Le fil de ce jour #42; Penetrating the seeming realities of this world

… And what was there? There was a poet, there was a voice, there was a guitar, there was a sad time…
Bulat Okudjava

 

Fastidious Horses

[…]

Slow it down, horses, calm your eagerness!
Do not listen to the old tight thong!
But the horses that I’ve got are fastidious –
I didn’t live out my life, so let me finish this song!

I’ll allow them to drink, and this verse I will sing
For a moment I’ll stay on the brink…

Vladimir Vysotsky
Translation by Andrey Kneller

 

We all have bias

That’s the deal about being humain

Penetrating the seeming realities of this world

 

P.S

Aura d’une ville

Ma ville est une grande carte géographique où j’aime à pointer du doigt l’enfance, le désir et la littérature comme des repères intimes.

Car une ville est un lieu qui allège et abrite l’intensité. Une ville toujours quelque part ranime en nous le désir et autant de saisons, les pluies, le singulier, le foisonnement des pensées, la mort recommencée et mille distances à parcourir qui nous font souvenir de la sueur et du froid. Volutes, dômes, hanches, épaules, tresse colorée du désir, oui une ville nous surprend en pleine sensation de vivre malgré les drôles de clichés qui retombent sur nos épaules si, par exemple, on longe la rue Saint-Denis ou si on descend un samedi soir dans le Vieux-Montréal et que, au bord du fleuve, la nuit est encore capable d’étoiles.
Ma ville est multiple. Je ne sais pas mettre de clôtures entre les quartiers, les parkings étalés du centre-ville. La tentation des terrasses est permanente. Je ne sais pas choisir entre les parcs, les cinémas, les façades anciennes, la saleté et les restos chic. Je sais seulement marcher entre les saisons, la tête haute, le regard neuf comme si Montréal était une aventure toujours à recommencer. Je sais seulement me contredire comme on le fait souvent en parlant d’un grand amour ou de son enfance sans trop savoir si ce qui nous habite est le fruit de notre imagination ou la sensation mille fois vécue de la réalité. Il m’arrive parfois de laisser parler la sensation. La sensation est diffuse.
Il y a trop de destins qui se forment de l’aube à la nuit, quotidiens, aussi bruyants que la vie elle-même. Montréal est en moi multiple. Je ne peux arrêter le temps et figer toute mon île dans une seule rue, dans un quartier. Je sais très bien que j’exagérerais, que j’imaginerais des soies transparentes, des scénarios osés, des drames répétés derrière les rideaux et les stores vénitiens à la tombée du jour. Ma ville est une grande carte géographique où j’aime à pointer du doigt l’enfance, le désir et la littérature comme des repères intimes.

Nicole BROSSARD, Montréal des écrivains

 

Le fil de ce jour #41 ; Praise Song for the Day

praise song for walking forward in that light.

 

Those were the days my friend

Straight to my heart

 

Praise Song for the Day

Elizabeth Alexander, 1962

[…]

Praise song for struggle, praise song for the day.

Praise song for every hand-lettered sign,

the figuring-it-out at kitchen tables.

 

Some live by love thy neighbor as thyself,

others by first do no harm or take no more

than you need. What if the mightiest word is love?

 

Love beyond marital, filial, national,

love that casts a widening pool of light,

love with no need to pre-empt grievance.

 

In today’s sharp sparkle, this winter air,

any thing can be made, any sentence begun.

On the brink, on the brim, on the cusp,

 

praise song for walking forward in that light.

 

Copyright © 2009 by Elizabeth Alexander

 

 

 

 

 

 

 

 

Le fil de ce jour #40 ; on the shoulders of giants

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It’s also very difficult to untangle influences because you represent the sum of everything you’ve seen or heard or experienced.

L.Cohen

 

ON THE SOULDERS OF GIANTS

How does it feel?

Certainement pas comme un Rolling Stone

Mais encore?

Remue-méninges

What you get?

Tchékhov pour mon âme : l’homme de lettres n’est ni un confiseur ni un parfumeur ; encore moins un amuseur. Sa conscience et le sentiment de son devoir lui imposent des obligations contractuelles. Une fois embarqué, il ne peut se dédire, et en dépit de ses reculs, il doit surmonter ses dégoûts, et souiller son imagination de la boue de la vie…

C’est tout ?

La boue de la vie…

« Nous devons remplacer la peur par l’espoir » a dit Obama

1 – Seek out instruction

2 – Concentrate

3 – Relax and practice slowly

4 – Donʼt show off

One day, yelling « Alexa, play Terrace House! » won’t get you any strange looks.

AND IT’S A CUT!  The crap…

 

P.S

À ce qui reste en nous d’humain

 

[…]

seuls les voyages

qui commencent par des hasards

au-dedans de nous

débouchent sur des mystères

au détour de l’infime et de l’immense

 

nous sommes l’étoile filante

d’un autre espace de ce monde

un flambeau d’incertitude

un bel accident dans l’éveil

de quelques mots répétés

pour calmer la blessure

 

Robert Fortin,  extrait de Les nouveaux poètes d’Amérique

Le fil du jour #39; And the word is LOVE

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EARLY BIRDAn egret looks for breakfast at sunrise. Egrets eat everything from fish, to rodents, to grasshoppers. PHOTOGRAPH BY TAHIR ABBAS AWAN, NATIONAL GEOGRAPHIC

 

#EarlyMomentsMatter

you are in the midst of a moving process

The true test is in the doing.

complicated inheritance:

little triumphs are the pennies of self-esteem

run fast, stand still.

We can always come back to this

 

P.S

Le fil #38 ;  a cage went in search of a bird

 

Prends garde, ô voyageur, la route aussi marche. Rilke

 

random encounters :

Rabindranath Tagore : Relationship is the fundamental truth of this world of appearance.

Julio Cortazar : Au réveil, avec le souvenir d’un paradis entr’aperçu dans des rêves qui pendent autour de soi comme les cheveux d’un noyé…

Franz Kafka : a cage went in search of a bird.

Harry Frankfurt: one of the most salient features of our culture is that there is so much bullshit.

 

Meanwhile in the news:

Today in delicious irony : “Most Canadians are asleep because fake news is telling them stories that just aren’t true,”

I don’t call it sleep anymore

And Justin Trudeau is relentlessly flirting with the world

Et vogue la galèèreux…

Tim Cook: The device will stream over 40 million songs and use real-time AI to double as a personal assistant….

The iPhone’s best new feature does nothing at all

Enough.

 

P.S