Mon premier Ironman (suite)

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Le Grand jour

3h30, le réveil sonne. C’est aujourd’hui que ça se passe. Je fais ma routine du matin, je ne change rien, yoga, méditation. Grisnoula prépare les smoothies et autres bouteilles pour la journée. Le marquage est à 5h. Le départ de ma vague à 6h54. Pas question de se précipiter. Il fait chaud et humide, je m’attendais à plus froid. Il ne pleut pas, pas encore du moins. C’est parfait. 2 hommes dans la soixantaine se font marquer en même temps que moi. Je les remercie de me faire sentir jeune. On rigole. Me voilà marqué, 2587 sur les bras et 50 sur un mollet (c’est mon âge). Je vais préparer ma monture, gonflage de pneu, remplissage de bouteilles, gèles, bars et tutti quanti. Le tempo est bon. C’est parfait. Nous allons tranquillement vers la zone de départ. Il n’est pas encore 6h, ça me laisse du temps pour me relaxer. Rien d’autre à faire de toute façon. On se trouve une place sous un arbre en face des toilettes chimique ou les portes claques les unes après les autres. Beaucoup de monde, beaucoup de bruits, j’ai hâte d’être dans l’eau, là où tout est calme et presque volupté. J’enfile tranquillement ma combinaison Isothermique, et nous avançons vers la plage. Boum-boum-boum-boum-boum-boum (ça c’est mon cœur qui bat). Cérémonies protocolaire, départ des pros – c’est le moment de dire au revoir à Grisnoula non sans émotion. On se voit à l’arriver dans moins de 17h. Et voilà. La plage est bondée. On avance doucement en serpentin, l’heure est solennelle. J’ai finalement accès au lac. Je vais me réchauffer. J’ai au moins une quinzaine de minutes encore. L’eau est bonne et fraîche. Je sors pour me diriger vers l’arche du départ, c’est comme une continuité. Ces dernières minutes me semble une éternité. J’entends des cris. Je regarde vers la foule si je ne vois pas Grisnoula, pas de Grisnoula. La marche est sérieuse. On ne rigole plus devant l’ampleur du défi qui nous attend. La journée va être longue. Je me tiens à l’extrémité gauche pour le départ pour éviter les coups de pieds et autre accrochages possibles.

Et sonne la trompette

Me voilà parti, me voilà enfin dans le feu de l’action de mon premier Ironman. Me voilà dans l’eau avec ma bonne vieille respiration, les bulles, la bonne vieille cadence. 1 et 2 et respire et 1 et 2 et ainsi de suite. Le ciel, les nuages, la montagne impassible, les bulles, les casques multicolores. Ma tâche est claire comme l’eau du lac Supérieur : je dois simplement nager, mon corps sait ce qu’il a à faire. Je prends un rythme, c’est comme une musique, je sors la tête, la montagne le ciel et je replonge, les bulles, je pense : longue brassée, longue brassée, attrape l’eau, relaxe, puissance, go-go-go! Je ne pense pas (encore) à la distance, c’est mon plan, j’ai décortiqué le tout en petite partie, à chaque petite étape franchie, c’est comme une petite victoire, ça me rapproche de plus en plus du but. Ainsi, la portion nage se compose de 3 petits km plus un petit 800 m. les derniers mètres étant encourageant en soit. On entend la voix de l’animateur maison, les cris de la foule etc…

Mes pensées se dirigent vers mes jambes, je les active tranquillement pour le vélo, je pense à mon sac de transition, j’ai bien visualisé ou il est. Je sors de l’eau, une autre petite victoire, me voilà sur la terre ferme, c’est du solide, je suis dans les temps.

Le vélo

Et c’est partie pour le vélo! 4 petites sorties de 45 km, soit 2 boucles de 90. C’est tout! Je suis dans une position familière, j’ai roulé des centaines de fois, mon corps sait ce qu’il a à faire. Rien de nouveau sous le soleil, qui ne se montrera pas trop d’ailleurs pendant les 8 prochaines heures. Je dois maintenant penser à m’alimenter, à m’hydrater, je dois rester concentrer tout le long et bien gérer tout ça. Et voilà la pluie. Je ne dois pas me laisser démonter par ça, garde le morale me dis-je, me voilà devenue mon propre coach, mon propre directeur sportif. Pousse assez pour ne pas avoir froid, mais pas trop pour ne pas te casser. Reste sur cette ligne, garde un bon rythme, ne traîne pas. Le cut-off est à 17h30, ça serait vraiment bête de ne pas pouvoir terminer à cause du cut-off. Ça sera mon seul stress sur le vélo. Tout peu arrivé. Je reste positif. La route est mouillée je demeure prudent. J’élimine toute pensée négative. Sur le bord de la route, des crevaisons, des gens en hypothermie, des accidents. J’essaie de ne pas me laisser affecter par ça. Le vent se lève. Et un petit 45km et un autre et ainsi de suite. La pluie s’arrête juste avant ma transition pour la course. Je suis plein de reconnaissance. Me voilà en train de remercier tous les saints du ciel. Nous allons courir au sec. Halleluia!

