Décembre (Extrait)

Photo: Marina Lapina

Photo: Marina Lapina

Si on ne peut pas totalement renoncer  à l’écriture, alors, sans jamais se soucier de la belle phrase et de la prosodie, en tout premier lieu il faut chercher à saisir et à exprimer la vérité. Dogen.

Les compromis,  c’est insidieux,  ça commence de façon imperceptible, comme une tache invisible. Ça fini que tu passes à côté, en dessus, en dessous de toi-même. Tu fini par perdre la flamme, la croyance, le fuel, l’énergie, à quoi bon entreprendre quoi que ce soit? Who cares anyway? Ne serait-ce que toi, c’est déjà ça. Rêver, ne pas dormir. Entreprendre quoi? Entretenir en tout cas. Une petite parcelle de toi. Qui demande à être au monde, à adhérer à l’instant, au temps.

Je voudrais être comme l’eau. Limpide, fluide, souple, persévérant, patient, qui fait son chemin sans relâche, sans rouspéter. N’est-ce pas l’élément de la nature le plus fort?

Chercher à saisir et exprimer la vérité.

J’entends toute sortes de nouvelles, mauvaises en générale, c’est à ce moment-là que je me rappel à la gratitude, le simple fait d’être là, d’exister, de pouvoir apporter mon grain au moulin. Un ami vient de perdre son fils dans un accident. Je suis reconnaissant que mes enfants soit bien vivant.  J’entends quelqu’un qui se plaint que ça journée n’est pas encore fini. Ça devient presque choquant à entendre. Je me mets à la place d’une personne qui n’en a plus pour longtemps à vivre par exemple. J’ai pas envie de courir, je vois quelqu’un en chaise roulante qui essaie de se figurer comment monter une chaîne de trottoir. Je suis reconnaissant de ce matin tranquille où je peux écrire sans être dérangé, où j’ai le luxe de pouvoir me poser des questions sur l’état de mes affaires en générale.

La condition sine qua none est notre présence au monde, notre adhésion à l’instant présent. Dogen

Pour le moment, il y a deux choses à laquelle je dois m’appliquer :

1 : Être moi-même en permanence. C’est facile d’être « cocky » d’être dans ce que les autres veulent que tu sois, mais c’est difficile d’être juste soi-même, surtout dans le monde dans lequel je vis, où il n’y a pas (en apparence) de menace de mort, de bombes qui nous tombe dessus, de situations d’urgence.

2 : Être dans l’instant, être présent dans le monde le plus souvent, le plus longtemps possible, ça c’est peut-être encore plus difficile.

C’est tout et c’est bien assez.

Bonne semaine.

Patrice

Mon premier Ironman (suite)

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Le Grand jour

3h30, le réveil sonne. C’est aujourd’hui que ça se passe. Je fais ma routine du matin, je ne change rien, yoga, méditation. Grisnoula prépare les smoothies et autres bouteilles pour la journée. Le marquage est à 5h. Le départ de ma vague à 6h54. Pas question de se précipiter. Il fait chaud et humide, je m’attendais à plus froid. Il ne pleut pas, pas encore du moins. C’est parfait. 2 hommes dans la soixantaine se font marquer en même temps que moi. Je les remercie de me faire sentir jeune. On rigole. Me voilà marqué, 2587 sur les bras et 50 sur un mollet (c’est mon âge). Je vais préparer ma monture, gonflage de pneu, remplissage de bouteilles, gèles, bars et tutti quanti. Le tempo est bon. C’est parfait. Nous allons tranquillement vers la zone de départ. Il n’est pas encore 6h, ça me laisse du temps pour me relaxer. Rien d’autre à faire de toute façon. On se trouve une place sous un arbre en face des toilettes chimique ou les portes claques les unes après les autres. Beaucoup de monde, beaucoup de bruits, j’ai hâte d’être dans l’eau, là où tout est calme et presque volupté. J’enfile tranquillement ma combinaison Isothermique, et nous avançons vers la plage. Boum-boum-boum-boum-boum-boum (ça c’est mon cœur qui bat). Cérémonies protocolaire, départ des pros – c’est le moment de dire au revoir à Grisnoula non sans émotion. On se voit à l’arriver dans moins de 17h. Et voilà. La plage est bondée. On avance doucement en serpentin, l’heure est solennelle. J’ai finalement accès au lac. Je vais me réchauffer. J’ai au moins une quinzaine de minutes encore. L’eau est bonne et fraîche. Je sors pour me diriger vers l’arche du départ, c’est comme une continuité. Ces dernières minutes me semble une éternité. J’entends des cris. Je regarde vers la foule si je ne vois pas Grisnoula, pas de Grisnoula. La marche est sérieuse. On ne rigole plus devant l’ampleur du défi qui nous attend. La journée va être longue. Je me tiens à l’extrémité gauche pour le départ pour éviter les coups de pieds et autre accrochages possibles.

Et sonne la trompette

Me voilà parti, me voilà enfin dans le feu de l’action de mon premier Ironman. Me voilà dans l’eau avec ma bonne vieille respiration, les bulles, la bonne vieille cadence. 1 et 2 et respire et 1 et 2 et ainsi de suite. Le ciel, les nuages, la montagne impassible, les bulles, les casques multicolores. Ma tâche est claire comme l’eau du lac Supérieur : je dois simplement nager, mon corps sait ce qu’il a à faire. Je prends un rythme, c’est comme une musique, je sors la tête, la montagne le ciel et je replonge, les bulles, je pense : longue brassée, longue brassée, attrape l’eau, relaxe, puissance, go-go-go! Je ne pense pas (encore) à la distance, c’est mon plan, j’ai décortiqué le tout en petite partie, à chaque petite étape franchie, c’est comme une petite victoire, ça me rapproche de plus en plus du but. Ainsi, la portion nage se compose de 3 petits km plus un petit 800 m. les derniers mètres étant encourageant en soit. On entend la voix de l’animateur maison, les cris de la foule etc…

Mes pensées se dirigent vers mes jambes, je les active tranquillement pour le vélo, je pense à mon sac de transition, j’ai bien visualisé ou il est. Je sors de l’eau, une autre petite victoire, me voilà sur la terre ferme, c’est du solide, je suis dans les temps.

