La défriche

photo: Patrice Savard
Canal Lachice 11.12.16 photo: Patrice Savard

Défricher : Mettre en culture un terrain boisé ou resté en friche, ou rendre propre à la culture un terrain inculte.

Déblayer une question, un domaine, les mettre en ordre pour la première fois avant de les étudier à fond ; dégrossir. Larousse

Chez ceux qui sont le plus vivants…les plus eux-mêmes, la vie du corps est subordonnée à une vie plus haute qui se trouve en eux; elle s’abandonne calmement à la vitalité beaucoup plus abondante d’un esprit qu’on trouve sur un plan qui défis l’observation et les mesures… Thomas Merton

4h30 sonne le réveil, j’ai décidé de me lever tôt. Rien d’extraordinaire. Je veux utiliser ce temps pour travailler sur mes projets. Ça me donne un bon 2h30 plein où je peux me concentrer tranquille et surtout dans la continuité. Autrement, je dois suivre les horaires de quelqu’un d’autre, je dois gagner ma vie.

L’idée, c’est qu’avec de l’attention et des soins particuliers en s’appliquant sur une tâche précise, on peut réussir à sortir quelque chose de bon. Ça ne veut pas dire que je suis meilleur qu’un autre, tout le monde peut réussir à sortir quelqu’un chose de bon, tout le monde a quelque chose à sortir. C’est plaisant de rêver aux possibilités, après, tu joins la partie labeur, où tu dois mettre tes mains dans la pâte, c’est plus douloureux, c’est le travail, c’est la sueur de l’athlète, il faut s’engager, sans relâche, jusqu’au but qu’on s’est fixé.

Des fois je pense à ceux qui étaient là avant moi, mes parents, mes grands-parents, qui se sont sacrifié pour que j’aie une vie meilleure, pour que j’aille à l’école. Des fois je me demande s’il serait content de ce que je suis devenu. Ce genre de pensée me motive à me réveiller de bonne heure, à travailler mieux, parce que je ne suis pas certain que la réponse soit positive à 100%. Eux c’étaient des défricheurs, des bûcherons, des cultivateurs, des bâtisseurs. Moi, qu’est-ce que j’ai bâtis? Qu’est-ce que j’ai construit?

Je voudrais humblement tenté d’être à la hauteur de ces hommes et de ces femmes là.

Je suis en train d’apprendre un nouveau métier, je dois apprendre à bien écrire, ça veut dire publier des articles dans ce blog, d’accepter mes imperfections, de les embrasser, ce qui n’est pas toujours facile pour moi.  Ça veut dire, travailler à être de plus en plus proche de ce que je suis même si ce n’est pas toujours ce que je voudrais être. Au moins j’ai une bonne sensation de travailler sur quelque chose qui m’appartient, ma toune, d’être dans le cœur du sujet.

Comme ça, je me rapproche un peu de ceux-là qui on défricher pour moi.

P. Savard