La course

Grisnoula et mes enfants sont à l’arrivée du vélo. Ça me donne un bon coup de chaleur au cœur. 45 minutes avant le cut-off, je respire. Plus que 42.2 km. 2 petites boucles de 21 km et quelques poussières. Aller 10.5 et on revient 10.5, et rebelote. Mon attention est sur mes jambes. Elles tiennent le coup. Et hop un orage en partant, et pourquoi pas. Et voilà les pieds mouillés, je commence à être habitué, sauf que là, le déplacement se passe par les pieds. Bon on ne va pas en faire un plat. Il ne fait pas froid, c’est toujours ça. Je décide de marcher aux stations, je prends de l’eau et quelques bananes – j’ai 2 bouteilles à ma ceinture avec de l’électrolyte, ça devrait aller. Le cardio est bon, je me maintiens entre 135 et 140 ppm. C’est parfait. C’est mon rythme. Je me concentre pour rester en contrôle. Je dépasse pas mal de monde, ça remonte le moral. Et hop la première boucle. Je croise la ligne d’arrivée, là, ça donne un coup. Tout le monde me félicite, ils pensent que j’ai finis. Mais non, juste avant de franchir l’arche de l’arrivée, je tournes à droite. Et on repart pour la 2ième boucle! Je reviens dans une heure criai-je en dedans de mon for intérieur. Et  boom la noirceur. Les visages, les masques de douleurs, c’est comme un film d’horreur. Ils ont installés des lampadaires. Je cours d’un point de lumière à un autre. C’est comme un jeu. Ça fait passer le temps. Je dois faire un effort plus grand pour rester concentrer. Le mental se fatigue aussi. Relaxe. Demain ça fera partie des souvenirs. Et voilà le dernier droit. On rentre à la maison. Les jambes tiennent bon. Quelques ampoules à cause de l’orage du départ, mais c’est tout à fait soutenable. J’entends au loin, les voix de l’arrivée. Je commence à penser : je dois profiter de ce moment-là, je dois savourer cette victoire au plus profond de mes fibres. Ça fait trop longtemps que je rêve de ce moment, je ne dois pas passer à côté! Je vais m’agenouiller juste en dessous de l’arche, ça sera beau ect….reviens, reste concentrer quand même, et si tu te tordais un genou, ou une cheville dans le noir? Reviens ne te perds pas dans les abîmes du rêve! La mise en scène est prête. Tu vas taper toutes les mains le long du parcours, en arrivant tu vas bien écouter l’annonceur prononcer ton nom, scander que tu es un Ironman! Tu t’agenouilleras et après on verra. Me voilà sur la ligne d’arrivée, je respire à fond! OH MY GOD! OH MY GOD! Je tape toutes les mains qui se tendent BRAVO! BRAVO! OH MY GOD! Quelle délivrance! La petite montée devant l’arche, l’hôtel des écorchés. Je m’incline. Je m’agenouille tel que prévue. Je me relève péniblement, mais je me relève tout de même.

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Et voilà! C’est comme ça que ça s’est passé. C’est comme ça que je suis devenu un Ironman.

À cet instant même, j’avais complètement oublié que je venais de me taper 3.8km de nage, 180km de vélo et un marathon pour couronner le tout.

L’intensité de ma joie venais d’effacé toutes mes petites douleurs de mortel. Après tout, ne venais-je pas de me faire sacrer Ironman?

Carpe Diem

Patrice

 

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Mon premier Ironman

Lorsque vous entrez dans vos plus grands défis, vous aurez le choix soit de rester concentré sur toutes les choses inutiles qui vous entourent soit de vous concentrer pleinement sur l’exécution de votre meilleure performance. Terry Orlick, En quête d’excellence.