Le vélo

Et c’est partie pour le vélo! 4 petites sorties de 45 km, soit 2 boucles de 90. C’est tout! Je suis dans une position familière, j’ai roulé des centaines de fois, mon corps sait ce qu’il a à faire. Rien de nouveau sous le soleil, qui ne se montrera pas trop d’ailleurs pendant les 8 prochaines heures. Je dois maintenant penser à m’alimenter, à m’hydrater, je dois rester concentrer tout le long et bien gérer tout ça. Et voilà la pluie. Je ne dois pas me laisser démonter par ça, garde le morale me dis-je, me voilà devenue mon propre coach, mon propre directeur sportif. Pousse assez pour ne pas avoir froid, mais pas trop pour ne pas te casser. Reste sur cette ligne, garde un bon rythme, ne traîne pas. Le cut-off est à 17h30, ça serait vraiment bête de ne pas pouvoir terminer à cause du cut-off. Ça sera mon seul stress sur le vélo. Tout peu arrivé. Je reste positif. La route est mouillée je demeure prudent. J’élimine toute pensée négative. Sur le bord de la route, des crevaisons, des gens en hypothermie, des accidents. J’essaie de ne pas me laisser affecter par ça. Le vent se lève. Et un petit 45km et un autre et ainsi de suite. La pluie s’arrête juste avant ma transition pour la course. Je suis plein de reconnaissance. Me voilà en train de remercier tous les saints du ciel. Nous allons courir au sec. Halleluia!

La course

Grisnoula et mes enfants sont à l’arrivée du vélo. Ça me donne un bon coup de chaleur au cœur. 45 minutes avant le cut-off, je respire. Plus que 42.2 km. 2 petites boucles de 21 km et quelques poussières. Aller 10.5 et on revient 10.5, et rebelote. Mon attention est sur mes jambes. Elles tiennent le coup. Et hop un orage en partant, et pourquoi pas. Et voilà les pieds mouillés, je commence à être habitué, sauf que là, le déplacement se passe par les pieds. Bon on ne va pas en faire un plat. Il ne fait pas froid, c’est toujours ça. Je décide de marcher aux stations, je prends de l’eau et quelques bananes – j’ai 2 bouteilles à ma ceinture avec de l’électrolyte, ça devrait aller. Le cardio est bon, je me maintiens entre 135 et 140 ppm. C’est parfait. C’est mon rythme. Je me concentre pour rester en contrôle. Je dépasse pas mal de monde, ça remonte le moral. Et hop la première boucle. Je croise la ligne d’arrivée, là, ça donne un coup. Tout le monde me félicite, ils pensent que j’ai finis. Mais non, juste avant de franchir l’arche de l’arrivée, je tournes à droite. Et on repart pour la 2ième boucle! Je reviens dans une heure criai-je en dedans de mon for intérieur. Et  boom la noirceur. Les visages, les masques de douleurs, c’est comme un film d’horreur. Ils ont installés des lampadaires. Je cours d’un point de lumière à un autre. C’est comme un jeu. Ça fait passer le temps. Je dois faire un effort plus grand pour rester concentrer. Le mental se fatigue aussi. Relaxe. Demain ça fera partie des souvenirs. Et voilà le dernier droit. On rentre à la maison. Les jambes tiennent bon. Quelques ampoules à cause de l’orage du départ, mais c’est tout à fait soutenable. J’entends au loin, les voix de l’arrivée. Je commence à penser : je dois profiter de ce moment-là, je dois savourer cette victoire au plus profond de mes fibres. Ça fait trop longtemps que je rêve de ce moment, je ne dois pas passer à côté! Je vais m’agenouiller juste en dessous de l’arche, ça sera beau ect….reviens, reste concentrer quand même, et si tu te tordais un genou, ou une cheville dans le noir? Reviens ne te perds pas dans les abîmes du rêve! La mise en scène est prête. Tu vas taper toutes les mains le long du parcours, en arrivant tu vas bien écouter l’annonceur prononcer ton nom, scander que tu es un Ironman! Tu t’agenouilleras et après on verra. Me voilà sur la ligne d’arrivée, je respire à fond! OH MY GOD! OH MY GOD! Je tape toutes les mains qui se tendent BRAVO! BRAVO! OH MY GOD! Quelle délivrance! La petite montée devant l’arche, l’hôtel des écorchés. Je m’incline. Je m’agenouille tel que prévue. Je me relève péniblement, mais je me relève tout de même.

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Et voilà! C’est comme ça que ça s’est passé. C’est comme ça que je suis devenu un Ironman.

À cet instant même, j’avais complètement oublié que je venais de me taper 3.8km de nage, 180km de vélo et un marathon pour couronner le tout.

L’intensité de ma joie venais d’effacé toutes mes petites douleurs de mortel. Après tout, ne venais-je pas de me faire sacrer Ironman?

Carpe Diem

Patrice

 

Mon premier Ironman

Lorsque vous entrez dans vos plus grands défis, vous aurez le choix soit de rester concentré sur toutes les choses inutiles qui vous entourent soit de vous concentrer pleinement sur l’exécution de votre meilleure performance. Terry Orlick, En quête d’excellence.

