Comme un lundi

Longtemps il est resté assis devant la fenêtre qui donnait sur le grand peuplier, témoin silencieux et impassible du temps.

 Thank god it’s fryday!

Beaucoup de gratitude en ce 5ième et dernier jour de la semaine ouvrable, pour utiliser un langage de comptable. Vendredi, jour joyeux parmi les jours de la sacro-sainte semaine de travail, c’est dans notre ADN. Déjà sur les bancs de la petite école, on tenait plus en place le vendredi, dans l’air se dessinait une promesse d’aventure et de liberté. C’est fou quand on y pense, à quel point les jours de la semaine conditionne notre humeur; comment ça va? Demande-t-on à nos chers collègues au retour du week end, les yeux dans la graisse de bean: comme un lundi! ça va moche, il va sans dire. Les autres jours, c’est plus ambigu, se sentir comme un mardi ou un mercredi, c’est moins évident, on se trouve dans un no man’s land, le milieu de la semaine, on n’est pas encore sortie du bois.

What’s up?

-Comme un mercredi!

-???

Le jeudi ça commence à se préciser, la bête se réveille doucement, y a le vendredi qui apparaît dans la mire.

Oui le vendredi, c’est autre chose. En théorie, plus la semaine a été pénible, plus le vendredi est jubilatif, plus le thank god it’s Friday est bien senti, ça vient des tripes, c’est exponentiel. Y a quelque chose avec la récompense, la carotte au bout du bâton, la lumière au bout du tunnel, c’est le week end, on va se payer la traite, on le mérite bien non? Puis, vient un temps où le mérite, on s’en fout, c’est comme la cloche du chien de Pavlov, c’est vendredi on salive point, plus besoin de mérite. C’est marqué au fer rouge,  gearésolide dans les méandres de notre cerveau.

Ça m’amène à penser à une étude qui a été réalisé par le centre de recherche du centre hospitalier de l’université de Montréal1 sur le fameux high du coureur. Ça disait en gros, que c’est la dopamine qui cause cette euphorie, qu’elle est associé au plaisir et à la récompense, au même niveau que quand on mange quelque chose de bon, qu’on fait l’amour ou consomme de la drogue.

Ça serait, selon les dits chercheurs, la leptine, une hormone sécrétée par les tissus adipeux, autrement dit le gras, qui agirait sur la production de dopamine.

Cette hormone aide à contrôler la sensation de faim ou de satiété et influence aussi l’activité physique. Donc les signaux hormonaux qui modulent l’alimentation et l’exercice seraient en fait étroitement liés.

« Plus il y a de gras, plus il y a de leptine et moins l’envie de manger se fait sentir. Nous démontrons maintenant que cette hormone joue aussi un rôle crucial dans la motivation à courir, ce qui est d’ailleurs possiblement lié à la recherche de nourriture », explique l’auteure principale Stephanie Fulton, également professeure au Département de nutrition de l’Université de Montréal.

La leptine peut inhiber l’activité physique à travers les neurones de la dopamine dans le cerveau. En l’absence de leptine, la dopamine est produite plus librement et augmente l’euphorie du coureur.

« La (plus grande partie) de notre évolution biologique est basée sur la famine, et l’activité physique était importante pour aller chercher les aliments. Et donc la leptine, (et c’est ce que nous déduisons) avec ces études, ça peut inhiber ces activités-là qui sont importantes pour avoir accès à la nourriture », explique Mme Fulton.

Notre cerveau se serait donc programmer au fil du temps, de sorte qu’à chaque fois (ou presque) que nous courons, nous nous sentons euphorique.

Et moi qu’est-ce qui me fait courir? Évidemment je ne vais pas chercher ma nourriture en courant! En fait je cours pour me forger le caractère, me faire (un peu) la vie dure, je cours pour me sortir de mon petit confort de bourgeois, c’est ma méditation, ma médication, mon défoulement, mon expression physique.