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C’est vendredi, le jour du check-in des athlètes, le dernier jour, pour le check in. Nous partons de Montréal pour Mont-Tremblant vers 11h. Nous avons jusqu’à 16h pour rouler 130km. En masse de temps. On voit l’heure de sortir de Montréal, pour ceux qui ne sont pas d’ici, Montréal l’été, c’est un chantier de construction. C’est toujours une épreuve de rouler en voiture à Montréal. La stratégie du week-end n’est pas compliqué, rester calme et concentré. Pas trop compliqué mais pas si facile à appliquer. Je ne suis pas encore un Ironman, je suis humain, des fois trop. Il nous reste si peu d’étape à franchir, et un million de choses qui me traverse l’esprit. Tout peut arriver. Et si on ne peut pas y arriver d’ici 16h? Dans le guide de l’athlète y a un numéro. Il est ou le guide? Dans mon sac. J’ai mon sac à porter de main. Tout ce que je dois faire pour le moment, c’est  de garder les yeux sur la route et de rester calme. Sans trop le savoir, cette petite phrase allait devenir mon mantra du week-end, avec quelques variantes, mais ça allait tourner autour de concentre toi et relaxe!  Ça roule enfin, sur la 15 Nord. Mont-Tremblant here we come! Deux heures plus tard, nous voilà dans une autre file d’attente mais pour le check-in des athlètes. Je suis beaucoup plus calme, relativement plus calme. Nous nous rapprochons de la ligne de départ, qui est l’objectif # 1 : me présenter à la ligne de départ, prêt et en santé. Check-in done! Ah! Que je respire, ah! Que me voilà maintenant plus détendu. Me voilà taggé officiellement comme athlète pour l’Ironman de Mont-Tremblant. Détendu? En apparence, à l’intérieur, il y a un volcan prêt pour l’éruption. Il fait beau, il fait chaud, quoi de mieux qu’une petite séance de nage pour se remettre en place. Nous apportons nos valises à l’hôtel, et exécutons ce plan. En gros ce qu’il nous restera à faire c’est de se rendre à la réunion des athlètes à 19h et de préparer lu vélo et les special needs bags pour samedi, entre 12h et 16h. Je travaille pour ne pas me laisser impressionner par l’ampleur de la chose. Je me répète que je suis privilégié de pouvoir vivre cette expérience extraordinaire, et que je suis sur le point de réaliser un rêve que je nourris depuis 5 ans. Nous sommes maintenant si prêts. C’est comme si je m’apprêtais à entrer dans le sillon d’une tornade, ça fait peur, je ne le cache pas, mais c’est là que je dois aller, je dois maintenant vivre le défi, vivre en plein cœur du défi, je dois maintenant goûter l’expérience dans sa pleine saveur, et je suis pleinement reconnaissant d’avoir cette opportunité unique. Il n’y aura jamais 2 premiers Ironman. Je suis pleinement conscient que je dois goûter cette expérience et je n’ai pas l’intention de laisser de miette.

De la pluie pour dimanche

Il n’y a pas ou rarement de condition idéale en triathlon comme dans la vie d’ailleurs. De toute façon je suis blindé, je suis résolu à ne pas me laisser démonter par les conditions externes. Pluie, chaleur, vent, veau vache cochon, on y a goûté. Et on va y goûter! Tu dois te nourrir que de pensées positives, point. On y est presque. À la réunion, on se prépare pour des scénarios catastrophe, façon de parler. Des si mettons, des advenant le cas. De la brume sur le lac, des éclairs, une pluie torrentielle etc… hors de question de faire un trois-quart de parcours, je serais vraiment déçu. À ce niveau-là, c’est en dehors de mon contrôle. Allons, respire, relaxe, écoute, arrête de faire non de la tête, ce n’est qu’une possibilité, un plan B. il fait beau il fait chaud, on fera avec ce qu’on aura point. Dimanche je serai un Ironman. Qu’il mouille ou qu’il fasse tous les temps. Allons remplir nos sacs, et se reposer, c’est capital. Surtout, ne pas laisser entrer le doute s’il frappe à ma porte.

Je vais me concentrer pleinement et faire du mieux possible, étape par étape. Le reste, je ne vais pas m’en préoccuper. J’ai un travail à faire, je suis capable de le faire.

J’ai avec moi un livre formidable que m’a référé Grisnoula, En quête d’excellence, Gagner dans le sport et dans la vie grâce à l’entraînement mental. C’est formidable, c’est de Terry Orlick. Il a travaillé avec des athlètes professionnels et des champions olympiques comme conseiller. C’est vraiment bien ce livre, et je le conseille à tout le monde, même si vous n’êtes pas sportif. C’est ce livre qui était avec moi les derniers jours qui ont précédé mon Ironman. Le choix de l’excellence : j’en ai déjà parlé dans ce blogue, travailler à développer mon potentiel, qu’est-ce que je peux faire à chaque jour pour m’en rapprocher, c’est un processus, une démarche, une quête qui me fascine, qui m’allume, qui m’inspire à tous les niveaux. Je vais sûrement vous en reparler de ce livre.