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C’est vendredi, le jour du check-in des athlètes, le dernier jour, pour le check in. Nous partons de Montréal pour Mont-Tremblant vers 11h. Nous avons jusqu’à 16h pour rouler 130km. En masse de temps. On voit l’heure de sortir de Montréal, pour ceux qui ne sont pas d’ici, Montréal l’été, c’est un chantier de construction. C’est toujours une épreuve de rouler en voiture à Montréal. La stratégie du week-end n’est pas compliqué, rester calme et concentré. Pas trop compliqué mais pas si facile à appliquer. Je ne suis pas encore un Ironman, je suis humain, des fois trop. Il nous reste si peu d’étape à franchir, et un million de choses qui me traverse l’esprit. Tout peut arriver. Et si on ne peut pas y arriver d’ici 16h? Dans le guide de l’athlète y a un numéro. Il est ou le guide? Dans mon sac. J’ai mon sac à porter de main. Tout ce que je dois faire pour le moment, c’est  de garder les yeux sur la route et de rester calme. Sans trop le savoir, cette petite phrase allait devenir mon mantra du week-end, avec quelques variantes, mais ça allait tourner autour de concentre toi et relaxe!  Ça roule enfin, sur la 15 Nord. Mont-Tremblant here we come! Deux heures plus tard, nous voilà dans une autre file d’attente mais pour le check-in des athlètes. Je suis beaucoup plus calme, relativement plus calme. Nous nous rapprochons de la ligne de départ, qui est l’objectif # 1 : me présenter à la ligne de départ, prêt et en santé. Check-in done! Ah! Que je respire, ah! Que me voilà maintenant plus détendu. Me voilà taggé officiellement comme athlète pour l’Ironman de Mont-Tremblant. Détendu? En apparence, à l’intérieur, il y a un volcan prêt pour l’éruption. Il fait beau, il fait chaud, quoi de mieux qu’une petite séance de nage pour se remettre en place. Nous apportons nos valises à l’hôtel, et exécutons ce plan. En gros ce qu’il nous restera à faire c’est de se rendre à la réunion des athlètes à 19h et de préparer lu vélo et les special needs bags pour samedi, entre 12h et 16h. Je travaille pour ne pas me laisser impressionner par l’ampleur de la chose. Je me répète que je suis privilégié de pouvoir vivre cette expérience extraordinaire, et que je suis sur le point de réaliser un rêve que je nourris depuis 5 ans. Nous sommes maintenant si prêts. C’est comme si je m’apprêtais à entrer dans le sillon d’une tornade, ça fait peur, je ne le cache pas, mais c’est là que je dois aller, je dois maintenant vivre le défi, vivre en plein cœur du défi, je dois maintenant goûter l’expérience dans sa pleine saveur, et je suis pleinement reconnaissant d’avoir cette opportunité unique. Il n’y aura jamais 2 premiers Ironman. Je suis pleinement conscient que je dois goûter cette expérience et je n’ai pas l’intention de laisser de miette.

De la pluie pour dimanche

Il n’y a pas ou rarement de condition idéale en triathlon comme dans la vie d’ailleurs. De toute façon je suis blindé, je suis résolu à ne pas me laisser démonter par les conditions externes. Pluie, chaleur, vent, veau vache cochon, on y a goûté. Et on va y goûter! Tu dois te nourrir que de pensées positives, point. On y est presque. À la réunion, on se prépare pour des scénarios catastrophe, façon de parler. Des si mettons, des advenant le cas. De la brume sur le lac, des éclairs, une pluie torrentielle etc… hors de question de faire un trois-quart de parcours, je serais vraiment déçu. À ce niveau-là, c’est en dehors de mon contrôle. Allons, respire, relaxe, écoute, arrête de faire non de la tête, ce n’est qu’une possibilité, un plan B. il fait beau il fait chaud, on fera avec ce qu’on aura point. Dimanche je serai un Ironman. Qu’il mouille ou qu’il fasse tous les temps. Allons remplir nos sacs, et se reposer, c’est capital. Surtout, ne pas laisser entrer le doute s’il frappe à ma porte.

Je vais me concentrer pleinement et faire du mieux possible, étape par étape. Le reste, je ne vais pas m’en préoccuper. J’ai un travail à faire, je suis capable de le faire.

J’ai avec moi un livre formidable que m’a référé Grisnoula, En quête d’excellence, Gagner dans le sport et dans la vie grâce à l’entraînement mental. C’est formidable, c’est de Terry Orlick. Il a travaillé avec des athlètes professionnels et des champions olympiques comme conseiller. C’est vraiment bien ce livre, et je le conseille à tout le monde, même si vous n’êtes pas sportif. C’est ce livre qui était avec moi les derniers jours qui ont précédé mon Ironman. Le choix de l’excellence : j’en ai déjà parlé dans ce blogue, travailler à développer mon potentiel, qu’est-ce que je peux faire à chaque jour pour m’en rapprocher, c’est un processus, une démarche, une quête qui me fascine, qui m’allume, qui m’inspire à tous les niveaux. Je vais sûrement vous en reparler de ce livre.

Les derniers mots

Dans mon carnet de notes voici les derniers mots que j’ai écrits avant le départ :

La croyance est mère de la réalité. L’excellence est un état d’esprit. T. Orlick

CONCENTRATION.

CONTRÔLE DES DISTRACTIONS.

CONCENTRE – RELAXE.

POUVOIR CORPS – ESPRIT.

JE PEUX.

Ainsi soit-il, et vogue la galère!

Le lendemain, j’amène mon vélo au pro-shop pour un réglage pré-course. Nous allons vérifier les derniers détails pour les transitions. 14h on récupère le vélo, on amène le tout dans la zone de transition, les sacs sous la tente.

Voilà, prêt ou pas prêt on y va.

Il n’y a plus rien à faire. Tout est prêt pour le grand départ.

Tic-tac-tic-tac-tic-tac….ma vie est un compte à rebours. C’est comme ça.

Oui demain je serai un Ironman.

Patrice

(à suivre)

 

 

 

 

 

 

Au fil du temps qui file

dance me to the end of love. Leonard Cohen

On entend le son des vagues, l’incessant reflux des vagues, des rires d’enfants. Un couple sur leur chaise de plage avec au milieu un panier rempli de victuailles, discute de tout et de rien, de la jeunesse, de la vieillesse, du temps qui passe, s’échangent des souvenirs de leur enfance,  devant cette grande étendue, ils ratissent large, le livre est ouvert. Les vagues, propice aux confidences. Un groupe de jeune font leur apparition, chorégraphie de selfies, parmi eux, un jeune homme fait des acrobaties. Trois jeune filles passent chantent en harmonie, « love-love-love ». L’école est finie. Un couple s’embrasse, c’est le début de l’été, de tous les possibles. Plus tard, la jeune fille écrira sur le sable ses initiales avec celui de son petit ami, plutôt celui qu’elle espère être son petit ami, sorte de rituel, danse incantatoire,  elle prendra des photos (bien sûre) puis repartira comme elle sera venu, illusion furtive. Il regarde les enfants qui jouent avec une légère nostalgie, comme tout va vite pense-t-il. Les vagues, mouvement perpétuel, se mélangent aux souvenirs. Le soleil se couche sans se précipiter, les ombres s’allongeant à vue d’œil, regardant la mer en silence avec une douce  allégresse, présence tranquille, témoins du temps qui passe. Nous sommes merveilleusement mortel, dit-il en remplissant son verre. Un vieux couple passe, toute une vie devant nos yeux. C’est la journée la plus longue. La mer, un baume à mes petites douleurs d’homme, aux turbulences de ma conscience. Ils se lèvent ramassent leurs affaires puis s’en vont tout doucement, ils se tiennent par la main, nous sommes bien ensemble dit-elle, puis disparaissent.