J’écris pour plus ou moins les même raisons on dirait. Ça me donne une sorte de réconfort d’avoir fais quelque chose, c’est mon succès personnel. Pour ne pas me sentir coupable de ne rien faire plus tard, un vendredi soir par exemple. Une sorte de combat contre l’inertie intellectuelle, le principe de “pose” et “repose” en yoga. Le “repose” a pour but de réfléchir sur la “pose” qu’on vient de faire, et d’en tirer les bénéfices.

Dans le fond le succès, les raisons, ça n’a pas vraiment d’importance.

Dans tout ça, ce qui compte vraiment c’est que je me suis amélioré.

who cares? i do, ça me suffit.

Et maintenant, je vais sortir ma carcasse de bourgeois dans le froid (relatif) de décembre, et sauter dans les flaques d’eau.

C’est jubilatoire, comme un vendredi.

Le vin sera meilleur ce soir.

And I’m feeling goooooood!

 Sur la route, une publicité du club Med: ici vous aimerez les lundis.

  1. étude du Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM), publiée dans la revue Cell Metabolism
  2. de gear, engranage, embrayage.

 

Carpe Diem

Patrice

 

Cape Cod 3ième partie ou toute bonne chose ne devrait pas avoir de fin

Le bloggeur et la mer

Le bloggeur et la mer

Le temps est gris, c’est moins pire de partir quand c’est nuageux. Une semaine à Cape Cod, ça fait la job, ça enlève les rides du cerveau. Avant de s’en aller, on prend une dernière marche sur la grève, c’est comme si on faisait le plein d’essence marin dans les poumons. On part plus tôt que d’habitude, on doit passer par le centre d’achat, Grisenoula a besoin d’un sac à main. Cape Cod Mail, on va chez Macy’s, ils ont toujours des ventes (rabais).

Un centre d’achat après la mer c’est assez pénible, déjà que sans. Je reste calme, pour combien de temps? Ça devrait aller. Grisenoula a enfin trouvée, un sac brun, réversible en noir, c’est parfait je lui dis, une sorte de 2 pour 1. On s’en va du côté des hommes histoire de voir si on ne va pas trouver un bon deal de ce côté là. On trouve des pantalons, c’est Grisenoula qui a trouvée plutôt, c’est pas pour me vanter mais elle a l’oeil,  bing bang salle d’essayage, 1 sur 3, c’est bon, on va faire avec ça, et hop on y va! Non? Grisenoula a envie de patates frite. Ah ben oui, des frites, pourquoi pas, un petit réconfort, des frites. Direction food court dans le fin fond du fond du centre d’achat, un Indien un Chinois un Subways, pas de frites? Pas de frites!!! C’est pas croyable de pas trouver de frites dans un centre d’achat aux U.S.A!!! How zen you can be? Bon ben, c’est comme ça. Allons voir à l’autre bout, on est jamais allé de ce côté là.

Eh ben oui, à l’autre bout, assis sur un banc, comme un mirage, une hallucination, une apparition divine, 2 jeunes filles mangeant des frites! On leur demande, where you get that? Just there disent-elles pointant l’index à leur droite. The best in town!  All right all right all right, comme dirait Matthew McConaughey. FIVE GUYS, hand-cut fries served fresh & made daily in 100% peanut oil. À l’entrée, des poches de patates de l’Idao empilées tout le long du corridor, serait-ce le paradis des mangeux de patates? On commande un veggie sandwich avec des frites (quand même), la caissière sympathique et souriante nous fait répéter, à cause de notre accent? Ou parce que c’est pas souvent qu’elle se fait demander des veggies sandwich? Peu importe, champignons, poivrons, oignons, avec du fromage jaune genre cheese weeze entre 2 buns blanc. Les 2 filles qui préparent notre sandwich nous font un spectacle, elles sont bien vivante, et bien drôle, Grisenoula me demande pourquoi il y a tant de crimes racistes au USA (parce qu’elles sont noir), moi, je n’ai pas de réponse à ça, je me demande toujours pourquoi on ne peut pas vivre en paix avec tout le monde. À chaque jours des nouvelles qui me découragent de l’humanité. J’ai probablement des restant de hippie nostalgique, le paradis perdue et tout le tra-la-la. Il y aura toujours la souffrance.