Les derniers mots

Dans mon carnet de notes voici les derniers mots que j’ai écrits avant le départ :

La croyance est mère de la réalité. L’excellence est un état d’esprit. T. Orlick

CONCENTRATION.

CONTRÔLE DES DISTRACTIONS.

CONCENTRE – RELAXE.

POUVOIR CORPS – ESPRIT.

JE PEUX.

Ainsi soit-il, et vogue la galère!

Le lendemain, j’amène mon vélo au pro-shop pour un réglage pré-course. Nous allons vérifier les derniers détails pour les transitions. 14h on récupère le vélo, on amène le tout dans la zone de transition, les sacs sous la tente.

Voilà, prêt ou pas prêt on y va.

Il n’y a plus rien à faire. Tout est prêt pour le grand départ.

Tic-tac-tic-tac-tic-tac….ma vie est un compte à rebours. C’est comme ça.

Oui demain je serai un Ironman.

Patrice

(à suivre)

 

 

 

 

 

 

Le chant de la nature éphémère

lève-toi quand ton fil se mélange à la carte du ciel.

Philippe Petit, Le traité du funambule

Pratique juste, attitude juste, compréhension juste.

Après les cris, après les pleurs, plus rien. Silence, le silence plein les oreilles. Aucune fuite possible. Je suis toujours vivant, c’est déjà ça. Ensuite, se relever. Déjà vu. Faut aimer répéter faut croire. Je respire, mon cœur, mon petit cœur, ce qu’il faut endurer. Je suis vivant, rien d’extraordinaire, c’est pas ma faute, je n’y suis pour rien, vraiment. Je m’y étais habitué, comme on s’habitue à tout, même d’être vivant. J’avais perdu de vue la fragilité, la fugacité, ce chant de la nature éphémère. Ma vie, tenir le pas gagné. Silence, on ne tourne plus. C’est la vraie vie. De toute façon, personne ne vas en sortir vivant. Les riches, les pauvres, les bons, les mécréants, les pure laine les bâtards, c’est pas négociable. La vraie vie sans tambour ni trompette, pas de médaille, pas de mentions d’honneur, rien. Anonyme. Cette course de chien savant, le temps l’emportera. Je mettrai ma fierté de côté, mes petites glorioles d’artiste emporté.

Se consumer, sans laisser de traces.

Voilà l’action, créer à l’intérieur de toi-même ce sentiment de beauté, de libération, d’infini, c’est tout, le reste sera des produits dérivés, de la valeur ajoutée.

C’est pas la blessure que la lumière pénètre.

Rumi

Je n’aurais jamais cru être aussi heureux de marcher à nouveau.

Rien d’extraordinaire à ça?

Quand même.

Je dois continuer à marcher alors.

Franchir ma ligne d’arrivée.

Ma volonté intact, me mène là où je dois aller, et chaque pierre sur la route, est précieuse pour moi.

Si votre pratique est bonne, peut-être en serai vous fier. Ce que vous faites est bon, mais quelque chose y est rajouté. La fierté est de trop. L’effort juste consiste à se défaire de ce qui est de trop.

Shunryu Suzuki, Esprit zen esprit neuf

Pour ne pas tomber, c’est pour ça, pour ne pas rechuter, pour vivre comme un homme debout.

Le “bon” vieux temps est volatile, et cette fleur qui sourit aujourd’hui sera en train de mourir demain.

Carpe Diem

Patrice

Je suis un naufragé sur l’île de mes rêves

Paul Huet "papa et le funambule", 2011, Other/ Multi disciplinary, pencils,inks,computer
Paul Huet « papa et le funambule », 2011, Other/ Multi disciplinary, pencils,inks,computer

Le futur m’excite à nouveau, probablement l’air du printemps, peu importe la raison vraiment. Laisse ta curiosité générer l’impatience, après tout, tu es dans le mouvement dans l’avancement, c’est toi qui l’a dit! Te revoilà en train de préparer un coup? Et si ça marchait? Je m’arrête pour admirer la vue, les possibilités infinis qui brillent dans le firmament, comme une mer de promesses inassouvies.

Il me manque quelque chose, je l’ai sur le bout de la langue, mais quoi? Invente l’horizon d’une réponse.

Rien de nouveau sous le soleil? À moitié vrai. Invente, une nouvelle cible, un crime, vite, que je tombe au néant de par la loi humaine*. As-tu fais tes devoirs? Oui maman. À moitié vrai. Si je les avais vraiment fait, je ne serais pas là à écrire sur le fais que je prépare quelque chose, je serais déjà en train, je serais dans le faire n’est-ce pas? Mes devoirs, je faisais le fier en les mettant de côté, aujourd’hui, ça me rattrape, me voilà au pieds du mur d’une certaine façon. Les murs, ne sont-t-ils pas là pour tester notre détermination, à quel point nous voulons vraiment quelque chose? Alors? De nouveaux plans, surtout ne pas lésiner sur les détails. Ensuite? Pratique et répète (et vice versa). Et après? Exécute! Et embrasse les conséquences! Alléluia!