On entend le son des vagues…. et si c’était la dernière fois?

Il fallait bien que je donne des nouvelles.

À bientôt

Patrice

 

 

 

Motivation

Ce moment d’inspiration, quand on sait ce que l’on fait et pourquoi, c’est comme une flèche qu’on lance. Où va la flèche notre tête, notre corps suivra.

Avec le temps, il m’apparait essentiel de discerné notre motivation, pourquoi on fait ce que l’on fait. Qu’est ce que je fais? Pourquoi je fais? Ça se peut qu’on découvre qu’on en a pas la moindre idée, qu’on sait pas ce que l’on fait finalement, c’est pas grave, ça viendra…

Peu importe ce que l’on fait, écrire, courir, apprendre à jouer d’un instrument, la motivation est un ingrédient essentiel.

Prenez courir par exemple, avec juste assez de motivation, nous sommes capables de nous lever, d’ouvrir la porte et de courir un 10k. Sans motivation, c’est plus ardu de se sortir du lit.

Quand j’ai commencé à courir, courir 5k me semblait le bout du monde. Un jour je me suis dit que j’allais faire un Ironman. C’est quoi ça? C’est 3.9k de nage, 180k de vélo et 42k de course, une bonne journée de travail. Ça c’était ma grande motivation, mon plan quinquennal, le cadeau de mes cinquante ans, oui, la santé mon p’tit père! Et du millage. Une fois ça décidé, toutes mes actions avait un sens, une direction, ma motivation me permettais de lancer ma flèche mentale Ironman, et commencer à m’entraîner. Un des outils que j’ai appris en cours de route, c’est de maintenir un niveau de motivation approprié. J’apprends à porter mon attention sur qu’est ce qui me garde motivé, qu’est-ce qui nourrit ma motivation, et qu’est-ce qui l’a soutient. Ça peut être des gens, un film, une musique, un blogue pourquoi pas. Le monde est rempli de sources de motivation, mais ultimement, c’est mieux de trouver la source à l’intérieur de soi, comme ça on ne dépend pas du prochain pep talk pour nous faire avancer.

Je découvre qu’il n’y a pas de limite à la motivation, y en a des petites, des moyennes, des grandes, des milliers.

Le jugement est important. Par exemple, quand j’ai commencé à faire du triathlon, si je m’étais inscris à un Ironman dès la première année, la marche aurait été trop haute, je me serais découragé, j’aurais perdu confiance. La motivation appliquée avec doigté, c’est de commencé petit. Si tu es fatigué et que tu n’as pas envie de courir, la simple pensée que tu dois courir un 15k te fatigue encore plus. Mais avec une petite motivation, tu réussis à te convaincre que d’aller courir 20 minutes c’est dans le domaine du possible. Alors tu sors, tu cours 20 minutes et tu es satisfait, et après 20 minutes, te voilà en train de courir pour 30-40 minutes

La motivation est une façon de développer ma conscience, d’élever mon horizon. Chaque sortie doit avoir son point de vue. Il y a un temps où tu dois te challenger avec un plus grand niveau de motivation. Par exemple, si tu as jamais couru plus que 10k, alors tu te challenge avec la motivation de courir un 15k. Même si tu t’es rendu juqu’à 11 ou 12k, ta motivation t’as poussé plus loin, au delà de tes limites.

Il y a également la motivation à court et long terme. Tu tu veux accomplir de grandes choses, tu dois avoir quelque chose comme une motivation à long terme. Sans le long terme, le court terme peut devenir monotone. De la motivation à long terme se développe celle à court terme: ta dévotion à la pratique quotidienne va élever la barre sur une base régulière.

Nous avons tous des motivations. Si nos motivations pour quoique ce soit s’affaiblissent, alors la motivation de s’assoir sur le divan et de regarder la télé devient plus forte.

Le succès repose sur notre habileté à manipuler notre motivation. L’idée n’est pas nécessairement de la canalisé en quelque chose qui va nous propulser vers le succès, ça serait de l’ambition, mais plutôt de nous permettre de voir ce qui est possible.

Quand j’ai terminé mon premier marathon parmi les milliers d’autres coureurs qui ce sont entraîner fort pour en arrivée là, une partie de la joie reposait sur l’expérience de l’accomplissement de notre motivation. Avec une motivation approprié nous avons naturellement du succès. C’est ce qui apporte tous ces sourires le jour de la course. Avec une motivation approprié, nous sommes tous gagnants.

À la piscine, une femme enceinte, je n’ai pu m’empêcher de lui demander si ça l’aidait à flotter mieux, elle m’a dit qu’au début oui mais maintenant à 7 semaines de la naissance ça poussait vers le bas.

-nager ça doit faire du bien?

-ah oui, je ne ressent plus aucune douleur, c’est ma motivation.

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Mon premier marathon en 2012

 

À bientôt

Patrice

Comme un lundi

Longtemps il est resté assis devant la fenêtre qui donnait sur le grand peuplier, témoin silencieux et impassible du temps.

 Thank god it’s fryday!

Beaucoup de gratitude en ce 5ième et dernier jour de la semaine ouvrable, pour utiliser un langage de comptable. Vendredi, jour joyeux parmi les jours de la sacro-sainte semaine de travail, c’est dans notre ADN. Déjà sur les bancs de la petite école, on tenait plus en place le vendredi, dans l’air se dessinait une promesse d’aventure et de liberté. C’est fou quand on y pense, à quel point les jours de la semaine conditionne notre humeur; comment ça va? Demande-t-on à nos chers collègues au retour du week end, les yeux dans la graisse de bean: comme un lundi! ça va moche, il va sans dire. Les autres jours, c’est plus ambigu, se sentir comme un mardi ou un mercredi, c’est moins évident, on se trouve dans un no man’s land, le milieu de la semaine, on n’est pas encore sortie du bois.

