Dire le souffle enfoui en nous

j’ai perdu un peu l’accès aux démesures
mais il en reste quelques mots
frappés dans des images sonores

 

du temps et un certain désespoir
car dans la rumeur urbaine on cite
tous ses efforts à survivre comme
étant des effets de fiction
ce que l’envie de création persiste à dire
c’est le souffle enfoui en nous
des paroles comme un cinéma parlant
des apparences
des montagnes
du gestuel dans les yeux
la vraie nature des effervescences
puisqu’il est possible de retenir
les scènes sur l’écran en ellipse
j’ai remonté certains fragments
j’ai perdu un peu l’accès aux démesures
mais il en reste quelques mots
frappés dans des images sonores

 

Claude BEAUSOLEILDans la matière rêvant comme d’une émeute

 

Dire le souffle enfoui en nous

j’ai perdu un peu l’accès aux démesures
mais il en reste quelques mots
frappés dans des images sonores

du temps et un certain désespoir
car dans la rumeur urbaine on cite
tous ses efforts à survivre comme
étant des effets de fiction
ce que l’envie de création persiste à dire
c’est le souffle enfoui en nous
des paroles comme un cinéma parlant
des apparences
des montagnes
du gestuel dans les yeux
la vraie nature des effervescences
puisqu’il est possible de retenir
les scènes sur l’écran en ellipse
j’ai remonté certains fragments
j’ai perdu un peu l’accès aux démesures
mais il en reste quelques mots
frappés dans des images sonores

 

Claude BEAUSOLEILDans la matière rêvant comme d’une émeute

 

Grand Hôtel des Étrangers

écrire vivre et aimer

dans le désir infini du visage du temps.

 

Il nous faut témoigner avec grandeur de notre perte

partir sur les chemins du monde

laissant des traces sans retour

là dans le noir brûlé des choses

malgré la blancheur qui nous habite

aller au loin aller dans les mots charcutés

les sons rauques et les mixtures du néant

il nous faut tout prévoir tout nommer

tout reprendre des mémoires

où s’écroulent nos âmes

en renaissances aux poudroiements légers

entre les sentiments et les cités

départager les cimes liées aux urgences

par l’exacte beauté des meurtrissures

une lumière cristalline défenestrant les voix

diffuse les espoirs d’un chant

d’un si calme chant si dense

redevenu imaginable sachant

qu’il nous faudra tout perdre

tout refaire et créer

découvrir des gouffres

rêver sans illusion

et sans se taire aller

au loin à l’horizon

écrire vivre et aimer

dans le désir infini du visage du temps.

 

Claude Beausoleil Grand Hôtel des Étrangers, poème liminaire