13h30, on prend la route, il fait soleil finalement, Grisenoula me regarde, on tergiverse, sans doute l’effet des vagues sur notre cerveau, on reste encore un peu? On part? Tic-tac-tic-tac… partir de Cape Cod, c’est jamais facile, qui a decidé que les bonnes choses devait avoir une fin? On rentre à Montréal, 9h que ça nous aura prit, prêt de 2 h pour entrer et sortir de Boston. Rester cool. Rien d’autre à faire. Arrêt obligé au NH Liquor Store, et un autre un peu plus loin au Veteran Memorial pour manger un peu, et faire le plein de café. Pour le reste de la route, le rythme est bon, à la frontière canadienne, à peine 5 minutes d’attente, on déclare nos bouteilles, et nos achats, Bon retour nous dit l’agent sympatique (il faut bien le dire quand ça arrive) et on rentre au Canada, terre de mes aïeux. Il commence à faire noir. 22h30, on arrive à la maison.

Le retour…c’est une autre histoire.

Carpe Diem

Patrice

Cape cod, 2ième partie

L’humain est un roseau pensant, mais il accomplit ses plus grandes oeuvres lorsqu’il ne calcule ni ne pense; il faut reconstituer « l’innocence de l’enfant » par de longues années d’entraînement dans l’art de s’oublier soi-même.

Suzuki DT, Essais sur le bouddhisme zen.

EACH

Le soleil allait percer les nuages, c’était une question de minutes. 8h, il se pointe. J’ai déjà fait ma séance de yoga, mon Salamba Sirsasana (c’est un head stand) est devenu assez stable. Grisenoula a préparé le thé si bien que je n’ai qu’à m’installer sur la petite table ronde pour commencer à écrire. J’aimerais écrire plus régulièrement mais c’est pas facile de trouver du temps. Je pourrais faire ça le soir à la place de la salle habitude que j’ai d’ouvrir la télé quand je rentre du travail. La télé a un pouvoir d’attraction terrible sur moi, même si la plupart du temps c’est d’une insignifiance notoire, difficile de résister. Pure distraction. Mais je ne vais pas énumérer ici toutes les raisons qui m’empêche d’écrire, tout ce que je veux dire c’est que je veux écrire plus, entre autre un journal, qui pourrait éventuellement me servir (ou non) pour des projets futur. Voilà, c’est dit.

Pour ceux qui se demandent que diable faisons nous à Cape Cod, voici une journée type: déjeuner (smoothies, céréales…), plage, où l’on se fait +/- une heure de course, +/- une heure de nage, ensuite +/- une heure libre, relaxation, yoga plus élaboré. Retour à notre chambre, dîner léger, salade. Vérifie les courriels, un peu de nouvelles etc, on s’allonge avec un peu de lecture jusqu’à ce que les yeux nous ferme et nous voilà partie pour une sieste. Au réveil, on prépare la glacière pour l’apéro à la plage, craquelins, pain, pâtés, tartinade etc, et une de nos bonne bouteille qu’on a acheté au liquor store. 17h, nous voilà prêt pour retourner à la plage. En général, on reste là jusqu’au coucher du soleil, soit +/- 20h30. Comme on est un peu plus au sud, le soleil se lève plus tôt et se couche donc plus tôt. (Le 23 juin à West-Yarmouth, il se lève à 4h30 pour se coucher à 20h30)

Je regarde se déferler les houles sur l’océan, je ne me lasse pas de ce spectacle.

On remballe et on retourne à notre chambre pour le souper.

On parle de tout et de rien avec Grisenoula.

Qu’est-ce qu’on fait demain? On recommence!

Et voilà, c’est pas plus compliqué que ça.