Maintenant, que tu as moins de temps à perdre, utilise tes ressources, ton énergie à l’évolution. ÉVOLUTION: Robert? Et tac! Transformation graduelle et continuellemerci mon p’tit! Dans le fond, il s’agit de l’accomplissement de ta quête non? C’est pas rien!

Et garde bien la cible en vue, ne te laisse pas distraire par les entourloupettes du système qui tentera, par autant de façon, de t’enfirouaper, de te démontrer, avec une logique implacable (la logique est toujours implacable) l’impossibilité de ton projet. Tu es en proie à la re-capturation de l’esprit-naïf des premières fois, l’esprit du débutant comme dise les bouddhistes.

On parle de détachement chez eux aussi, comme se détacher de toute classification, de titre, de reconnaissance, de médaille, de record de vitesse, STOP! Me voilà déjà plus léger, c’est déjà ça.

Je suis dans l’expérimentation, je savoure l’expérience. Je me mets volontairement dans des situations inconfortable juste pour voir. TOTALEMENT!

Je fais confiance à mon intuition (c’est mon côté féminin) ça te dérange? Intéressant! Je me rebelle contre mes propres inclinaisons, je suis merveilleusement imparfait.

Un papillon me montre le chemin dans sa trajectoire ératique, mais précise, j’admire la beauté de l’éphémère.

Je suis dans l’impondérable.

Ensuite?

Enveloppe-toi dans ton rêve. Accroche-toi à ton rêve.

J’ai 5 ans, je suis sur un vélo géant, je réussis à garder l’équilibre, mais je dois contrôler ma joie, mon excitation, je ne dois pas me laisser distraire par trop de bonheur, sinon c’est la chute.

PERSÉVÈRE.

Et puis, il y a le coeur.

Il faut bien qu’il batte.

La mesure incommensurable du temps.

*Rimbaud, Une saison en enfer

Nous faisons naufrage, non pas sur nos rêves

Nous faisons naufrage, non pas sur nos rêves, mais sur notre incapacité à rêver avec assez de force.
Ernst Jünger, Eumeswil, Folio, traduction Henri Plard, P. 527

Renverser la tendance à devenir des adultes rigides, fermés, arrivées, peureux, frileux, c’est un travail quotidien.

Considère toi comme un sujet actif plutôt qu’un sujet passif et objectif. Ça veut dire que tu es la force active. Tu peux faire, influencer, changer peu importe ce que tu veux. C’est une question de croyance, si tu crois que tu peux devenir la personne que tu veux devenir, tu deviendras cette personne. En fait le monde prend la dimension de ta vision, la beauté est dans les yeux de celui qui la vois.

Assumer avec assez de force que tu es ce que tu crois dans le fin fond de ton toi-même. Cultive ton comportement en accordance avec cette vision, sa façon d’opérer, sa façon d’approcher les choses, et éventuellement, dans un avenir plus ou moins rapprocher, l’union se fera. Tu seras cette personne que tu avais imaginée.

Je crois en la bonté de l’homme. L’être créatif est bon. Il va regarder la multitude d’option.

Je peux créer ma propre réalité, mes propres solutions. Mes pensées affectent mon attitude, qui en retour affecte mon comportement, pour fermer le cercle, mon comportement va affecter mon attitude, et vice-versa.

Non je ne lâche pas le morceau. Malgré la pluie, malgré les gens moroses, les « réalistes » les « dententeurs de faits », les « statisticiens » les « têtes carrées », la mienne est ronde, comme l’univers. Je suis dans la mouvance, la résilience

Je refuse le statu-quo, les pensées prêtes à porter, je sais que je détiens la solution. Ça ne vient pas tout seul, rien à voir avec la pensée magique. Il y faut de la volonté, il y faut de la détermination. Vouloir apprendre les habiletés nécessaires pour le voyage. N’arrête jamais de chercher, n’arrête jamais de pensée à des solutions meilleures.

Je ne suis pas qu’un code génétique, un numéro. Ça serait facile de suivre la majorité bien pensante, les détenteurs de « gros bon sens », le sens commun, ordinaire, c’est à dire la capacité de juger sans passion et sans subtilité intellectuelle (Webster): « le gazon est vert, le ciel est bleu, la mer est calme, farme ta gueule pis rame! » facile de dire, « je suis fait comme ça, je n’y peux rien », facile de rester assis sur son « steak », de tenir ça mort. C’est en cherchant que tu vas générer des d’options, que tu vas trouver.