What’s up?

-Comme un mercredi!

-???

Le jeudi ça commence à se préciser, la bête se réveille doucement, y a le vendredi qui apparaît dans la mire.

Oui le vendredi, c’est autre chose. En théorie, plus la semaine a été pénible, plus le vendredi est jubilatif, plus le thank god it’s Friday est bien senti, ça vient des tripes, c’est exponentiel. Y a quelque chose avec la récompense, la carotte au bout du bâton, la lumière au bout du tunnel, c’est le week end, on va se payer la traite, on le mérite bien non? Puis, vient un temps où le mérite, on s’en fout, c’est comme la cloche du chien de Pavlov, c’est vendredi on salive point, plus besoin de mérite. C’est marqué au fer rouge,  gearésolide dans les méandres de notre cerveau.

Ça m’amène à penser à une étude qui a été réalisé par le centre de recherche du centre hospitalier de l’université de Montréal1 sur le fameux high du coureur. Ça disait en gros, que c’est la dopamine qui cause cette euphorie, qu’elle est associé au plaisir et à la récompense, au même niveau que quand on mange quelque chose de bon, qu’on fait l’amour ou consomme de la drogue.

Ça serait, selon les dits chercheurs, la leptine, une hormone sécrétée par les tissus adipeux, autrement dit le gras, qui agirait sur la production de dopamine.

Cette hormone aide à contrôler la sensation de faim ou de satiété et influence aussi l’activité physique. Donc les signaux hormonaux qui modulent l’alimentation et l’exercice seraient en fait étroitement liés.

« Plus il y a de gras, plus il y a de leptine et moins l’envie de manger se fait sentir. Nous démontrons maintenant que cette hormone joue aussi un rôle crucial dans la motivation à courir, ce qui est d’ailleurs possiblement lié à la recherche de nourriture », explique l’auteure principale Stephanie Fulton, également professeure au Département de nutrition de l’Université de Montréal.

La leptine peut inhiber l’activité physique à travers les neurones de la dopamine dans le cerveau. En l’absence de leptine, la dopamine est produite plus librement et augmente l’euphorie du coureur.

« La (plus grande partie) de notre évolution biologique est basée sur la famine, et l’activité physique était importante pour aller chercher les aliments. Et donc la leptine, (et c’est ce que nous déduisons) avec ces études, ça peut inhiber ces activités-là qui sont importantes pour avoir accès à la nourriture », explique Mme Fulton.

Notre cerveau se serait donc programmer au fil du temps, de sorte qu’à chaque fois (ou presque) que nous courons, nous nous sentons euphorique.

Et moi qu’est-ce qui me fait courir? Évidemment je ne vais pas chercher ma nourriture en courant! En fait je cours pour me forger le caractère, me faire (un peu) la vie dure, je cours pour me sortir de mon petit confort de bourgeois, c’est ma méditation, ma médication, mon défoulement, mon expression physique.

J’écris pour plus ou moins les même raisons on dirait. Ça me donne une sorte de réconfort d’avoir fais quelque chose, c’est mon succès personnel. Pour ne pas me sentir coupable de ne rien faire plus tard, un vendredi soir par exemple. Une sorte de combat contre l’inertie intellectuelle, le principe de “pose” et “repose” en yoga. Le “repose” a pour but de réfléchir sur la “pose” qu’on vient de faire, et d’en tirer les bénéfices.

Dans le fond le succès, les raisons, ça n’a pas vraiment d’importance.

Dans tout ça, ce qui compte vraiment c’est que je me suis amélioré.

who cares? i do, ça me suffit.

Et maintenant, je vais sortir ma carcasse de bourgeois dans le froid (relatif) de décembre, et sauter dans les flaques d’eau.

C’est jubilatoire, comme un vendredi.

Le vin sera meilleur ce soir.

And I’m feeling goooooood!

 Sur la route, une publicité du club Med: ici vous aimerez les lundis.

  1. étude du Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM), publiée dans la revue Cell Metabolism
  2. de gear, engranage, embrayage.

 

Carpe Diem

Patrice

 

Je préfèrerais ne pas

« Tant de beauté dans le monde, si peu de yeux pour le voir » Albert Cossery

Ça fait longtemps! J’étais occupé…à vivre. C’est déjà ça!

Un drôle de sentiment, mélange de culpabilité, pas trop quand même, un  je ne sais trop quoi que l’on peut ressentir quand on ne fait pas ce qu’on  avait dit que l’on ferait, comme écrire un article, par exemple. Et pourtant, le monde n’as pas arrêté de tourné pour autant.

Mon Dieu, est-ce que j’ai contracté cette maladie terrible qui consiste à remettre à demain ce qu’on peut faire aujourd’hui?

Suis-je PROCRASTINATEUR?

Expéditus, es-tu là? Si tu es là répond! Saint Expéditus, patron des procrastinateurs, prié pour nous pauvre remetteurs à demain!

C’est qui ça papa Expéditus?

Wikipédia, ouvre-toi!

Selon la légende, quand Expéditus, le centurion romain a décidé de se convertir au christianisme, le diable apparut sous la forme d’un corbeau et tournant au dessus de lui en criant: «cras, cras » – « . Demain, demain » en latin. Expeditus piétina l’oiseau en criant victorieusement, « aujourd’hui! » Pour ce faire, Expeditus atteint le salut, et est vénéré comme le saint patron de la procrastination. Parfois, vous voyez des icônes de lui renversés comme un sablier dans l’espoir qu’il va se dépêcher et vous aider à faire votre travail pour qu’il puisse être mis sur le droit chemin à nouveau. Le droit chemin? Mais qui a fait les plans?