© Patrice Savard

 

La douce insouciance du bonheur de vivre

Macaque Japonais

C’était un p’tit bonheur que j’avais ramassé

Félix Leclerc

C’était un samedi matin ensoleillé, je me rendais allègrement chez mon coiffeur sur mon bixi. C’est drôle ça, ces adjectifs possessifs avec ceux qui s’occupent de nous,  mon coiffeur, mon dentiste, mon médecin, mon garagiste, ça nous donne de l’importance, ça fait chic . Bref donc, chez mon coiffeur qui est “une” précisément, je rentre dans le salon, immaculé de blanc, je suis accueillis par Tom, le proprio.

  • hey Patrice, nice to see you! How are you doing?

Ici on parle en anglais, c’est plus “convénient” . Je sais pas pourquoi, mais Tom me parle toujours de trucs du genre:

  • you know what, dit-il en vapotant, you have health you are fucking millionnaire! You need to be grateful of what you have.
  • You’re right Tom.

Le problème serait qu’on en veut toujours plus, c’est ça? Contente toi de ce que t’as pis farme ta gueule. Oups, c’est sortie tout seul.

-what you complaining about?

J’ai rien dis encore.

  • you have health, you are millionnaire!

C’est bon, je pense que j’ai compris.

  • you’re right Tom, that’s the basic, it’s good to come back to the good old bacics.

Et il renchéri, j’avais une drôle d’impression que la fumée lui sortait par les oreilles, probablement dû aux effets de la fumée secondaire, qui parait-il sont inexistants, selon les “spécialiste” de la santé. Il n’y aurait donc, aucun dommage collatéral. Un placebo, sans doute.

  • do you know who is the most happy?
  • dogs?
  • The blind people!
  • ???
  • ya, they don’t see what other people have or look like or whatsoever.You know my mother was dying recently, in the last days, I was going to see her in this house, you know, where people dying…i was going to see around, you know, just to see people, all alone, dying, with nothing, a little bed, a lamp, that’s all, they were dying!!! And I was going out, saying to myself, oh god, I’m so happy to be alive, I’m so happy to be alive!
  • What’s in you’re stuff you’re smoking?
  • Nicotine, why?
  • Just to know…

Puis j’entend la voix d’ Angie, “mon” ange perdue, “ma” coiffeuse (nous sommes au Québec):

  • come on handsome!

C’était un samedi matin, le soleil resplendissait sur Montréal, et il me semblait, en sortant du salon, que la ville respirait le bonheur, oui, cette douce insouciance du bonheur d’être vivant.

J’ai pris le p’tit bonheur l’ai mis sous mes haillons j’ai dit:  » Faut pas qu’il meure, viens-t’en dans ma maison ».

 

Patrice

Je suis un naufragé sur l’île de mes rêves

Paul Huet "papa et le funambule", 2011, Other/ Multi disciplinary, pencils,inks,computer

Paul Huet « papa et le funambule », 2011, Other/ Multi disciplinary, pencils,inks,computer

Le futur m’excite à nouveau, probablement l’air du printemps, peu importe la raison vraiment. Laisse ta curiosité générer l’impatience, après tout, tu es dans le mouvement dans l’avancement, c’est toi qui l’a dit! Te revoilà en train de préparer un coup? Et si ça marchait? Je m’arrête pour admirer la vue, les possibilités infinis qui brillent dans le firmament, comme une mer de promesses inassouvies.

Il me manque quelque chose, je l’ai sur le bout de la langue, mais quoi? Invente l’horizon d’une réponse.

Rien de nouveau sous le soleil? À moitié vrai. Invente, une nouvelle cible, un crime, vite, que je tombe au néant de par la loi humaine*. As-tu fais tes devoirs? Oui maman. À moitié vrai. Si je les avais vraiment fait, je ne serais pas là à écrire sur le fais que je prépare quelque chose, je serais déjà en train, je serais dans le faire n’est-ce pas? Mes devoirs, je faisais le fier en les mettant de côté, aujourd’hui, ça me rattrape, me voilà au pieds du mur d’une certaine façon. Les murs, ne sont-t-ils pas là pour tester notre détermination, à quel point nous voulons vraiment quelque chose? Alors? De nouveaux plans, surtout ne pas lésiner sur les détails. Ensuite? Pratique et répète (et vice versa). Et après? Exécute! Et embrasse les conséquences! Alléluia!

