’un lyrisme naïf que la distance n’avait rien fait pour arranger les choses.

L’autre jour quand j’ai pris le chemin de la montagne j’ai pensé à toi, et j’ai sentis monter en moi un grand amour de l’humanité un grand besoin de te parler de te prendre dans mes bras, de t’embrasser…

Il disait qu’ils allaient se retrouver, qu’ils allaient s’aimer encore et toujours.

Les retrouvailles n’allaient malheureusement pas se passer aussi bien.

C’était comme si la séparation avait brisé le lien qui les avaient si intensément lié au début.

C’est là, en essayant de se retrouver que tout allaient se casser en mille morceau, que la tentative de recoller les morceaux s’avérait être peine perdu.

-Ça n’a plus du tout été pareil, rajouta-t-il. Tu vois, c’est ça, le truc, tu tombes, tu remontes, et tu retombes et tu remontes jusqu’à ce que ton fil se mêle à la carte du ciel conclua-t-il en s’ouvrant une bière fraîche.

 

Bonne semaine !

 

Patrice

 

 

 

 

 

petite vacance

capecod2017
A foggy day… Had me low and had me down I viewed the morning with alarm… had lost its charm

Bonjour les ami(e)s,

je prends une petite vacance cette semaine, j’aurai donc un accès limité (volontaire) à l’internet. Je profiterai de ce temps pour avancer dans mes projets d’écriture (entre autre) et m’oxygéner le génie sur le bord de la mer.

Je profite de l’occasion pour vous remercier sincèrement de prendre le temps de jeter votre coup  d’œil  sur Carpe Diem et je vous promet de vous lire à mon retour, et de vous offrir un contenu de qualité.

à bientôt!

je devrais être de retour en théorie le 26 juin.

Bien à vous,

P. Savard

 

 

 

Le fil de ce jour #28

#InternationalTheaterDay / #worldtheatreday

 

All the world’s a stage,

And all the men and women merely players;

As You Like It, Act II, Scene VII [All the world’s a stage]

William Shakespeare, 1564 – 1616

 

Pour la journée mondiale du théâtre je vous présente en primeur un extrait de la pièce que je suis en train d’écrire.

 

Les existentialistes (titre provisoire) tragédie-comique de Patrice Savard

Entre Hamlet le nez dans son smartphone:  être ou ne pas être voilà la question…

Bill : C’est une maudite bonne question. Posons-nous cette question maintenant : comment tu te sens d’être toi? Comment on se sent d’être soi? On se sent bien d’être soi non? On se sent bien, parce qu’il n’y a qu’une chose qui est toi – tu es le seul à être toi, oui?

Hamlet ? d’la marde oui

Bill ….. Alors c’est quoi être moi? Tu peux te le demander, « c’est quoi être moi? » Tu sais, la seule façon de savoir c’est comment être soi, est si tu fais de ton mieux à être toi le plus souvent que tu peux, en te rappelant continuellement : c’est ici ma maison.

Hamlet : (se regarde dans son smartphone) j’ai eu coutume d’être humain. En dedans, il y a cette chose…ce vide…à savoir que tout ça c’est pour rien et que tu es seul…je suis…oh solitude…oh nuit noire… que sont devenu mes matins pleins d’espoir? Vais-je mourir de monotonie?

Bill : problème de blanc…..

Hamlet : tient un like. Franchement, je m’en fous des likes. Mon ami, je ne suis pas ce que je semble être…

Bill : mon âme devrait toujours se tenir ouverte, prête à accueillir l’expérience extatique.

Hamlet : l’extatique expérience entre l’image que j’ai de moi-même et qui je suis vraiment est très douloureuse. Longtemps j’ai vécu dans la fantaisie, dans l’illusion d’un personnage fictif. Je voulais rassurer l’entourage. Un Tartuffe.

Être, c’est une question difficile. Être-moi, encore plus.

Bill : cut the crap Ham!

Jack K : inquiète-toi pas. C’est comme un rêve. Tout est extase, en-dedans. Nous ne sommes jamais vraiment nés, nous ne mourrons vraiment jamais. Ça n’a rien à voir avec l’idée imaginaire d’un moi personnel, les autres moi, plusieurs moi partout : moi est juste une idée, une idée de mortel. Ce qui passe en toute chose est un.

Bill & Hamlet : ????

Jack K : vous ne me reconnaissez-pas?

Hamlet : parfaitement, vous êtes un marchand de morue

Fédor: moi, je sens la douleur par exemple, si quelqu’un me pince, je sens la douleur. C’est pareil au niveau moral. Si quelque chose de misérable arrive, je vais me sentir pitoyable. Je me sens souvent pitoyable.

Hamlet : i feel your pain

(à suivre)

 

Je termine avec ces citations que j’aime bien

Le théâtre n’a pas de frontières. Je ne sais pas c’est de qui.

« Le théâtre est une construction de l’imagination en liberté » E. Ionesco

« L’espoir du monde repose sur la réhabilitation de l’être humain. » Vaclav Havel

« Chaque rideau qui se lève enfante une espérance. » Jorge Lavelli

 

P.S

 

Le fil de ce jour #8 (collage)

sidewalkflowers6
Illustration by Sydney Smith from Sidewalk Flowers by JonArno Lawson, a wordless ode to living with presence

We are here for what amounts to a few hours,
a day at most.
We feel around making sense of the terrain,
our own new limbs,
Bumping up against a herd of bodies
until one becomes home.
Moments sweep past. The grass bends
and then learns again to stand. “SOLSTICE” TRACY K. SMITH

 «Il commence ! Il commence !»

La nuit est longue, et le chevalier est encore réveillé.

JUST IN – « I’m in it for the long haul »

Is it bad to stay inside for an entire day?

No time for a break

I’ve hit a fountain of youth.  INCREDULOUS!

If nothing is done, a substantial part of the French soul will perish

We eventually pulled it off by telling a good story that made sense

We’ve had a few « last-minute emergencies » but this is just insane! I need a lie down after reading that!

WTF IS WRONG WITH YOU? #CensorshipMachine

value increase?

 

Wire of emotion

Like a wire of emotion

the ridiculous dead end

it’ll find a way, no matter what

like a rocket engine

we are the Pitfalls

The lightning mapper

Mesmerizing illumination

Do it this way, do it everyday

Do good, do love

Mostly to love

 

@Patrice Savard

In praise of “useless” knowledge