Expédit a été martyrisé en l’an 303, mais a été ressuscité à l’époque de la révolution industrielle, où le tempo du monde s’est accélérée à une vitesse à couper le souffle. Cela vous semble familier? Aujourd’hui, alors que le rythme de nos vies s’accélère et que les exigences nous impose à se multiplier, la procrastination est l’archi-démon avec qui beaucoup d’entre nous doivent se battre au quotidien, il semblerait que nous ayons besoin d’Expeditus plus que jamais.

L’American Psychological Association estime que 20 pour cent des hommes et des femmes américaines sont « procrastinateurs chronique. » Les chiffres placent le montant d’argent perdu aux États-Unis par des employés procrastinateurs, à des milliers de milliards de dollars par an.

Une infographie dans The Economist a récemment révélé que dans les 140.000.000 d’heures que l’humanité a passées à regarder « Gangnam Style » sur YouTube, deux milliards de fois, nous aurions pu construire au moins quatre pyramides à Gizeh. Des articles interminables posent la question à savoir pourquoi nous procrastinons, qu’est-ce qui ne va pas dans notre petite caboche.

Mais si la procrastination est si clairement une condition publique de toute la société, pourquoi est-elle toujours présenté comme une carence individuelle, personnelle? Pourquoi assumons-nous que nos propres tempéraments et nos habitudes sont en faute – et qu’on se sentent mal à leur sujet – plutôt que de remettre en question la canonisation de notre culture de la productivité?

Tout ce que l’on fait, n’est-ce pas, par nature, ne pas faire autre chose?

Il semble que beaucoup d’entre nous, soit en train d’appliquer une précision de style militaire sur nos vies civiles, créatives, intellectuelles. J’ai entendu parler de gens qui adoptent des stratégies froidement martiale pour combattre la procrastination : un auteur avait signé de gros chèques qu’elle avait confié à ses parents pour les donner à des partis politiques qu’elle déteste, si elle manquait un délai.

Ce qui m’amène à me demander: Sommes-nous en train de nous imposer des normes qui nous rendent fou?

Bien que le corbeau embêtant d’Expeditus peut être sans âge, la procrastination en tant qu’épidémie- et la culpabilité constante qui va avec – est propre à l’ère moderne. Le monde capitaliste du 21e siècle, dans ses efforts sans fin pour l’expansion, consacre une productivité toujours à la cause pour la sacro-sainte santé financière.

Herman Melville nous a donné, en 1853, cette merveilleuse nouvelle Bartleby the Scrivener, Baetleby le scribe et procrastinateur notoire, sommum d’obstination, qui confond les demandes de son patron avec son mantra sacré: «Je préférerais ne pas.» Un employé parfait en apparance – il ne quitte jamais le bureau nuit et jour – Bartleby représente une rébellion totale contre les attentes placées en lui par la société. Il refuse poliment d’accepter de l’argent ou de se retirer de ses fonctions, même après s’être fait congédié. Le copiste a vécu une résurection inattendue – comme héros pour le mouvement Occupy en 2012 « Bartleby a été le premier travailleur licencié à occuper Wall Street , « Jonathan D. Greenberg a noté dans The Atlantique. Face à la sérénité de Bartleby et sa non-conformité totale avec le statu quo, son patron se demande perplexe si ce n’est pas lui-même qui est fou.

« Oblomov », le roman russe d’Ivan Gontcharov raconte l’histoire d’un propriétaire terrien qui cultive comme son bien le plus précieux un penchant naturel à la paresse. se déplace à peine de son lit, et seulement pour aller sur le canapé.

Oblomov pouvait mener les quelques tâches qu’il voulait sous sa couette – écrire des lettres, accepter des visiteurs – mais s’il avait eu un iPhone et un ordinateur portable? Être au lit n’est maintenant pas une excuse pour la flânerie, et on ne peut échapper à la culpabilité qui l’accompagne. La voix – la société ou psychologique – qui nous pousse loin de la paresse, dans les hauteurs vertueuses pures de la productivité est devenue une sorte de cri d’oiseau comme plusieurs personnes qui travaille à domicile et fixe leurs propres horaires, et que les appareils que nous utilisons pour le travail sont devenu des sirènes séduisantes de notre propre distraction. Nous sommes maintenant en mesure d’accomplir des tâches à presque chaque moment, même si nous préférons ne pas.

Pourtant, l’homme cessera jamais de procrastiner, et il pourrait nous faire du bien de se souvenir que la culpabilité et la honte du cycle fais-le-demain ne sont pas nécessairement inévitable. Le philosophe français Michel Foucault a écrit sur ​​la maladie mentale qu’elle acquiert sa réalité comme une maladie « que dans une culture qui la reconnaît comme tel. » Pourquoi ne pas voir la procrastination non pas comme un défaut, une maladie ou un péché, mais comme un acte de résistance contre les restrictions de temps et de productivité imposée par des puissances plus élevées.

Plutôt que de foncer à travers la journée, prenant d’assaut les portes de demain, réfléchissons et demandons nous si le monde a vraiment besoin de toutes ces choses que nous pensons devoir faire- comme un peu plus de pyramides de Gizeh, ou un autre article sur Carpe Diem?

L’automne déjà…

Je retourne à mon occupation.

 

Amor fati, poursuit sans relâche

Qui se connaît, ne prend plus l’étranger fait pour le sien ; s’aime et se cultive avant toute autre chose ; refuse les occupations superflues et, les pensées et propositions inutiles. Montaigne.

Le caractère, c’est pas un héritage. On le construit au quotidien, de la façon dont on pense, de la façon dont on agit, on le construit pensée par pensée, action par action. C’est ce que je pense, c’est là-dessus que je travail. ‘Y a d’l’ouvrage.

Des regrets? Parait qu’on regrette les choses que l’on a pas fait. J’ai entendu ça. Les regrets tue le bonheur.

L’inaction, les opportunités que l’on a pas saisis c’est ça qu’on regrette.

C’est sûr, c’est pas agréable comme sensation, alors le cerveau rationalise…il va trouver toutes sortes de belles entourloupettes, pour que ce soit supportable, il va même ennoblir le portrait, – j’aurais du quitter cette job un peu plus tôt, mais j’ai quand même appris beaucoup de chose…

Ça peut être mieux, ça peux être pire, mais on se dit que ça peut être pire, c’est mieux, ça nous aide à gober la pilule.