Maintenant, que tu as moins de temps à perdre, utilise tes ressources, ton énergie à l’évolution. ÉVOLUTION: Robert? Et tac! Transformation graduelle et continuellemerci mon p’tit! Dans le fond, il s’agit de l’accomplissement de ta quête non? C’est pas rien!

Et garde bien la cible en vue, ne te laisse pas distraire par les entourloupettes du système qui tentera, par autant de façon, de t’enfirouaper, de te démontrer, avec une logique implacable (la logique est toujours implacable) l’impossibilité de ton projet. Tu es en proie à la re-capturation de l’esprit-naïf des premières fois, l’esprit du débutant comme dise les bouddhistes.

On parle de détachement chez eux aussi, comme se détacher de toute classification, de titre, de reconnaissance, de médaille, de record de vitesse, STOP! Me voilà déjà plus léger, c’est déjà ça.

Je suis dans l’expérimentation, je savoure l’expérience. Je me mets volontairement dans des situations inconfortable juste pour voir. TOTALEMENT!

Je fais confiance à mon intuition (c’est mon côté féminin) ça te dérange? Intéressant! Je me rebelle contre mes propres inclinaisons, je suis merveilleusement imparfait.

Un papillon me montre le chemin dans sa trajectoire ératique, mais précise, j’admire la beauté de l’éphémère.

Je suis dans l’impondérable.

Ensuite?

Enveloppe-toi dans ton rêve. Accroche-toi à ton rêve.

J’ai 5 ans, je suis sur un vélo géant, je réussis à garder l’équilibre, mais je dois contrôler ma joie, mon excitation, je ne dois pas me laisser distraire par trop de bonheur, sinon c’est la chute.

PERSÉVÈRE.

Et puis, il y a le coeur.

Il faut bien qu’il batte.

La mesure incommensurable du temps.

*Rimbaud, Une saison en enfer

L’Extase d’être vivant

Et puis, il y a Joseph Campbell, professeur, écrivain, orateur, anthropologue et mythologue américain, mieux connu pour ses travaux en mythologie comparée et en religion comparée, Le Héros aux mille et un visages (1949), est un de ses livres les plus connus, son mantra,  « suivez votre bonheur » (Follow Your Bliss) est une des leçons les plus importantes que vous devez apprendre et intégrer dans votre cœur humain fatigué, de préférence avant de mourir.

La plupart d’entre nous seront d’accord que le bonheur n’est pas un lieu ou une destination, tous les lieux sont temporaires, situationnel. Le bonheur ne peut qu’être qu’un voyage, un éveil constant.

Joseph Campbell prend ce soi-disant-bonheur à un niveau supérieur, en transformant notre race post-postmoderne fatigués dans une quête de retour à notre version originale. Une aventure? J’embarque!

Parce que toute découverte n’est vraiment qu’une re-découverte de choses que nous savions à la naissance mais que nous avons réussi à oublier en cours de route.

En tant que tel, nous sommes toujours étudiants, toujours avides et curieux et débutants.

La philosophie du “Suivez votre bonheur” de Campbell fut inspirée par un personnage, Babbitt, issu de la nouvelle éponyme de Sinclair Lewis, qui dans la dernière page du livre, se lamente :

De toute ma vie, jamais je n’ai fait une seule chose que j’ai réellement voulue ! Je ne crois pas avoir accompli quoi que ce soit si ce n’est d’avoir réussi à subsister. Je me rends compte que je n’ai pas fait la moitié du quart des choses qu’il m’ait été possible de faire. Eh bien, peut-être accomplirez-vous plus de choses. Je n’en sais rien. Mais j’éprouve une sorte de plaisir honteux de savoir que vous saviez ce que vous vouliez faire et que vous l’avez réalisé. Bien, ces gens ici essayeront de vous intimider, et de vous rabaisser. Dites-leur d’aller au diable ! Je vous soutiendrai. Prenez ce travail à l’usine, si c’est ce que vous désirez. Ne soyez pas effrayé par votre famille. Non, ni par les habitants de Zénith. Ni par vous-même, comme je l’ai été. Avancez, vieil homme ! Le monde est à vous !.