Poses des questions, ignore les faces irrités, les blasés qui savent tout, ceux qui n’ont plus rien à apprendre.

Courage, curiosité, persistance, et prends des notes, accumule des donnés, des expériences. Recherche la vraie valeur d’une expérience, le processus pas le résultat. Le monde est obsédé par les résultats, 2 + 2 = 4, c’est entendue, c’est comme ça, on n’en parle plus, dis-moi combien tu fais je te dirai combien tu vaux, logique non? Jusqu’à ce quelqu’un arrive en disant que 2 et 2 font 5 ou poisson, et foute le bordel dans l’ordre établi. Et les dieux rigolent en nous regardant nous agiter avec nos crayons nos règles, nos calculatrices et vogue la galère.

Porte attention sur ta peur, ta peur de l’échec, ta peur du succès, mais oui une telle peur existe aussi, c’en est une insidieuse. C’est probablement une des raisons qui font que tu te tiens dans une zone plus ou moins neutre, sans trop prendre de risque, et que tu regardes tranquillement passer les minutes de ta vie qui s’écoule sans espoir de retour. Grandir est tout. Mais ça peut seulement advenir par l’expérience, dans l’investissement sur toi-même si je peux dire.

À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. La valeur de chaque expérience est proportionnelle à l’engagement physique, émotionnel, mental, spirituel que tu y as mis, que tu y as investis. Prendre un raccourci, te priverais de la riche texture que présente l’effort dans l’expérience.

J’ai la passion de l’expression de moi-même dans tout ce que je fais, j’y goûte les singulières mesures.

Je privilégie le particulier au général, l’individualité au commun, l’extraordinaire à l’ordinaire, la partie sur le tout, plus vivante, un pas de l’autre côté me rend profondément malheureux.

On court le risque de rater ce qu’il y a de meilleur dans la vie si l’on ne sait pas trouver l’occasion de vibrer, si l’on n’apprend pas à se hisser un peu au dessus de là où l’on se situe ordinairement.

Un jour, c’est inévitable, tu vas rencontrer cette hostilité d’une populace qui n’aime pas le fait que tu sois différend, que tu ne sois pas comme il faut.

Ne te laisse pas écrasé par cette majorité, les « monsieurs et madames tout le monde » qui détiennent le « gros bon sens » parce que tu ne penses pas pareils, parce que tu n’as pas la même couleur de cravate, les mêmes manières.

Je parle des faux-sérieux, les perroquets qui répètent de travers ce qu’ils entendent, les bouffons détenteurs de faits, les logiques, rationnels, raisonnables, les favoris. Ils te diront sûrement: comment peut tu croire en la bonté de l’homme à une époque ou la corruption, la terreur et la bêtise règnent en maître? Mais toi, toi qui a l’esprit assez fier pour refuser de te développer suivant un schèma invariable, tu n’auras que ton sourire pour répondre, tu ne pourras tout simplement pas l’exprimer autrement, tout simplement parce que vous ne parlez pas le même langage, et ce sera ta victoire sur la tyrannie de la majorité.

Affronter la durée.

Patrice

 

Bénies sois mes excuses

J’ai pas d’argent, je ne peux donc pas démarrer une entreprise. Et même si j’en démarre une, j’ai pas de bureau, j’ai pas de clients, je suis trop timide pour appeler le monde pour leur demander quoi que ce soit.

J’ai pas de connexions ou de parents riches ou quoi que ce soit d’ailleurs.

Vision!

J’ai pas de talent. J’ai pas l’équipement adéquat. Je ne peux pas écrire un livre parce que j’ai pas d’éditeur.

Je ne peux pas faire de stand-up comique parce que j’ai peur que le monde me trouve pas drôle.

J’ai peur d’écrire un blogue  parce que ce que j’ai peur de ce que les gens pensent de moi.

J’ai peur de ne pas être assez bon, d’ailleurs, who cares about me?

Chacun de nous, peut tirer ces propres feuilles de route uniques. D’ailleurs le talent c’est quoi? Si on aime faire quelque chose, si on veut faire quelque chose, c’est une direction, c’est un indicateur.

Exécution!

Moi-moi-moi, être humanoïde à la recherche de sa propre humanité, perdu quelque part dans les méandres de l’existence, dans l’espace intersidéral! Oh misère! Oh malheur!

Bénie sois mes excuses.

Il y a toujours un écart entre « ce que j’ai maintenant » et « ce que je voudrais . »

Illumination!