Comment éliminer les regrets de ma vie?

Écoute les aînés, ils te diront de saisir les opportunités, « dites oui aux opportunités!! ».

Passes moins de temps à t’inquiéter, plus de temps à penser à ce que tu veux faire avec ta vie, à faire ce que tu veux faire, et comme dirait ma mère, tant qu’à faire t’as juste à le faire, c’est tout, et ça, c’était avant le commercial de Nike « just do it ».

« oh! it’s gonna be a good life- a good-good-life », oui, la bonne vie. Ça se construit. Une vie qui a du sens, le monde ne me doit rien c’est tout entendu. Y’a pas personne qui va venir frapper à ma porte: Bonjour, voici un panier de bonne vie, c’est gratuit, merci bonsoir!

Mais oui mon p’tit gars, c’est comme ça!

Je dois toujours me rappeler, que peu importe si la victoire, la tâche, me parrait impossible sur le moment, si je prends la prochaine étape, et puis la prochaine et ainsi de suite, il y aura toujours quelque chose qui va arriver au tournant. Mon mantra: N’abandonne jamais. Poursuit sans relâche.

Travailler fort et dure, bien sûr, mais c’est de vivre ma vie au delà de la limite, les limites que je me suis imposé avec le temps, que la société m’a imposé, une limite imaginaire, illusoire « je suis trop vieux, je ne peux pas faire ça, c’est trop dur, on peut pas faire ça comme ça, ça s’est jamais fait…. »

Un but, un objectif c’est bien, mais ça peut être une sorte de limite aussi. « tu penses que je peux faire ça? Bien sûr que tu peux… »cette réponse d’une autorité quelconque nous rassure, nous donne le coup d’envoi que nous avons besoin pour passer à l’étape supérieur, mais bien sûr que tu peux! Just do it!

Il y a l’urgence d’améliorer mes propres imperfections, ‘y a toujours d’l’ouvrage de ce côté là aussi, c’est là que j’vas! ‘Y a de l’espoir, si ‘y en avait pas, on ferait juste s’asseoir, boire et attendre la mort. On doit se battre non? Quelque chose en dedans de nous qui veut ça. Des fois on sait plus trop pourquoi, mais on le fait, c’est comme un devoir sacré, par respect pour ceux qui sont passé avant nous, oui, nos parents qui ont fait des sacrifices pour nous, c’est pas un cliché, c’est la vérité en ce qui me concerne.

Quand tu fais une bonne job, tu donnes un peu de noblesse à tes parents, tes grands-parents etc…

Porter attention. Vivre dans la présence, en sachant que nous sommes de toute façon dans l’impermanence. Quand je suis dans le faire, je ressens une promesse de solution, le contraire du désespoir, la réponse pourrait se trouver au tournant. Alors je marche, j’avance et je prends des notes. Je suis toujours en progrès, dans l’indéfini, dans l’essai.

Le truc, s’il en est, serait de maintenir un amusement naïf à chaque instant d’une expérience.

Notes pour la suite des choses: Les anciens Grecs: Ataraxia, veut dire équilibre: l’art de maintenir une humeur égale autant dans les moment exaltant que désespérant. Pour atteindre ça, il faut contrôler ses émotions, ce qui fait que tu n’es pas tirer d’un bord pis de l’autre par elles.

Sénèque: vivre dans la conscience et dans la lucidité clair du monde tel qu’il est, tu ne pourras jamais t’ennuyer.

Amor fati: l’acceptation de quoi qu’il arrive.

J’embrasse mes imperfections, c’est ma matière, c’est ma réalité concrète.

Just do it!

Bien sûr que tu peux!

À bientôt!

Patrice

 

La discipline

Tout le monde rêve de faire de grandes choses, faire le tour du monde, réaliser des projets qui nous passionne, avoir une maison sur le bord de la mer pour pouvoir écrire tranquillement, mais pour la plupart d’entre nous, les aléas de la vie nous rentre dedans. Alors on trouve toutes sortes d’excuses, la job, la famille, les responsabilités, tout ça nous empêche de prendre des risques et d’accomplir nos rêves. On planifie pour demain au lieu d’agir aujourd’hui. C’est ce qui nous rends stagnant, c’est ce qui fait qu’on en veut toujours plus, qu’on sent qu’il nous manque quelque chose, un manque que l’on tente de divertir, de camoufler tant bien que mal.

Entre en scène, la discipline.

La discipline c’est l’attitude qui nous aide à discerner le vrai du faux, c’est ce qui nous rend responsable envers soi-même, envers la société dans laquelle nous vivons, disait Massimo Vignelli.

Oui bien sûre, on doit se lever (de bonne heure!), livrer le morceau, mais j’ai besoin d’un engagement sans relâche envers moi-même, envers mon propre sens du mérite, mes propres idéaux, mon intégrité.

C’est pas facile quand nous avons besoin de la validation extérieur pour gagner sa vie, une validation subjective il va sans dire.

La discipline, et mentale et physique, est cruciale. Celui qui va travailler le plus fort, travailler avec le plus d’honnêteté d’intention, sera le meilleur dans son champ d’expertise, et pour savoir si ce que tu fais est bon, ça prend de la discipline, de la clarté et de l’objectivité. Je ne me rapporte à aucune institution. Je ne suis pas dans un concours de popularité, je suis dans la pratique, mon désir de dépassement personnel doit être plus fort que ces chaotiques et injustes relations avec la popularité. Je dois créer mon propre standard de discipline. Je me forme par ce que je fais, par ce que je mange, je bois, je me forme par mes actions.

Le jeu, c’est d’aller le plus loin possible sans y laisser sa peau, et ramener la monture à la maison.

La stratégie est simple, toujours améliorer ce que tu as de meilleur, et recommencer le lendemain. Rien à voir avec Sisyphe. Je parle de monter d’une coche ton niveau de jeu.

Plus tu avances (en âge), plus tu réalises que tu n’as pas tout ton temps pour faire ce que tu as à faire. Pas le temps pour les dilemmes Hamlétien, puis-je ou ne puis-je pas faire la chose? Devrais-je faire la chose? Et pourquoi faire la chose?