Campbell s’est également référé au concept Sanskrit de “Sat Chit Ananda” (Sat (Être); Chit (pleine conscience); Ananda (béatitude)). Il a déclaré :

J’ignore si ma conscience est totalement consciente ou non, et j’ignore également si ce que je sais de mon être est bien mon propre être, alors laissez moi m’accrocher à ma béatitude et cela m’apportera les deux.(Puissance du mythe).

Nous n’avons même pas à prendre le risque de nous lancer dans une aventure seul, les héros de tous les temps l’ont déjà fait avant nous – le labyrinthe de la vie a déjà été exploré. Nous avons juste à suivre les pas du héros, et là où nous croyions trouver quelque chose d’abominable, il se peut que nous trouvions quelque chose de divin, là où nous pensions effectuer un voyage banal, il se peut que nous arrivions au centre de notre propre existence. Et alors que nous pensions être seul, il se peut que nous soyons au milieu de plein de monde.

 Chercher du sens?

Les gens disent que nous cherchons tous à donner un sens à notre vie. Je n’y crois pas. Ce que nous cherchons, c’est l’expérience de la vie, pour que ce dont nous faisons l’expérience de manière physique ait une résonance avec ce qe nous sommes, profondément, et ainsi, nous ressentons tout l’extase lié au fait d’être vivant. C’est de cela dont il s’agit.

L’extase d’être vivant….c’est tout.

Bon vent!

Patrice

Vise la lune

Malgré le malheur du monde, le seul bonheur à espérer, c’est le bonheur de l’instant. Épuiser chaque instant qui passe sachant que nous mourront demain. Michael Edwards.

 Mettons que tu as donné la majorité, voir les meilleures années de ta vie, à une compagnie, une cause, parce que tu pensais que c’était la bonne chose à faire, on t’avait dit que la loyauté c’était une bonne valeur, par exemple, ou que ça te donnait un certain prestige de travailler pour telle compagnie. Un jour, tu vois ta compagnie faire des coupures, des restructurations, des remaniements, des coupes à blanc. Du monde qui avait 20-25 ans de service! On les remplace par des jeunes qui coûtent moins cher, faut être rentable ‘y parait.

Je me souviens de mon père, qui avait travaillé toute sa vie pour la même compagnie, se voir offrir un « package » de pré-retraite à 57 ans, pour se faire remplacer par un ti-cul tout juste sortie de l’école! Mon pauvre père a eu bien du mal à avaler la pilule. Mon père, plus loyal qu’un loyaliste, droit comme un chêne. Alors tu te mets à penser que peut-être la loyauté ça vaut pas d’la marde, que ça ne vaut plus d’la marde. Tu trouvais ça beau pourtant, être loyal, celui qui « obéit aux lois de l’honneur, de la probité, de la droiture, qui est fidèle, honnête » La compagnie elle ?: « on s’en fout de ta droiture, on s’en fout de tes beaux mots, de tes belles valeurs, nous, faut qu’ça profite! » Je ne voulais pas m’en mêlé, c’était pas évident, c’était délicat. Aujourd’hui, je me pose la question : est-ce que je suis, est-ce que j’ai été « loyal » envers moi-même? Pendant tout ce temps là, est-ce que tu t’es pas raconté des menteries à toi-même? Ça pourrait arriver que tu te perdes là-dedans, que tu finisses par croire les menteries qu’on t’as racontées. Un moment donné, la vérité, ta vérité, ça peut faire mal, c’est peut-être pas bon à dire, c’est ce qu’on dit non, qu’elle n’est pas bonne à dire la vérité? T’es peut-être devenue un « menteux » toi-même.