L’écart  c’est toutes mes excuses. Tout ce qu’il faut pour combler l’écart, c’est d’être créatif et de travailler mon chemin à travers les excuses . Je le répète: c’est tout ce qu’il faut.

Effort!

Mes excuses sont tout simplement la feuille de route qui m’emmène de «ici» à «là».

J’ai peur du changement.

Mes excuses sont des pointeurs vers où la cible est. Il n’y a pas d’autres indications  que ma liste d’excuses. Les excuses sont le plan de ma réussite et de mon épanouissement.

Active!

J’ai une job à temps plein, je ne fais pas ce que j’aime, je sens que je ruine quelque chose en moi, quelque chose qui cherche à sortir, à s’exprimer pleinement, mais j’ai des comptes à payer, une famille à nourrir.

Le confort du chèque de paye!

Bonne raison! Vraie raison?

C’est quoi la prochaine action que je dois faire pour atteindre ce que je veux vraiment?

D’ailleurs, qu’est-ce que je veux vraiment?

J’ai une petite idée.

GO! Prochaine étape?

Mais n’importe qui peut avoir des idées!

C’est facile d’avoir des idées, les idées sont volatiles, elles viennent elles vont comme elles sont venues. Merde alors!

« Ideas are cheap. Ideas are easy. Ideas are common. Everybody has ideas….. Execution is all that matters » @CaseyNeistat

Je me prépare à faire le saut, je suis sur le bord.

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Courage!

Il y a toujours une bonne raison, et la vraie raison. En fait la bonne raison c’est souvent des conneries. Mais c’est quoi la vraie raison ?

La paresse.

Je suis paresseux,  j’aime le confort.

J’ai peur de perdre ce que j’ai.

Franchement?

Tu peux faire mieux que ça!

Tu peux faire plus que ça!

DO-MORE-DO-MORE-DO

Endurance!

Je n’ai pas le temps

C’est vraiment dur. Trouver le temps. Arrêter la télévision , se lever plus de bonne heure….

C’est vraiment dur je disais.

La magie des excuses, c’est qu’il y a toujours un moyen d’être créatif autour d’elles.

Mes excuses sont la carte de ma réussite. Nous avons tous des obstacles.

Je m’arrête ou je continue?

Voir les obstacles comme une occasion de grandir ou comme quelque chose à arrêter.

La bonne nouvelle c’est que vous avez le choix .

Je ne suis pas assez bon.

J’ai besoin d’un an de plus pour être meilleur, pour apprendre tel logiciel ,  pour avoir ma certification de yoga, pour apprendre… et les excuses vont continuer.

Je ne peux pas commencer une entreprise jusqu’à ce que ….
Tout le monde dans tous les domaines de l’histoire du monde a, à un moment donné, dit: «Je ne suis pas assez bon ».
C’est la façon dont vous surmonter cette excuse qui permet non seulement d’être assez bon, mais vous fait évoluer en la personne qui sait comment devenir assez bonne.

Ainsi, vous pouvez le faire encore et encore.

Alors?

Quoi d’autre?

J’ai pas de diplôme.

Un morceau de papier  n’est  pas un indicateur de valeur. C’est ben d’valeur mais c’est la vérité.
De plus en plus d’employés n’ont pas de diplômes d’études collégiales du tout! Ils ont des compétences que les autres n’ont pas.

Le monde change et vous devez le saisir maintenant.

Avant un étranger savait qu’il ne pouvait coopérer avec vous que si vous aviez eu ce stupide morceau de papier.
Mais maintenant, il y a beaucoup de façons de montrer que vous pouvez apporter de la valeur, même sans ce document.

Il s’agit d’atteindre, de toucher le monde quel que soit votre domaine.
Vous vous validez maintenant grâce à votre travail.

Je ne suis pas au bon endroit.
Bonne raison , mais pas la vraie raison.
La seule chose qui va amener les gens à voir votre travail n’est pas où vous vivez, mais si vous avez réellement fait le travail.

Je n’ai pas de réseau.
Construire un réseau à partir de zéro nécessite de trois à quatre heures de travail par jour. Que faire si vous avez un emploi ?
Eh bien, construire votre réseau au travail. La façon de le faire : mangé avec différente personne. Demandez de rencontrer quelqu’un pour discuter de leur travail, de leur métier. Faire une chose par jour pour aider quelqu’un sans qu’on vous le demande.

Être de service! Comment puis-je vous aider?
Un réseaux se construit de façon exponentiel et non linéaire. Une fois qu’une personne est dans votre réseau, une seule personne, alors tout le monde dans leur réseau est potentiellement dans le vôtre. Utilisez ça.