Sois plus que prêt. Sois présent dans ta discipline. Souviens-toi de ce que tu as reçu. Sois reconnaissant de ce que tu as reçu, de ce que tu as. Prends-en soins. Ce que tu es, se révélera ultimement. Commence maintenant, à chaque jour, deviens dans tes actions, ce que tu voudrais devenir dans un plus grand schéma. Imagine l’immensité et ne te limite pas à ce que tu penses que tu peux faire. C’est au delà de ce que tu peux imaginer. Ne fais pas de compromis. Commence maintenant.

Quelque chose de plus large que toi t’attend au tournant.

Nous sommes ce que nous répétons…..

Ça sera ça pour aujourd’hui.

À bientôt!

Patrice

Ça prend combien de temps papa pour former une nouvelle habitude?

Aristote: Nous sommes ce que nous faisons à répétitions. Le petit Larousse: habitude; disposition, acquise par la répétition, à être, à agir fréquemment de la même façon. Le petit Robert est beaucoup plus généreux, presqu’une demi-page: Manière de se comporter, d’agir, individuelle, fréquemment répété. Pratique, expérience… Le contraire? Accident, exception, nouveauté, inexpérience. Quelqu’un quelque part a étudier ça, c’est sûr. ‘Y a des études pour tout, pour les fins pour les fous. À chaque bobo et travers suffit son étude. Moi ce qui m’intéresse ça serait plutôt comment on s’en défait des habitudes, je parle des mauvaises. Bien sûre, je tombe sur un explorateur, un explorateur de la science des habitudes. C’est du sérieux, c’est sûre. On dirait même que c’est arrangé avec le gars des vues. Je vous jure que non, pure sérendipité. Quand on cherche on trouve, c’est pas plutôt le contraire? Mais oui, Picasso, c’est quand j’ai trouvé que je commence à chercher. C’est bon, on ne ca pas s’étendre là-dessus. Enfin, lui, un gars de l’University College London, a re-chercher des réponses concrète à cette question (la question du titre) à partir d’une étude qu’il a mené sur une centaine de participants. Jeremy Dean qu’il s’appel, et il a même écrit un livre sur le sujet, tant qu’à faire. Le titre? Making Habits, Breaking Habits: Why We Do Things, Why We Don’t, and How to Make Any Change Stick. M.Dean, a donc demandé à ces participants de choisir quelque chose qu’ils voulaient changer, transformer en habitude. Des choses comme manger un fruit après le dîner, pratiquer un exercice comme courir (tiens-tiens) par exemples, pour ne nommer que ceux là. Pendant les 84 jours qu’a duré l’étude, les cobayes devait noter sur un site web, s’ils avaient fait ou non la dite action et ce qu’ils ressentaient par rapport à la chose.

Une habitude, serait quelque chose que l’on fait sans pensée, en science, ils appellent ça « automaticité ». L’automaticité, serait le moteur central des habitudes. ça fait du sens. Alors, ça prend combien de temps? Eh bien, la réponse tout crue, à partir des donnés recueillis des participants qui ont fournit suffisamment d’information pour en tirer quelque chose, ça prend, en moyenne 66 jours à une habitude pour ce former. Bien sûr, il y a des variations, ça va de soi, ça dépend de kessé que tu veux acquérir comme habitude. Mettons que boire un verre d’eau en se réveillant, ça demande pas le même effort que de faire 50 redressements. En fait ce que l’étude suggère, et nous n’avons pas besoin d’étude pour comprendre ça, c’est qu’il n’y a pas de nombre absolu en ce qui concerne le temps que ça prend, que ça dépend du coefficient de difficulté de la chose à changer. Les habitudes sont tous simplement une question de pratique délibéré, délibéré?: quelque chose que l’on fait avec toute sa conscience, avec tous son être. Si tu aimes faire quelque chose, (je ne parle pas d »écouter la télévision), ou si tu aimerais faire quelque chose, et bien, au risque de me répéter, tous ce que tu as à faire c’est de pratiquer à tous les jours jusqu’à ce que ça fasse partie intégrante de ta vie, point. Tu fais la même chose avec les mauvaises habitudes, c’est à dire que tu ne les fais pas à tous les jours, c’est plus facile à dire, mais c’est pas une raison. Acquérir une nouvelle habitude, surtout si c’est une bonne habitude, c’est un peu comme essayer de monter une montagne, au début, les progrès sont remarquable, mais plus tu t’approche du sommet, plus les avancés sont minimes.

Comment on fait papa?

1- Lance-toi avec autant de force et de résolution que possible pour accumuler toutes les circonstances qui doivent renforcer une habitude juste.

2- Se mettre de façon assidue dans les conditions qui encourage la nouvelle habitude.

3- Ne laisse aucune exception intervenir dans ce processus jusqu’à ce que cette nouvelle habitude soit enraciné solidement dans ta vie. L’entraînement continu est un excellent moyen pour faire en sorte que ton système nerveux agi infailliblement de manière juste.

4- Saisi toutes les opportunités possible d’agir sur chaque résolution que tu as fais, sur chaque émotion stimulante que tu expérimente sur le chemin de tes nouvelles aspirations.

5- Peu importe le réservoir de bonnes maximes que tu possèdes, peu importe les bons sentiments, si tu ne prends pas avantage de chaque opportunités concrète pour agir, ton caractère va rester ce qu’il est.

6- Tu ne dois pas plier devant l’effort à accomplir, parce que si tu cède, avant même que tu ne t’en rende compte, la capacité de faire l’effort ce sera évaporé. Pouf! J’ai pu envie papa!

7- Fais tout ce qui est en ton pouvoir pour garder la faculté de faire l’effort vivante.

Je suis le maître de mon destin, je suis le capitaine de mon âme.

William Ernest Henley

J’ai compris (un peu tard), que j’étais responsable de mon destin, bon ou mauvais, et que chaque geste si petit soit-il, laisse des marques, des traces dans le temps. Je l’ai toujours dit, plus tôt tu forme des bonnes habitudes plus c’est facile pour la suite des choses. Les mauvaises habitudes avec le temps, ce sont incrustées comme du lichen sur une épave. ‘Y en a des coriaces!

Allez! va faire tes devoirs maintenant!