« Je me souviens », c’est la devise du Québec. Souviens-toi de qui tu es avant que le monde te dise ce que tu dois être.

Vise la lune.

Un jour tu te réveilles, tu réalises à quel point ça passe vite. N’attends-pas à 65-75 ans, pour avoir ta grosse vie, ta vraie belle grosse vie, d’avoir fait tout ce que tu voulais, du moins, d’en profiter d’la grosse vie, pas à la retraite, maintenant. Tu vas avoir le cœur brisé si tu ne le fais pas. Je penses bien que mon père avait le cœur brisé, un sentiment de ne plus être bon, de ne plus être utile, peut-être. Huit ans après, son cœur a sauté, littéralement. BANG!

J’ai appris de ce que j’ai vu, de ce que j’ai entendu. Si quelqu’un essaie de te dire qui tu es, ne le crois pas. Tu es le seul approbateur de ta propre intégrité, et les affirmations fait par ceux qui ne comprennent pas qui tu es, et de quel bois tu te chauffes, révèle beaucoup sur eux et très peu sur toi-même.

N’aie pas peur de te tromper, de faire des erreurs, je pense bien que c’est là que se trouve la mine d’or. Mais trompe toi avec tes propres idées, ta propre vérité, au moins tu ne te seras pas trompé en essayant d’exécuter les idées des autres, ça je pense que c’est quand même pas mal important aussi, non?

Oui je veux une belle grosse vie pleine, j’ai besoin de sentir en moi ce goût de vivre, oui, le goût, l’appétit de vivre. J’ai besoin d’être excité par quelque chose. Même si c’est imparfait, si je suis à fond dans quelque chose, je sens que je suis sur la bonne track. Si je dis « imparfait » c’est parce que j’insiste sur le fait de ne pas attendre les conditions parfaite pour entreprendre quoi que ce soit. J’ai besoin de chercher du sens, j’ai besoin de faire du sens, pour utiliser une formulation anglaise, « faire du sens » ça sonne bien, ça dit ce que ça dit, comme fabriquer du sens, produire du sens, ça fait du sens? Pour moi, pas pour les autres.

Je me dois d’être honnête avec moi-même. C’est la raison pour laquelle je suis vivant. Comment je me sens si je raconte des menteries à quelqu’un pour lui plaire? Je me sens comme un traître, rien de moins. Est-ce que j’aime ça, me sentir comme un traître? Non. Who cares? Moi. Alors, peut-être vaut mieux que je me taise? Non, mais choisis tes batailles, c’est tout.

Je sais, on est rempli de la crap des autres. Ça commence de bonne heure les trucs qu’on nous rentre dans la caboche. En plus, tout le monde a des opinions sur tout, des fois, des opinions basés sur des impressions superficielles, des trucs qu’ils ont entendus à la radio, la télé. Alors tu avances, agrémenté de tes « propres » opinions dans tes bagages, tu t’y cramponnes comme si c’était une fondation vitale de ta propre réalité. Même que des fois, tu es prêt à les défendre. C’est extrêmement désorientant de ne pas avoir d’opinion aujourd’hui, de simplement dire « je ne sais pas », mais c’est infiniment plus gratifiant de comprendre que d’avoir raison.

Travail sur ce que tu aimes, et fais-le souvent. Qu’est-ce qui te propulse du lit le matin, qui te donne le goût de bouger ta carcasse?

La vraie magie se déploie dans la construction de ton caractère, et de ta destiné.

La fleur n’éclot pas du jour au lendemain.

ça prend le temps que ça prend.

 

Rien de nouveau sous le soleil?

Qui profite de quoi de qui?

Et moi?

Moi, je veux bien profiter du printemps qui ne voyait l’heure de venir, tout simplement.

Avant l’automne.

Carpe Diem!