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«Je n’ai pas de réseau» est une belle excuse parce que cela signifie que si vous surmonter cette excuse, vous allez rencontrer beaucoup d’amis extraordinaires qui vont vous connaitre et qui vont vous aimer tout au long de votre carrière.

Je m’incline devant la puissance de cette excuse pour me motiver à faire de merveilleuses nouvelles rencontres.

C’est trop fou
Beaucoup de choses pourraient être «trop fou» .
« C’est trop fou » merveilleuse feuille de route. Commencez par cette phrase et encerclé-là. Ensuite, tracer toutes les routes qui partent de cet endroit.

Qu’est-ce qui est trop fou?

A-t-on changer le monde avec des actions raisonnables?

Trouver des chemins différents, voir où ils mènent. Ça ne va pas nécessairement menez où vous vous attendiez. Vous pouvez vous retrouver dans des endroits encore plus magique que vous espériez.

Je suis trop vieux.

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(Funders and Founders Notes – Too Late To Start? quarter-life crisis and… http://notes.fundersandfounders.com/post/79875850310/late-start-quarter-and-middle-life-crisis …)

In my face!

Succès!

N’oubliez pas de toujours affiner votre oreille interne de sorte que vous pouvez écouter ( et de séparer les unes des autres ) à la fois les bonnes raisons et les vraies raisons quand quelqu’un (vous y compris ) vous donne une excuse .
La plupart des gens ne font pas qu’accorder l’oreille interne. Ils croient les excuses parce que c’est facile. Parce qu’elle leur donne la permission de ne pas faire quelque chose qu’ils aiment.

Chaque excuse m’apprend sur moi-même, et me permet de découvrir des mondes entiers de possibilités surprenantes.

Nous choisissons nos excuses. Ils ne nous choisissent pas. Mais de belles choses viennent quand nous embrassons nos excuses et, comme par magie, elles se déplacent par en arrière et nourrissent la prochaine étape de nos vies.

Accomplissement!

Je vous souhaite d’avoir beaucoup, beaucoup d’excuses dans votre vie !

Excusez-moi, je dois aller travailler?

Bonne semaine!

Patrice

De zéro à héros et vice versa

Le caractère, c’est d’accepter et d’assumer ses propres responsabilités, sans faire chier le peuple.

Être juste un des chevaux de tête parmis d’autres est fatiguant, tu peux inspirer la haine, et ce qui est pire que la haine, les « mauvaises langues » qui papottent dans ton dos. Y’ a des jours, tu es considéré important par les uns, le lendemain tu es descendus par les autres. Chaque fois que tu rencontres une nouvelle personne, la bataille commence: est-ce que je suis plus fort qu’elle, plus intelligent, plus crédible, plus plus plus. Vanité des vanités, jeu soumis à l’échec, Goliath n’est jamais loin.

La période où tu luttes pour atteindre les plus hauts sommets, c’est le temps où l’expérience est riche et que tu  peux apprendre plus que tu n’as jamais appris, mais il vient un temps où tu ne peux plus supporter la tension, c’est inévitable, la chute survient à l’ homme « fort » qui n’est pas assez fort justement pour atteindre ses propres sommets.

J’ai eu la chance d’être né avec certains talents, je sais, je sens que j’aurais pu, que  je pourrais en faire plus, si d’autres chances ce seraient montrées sur mon chemin, mais ce n’est pas seulement mon histoire, n’est-ce pas l’histoire de tout le monde ? Tout le monde aurait-il pu en faire plus ? Bien que ce soit ma propre faute, ce n’est pas complètement ma faute. Je sens toujours en moi un fond de colère par rapport à la lâcheté qui m’a poussé à faire de médiocres compromis sur ce qui fut jadis une passion qui exigeait tout de moi, où je pouvais entrevoir la lumière éclairer les plus hauts sommets, où je pouvais exprimer mon originalité, encore mieux, mon individualité.

La République est en péril et je suis le lâche qui doit défendre le courage, la beauté, la conscience, et capturer ce qui pourrait être un destin héroique. Je m’efforce tant bien que mal de garder éveillé, intact ? un certain esprit créatif, des restes de sens à ma vie, le sens d’une certaine expression, d’une plus ou moins certaine croissance. Oui, ma satisfaction se trouve dans cet impalpable allégresse de grandir, et non dans un prestige social quelconque, ou tout autre titre éphémère.

Piano piano

Je sais que ce qui arrivera, sera une réaction entre, un urgent désir de m’exprimer, de découvrir mon attachement à la vie, de présever mon intégrité, et la résistance d’un réseau social mécanisé, d’idées passéistes, de platitudes et de mensonges.

C’est tout!

Carpe Diem

Patrice