Le fil de ce jour #17

Diving into the unknown

Hey human

Is there anybody out there ?

Thanks for coming out

The stage is set

Too long we’ve been apart

The Landscape #ART

The glorious awkwardness

Diving into the unknown

Catching life

It’s good to be back home

That’s all the there is

 

@P.S

 

Mon premier Ironman (suite)

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Le Grand jour

3h30, le réveil sonne. C’est aujourd’hui que ça se passe. Je fais ma routine du matin, je ne change rien, yoga, méditation. Grisnoula prépare les smoothies et autres bouteilles pour la journée. Le marquage est à 5h. Le départ de ma vague à 6h54. Pas question de se précipiter. Il fait chaud et humide, je m’attendais à plus froid. Il ne pleut pas, pas encore du moins. C’est parfait. 2 hommes dans la soixantaine se font marquer en même temps que moi. Je les remercie de me faire sentir jeune. On rigole. Me voilà marqué, 2587 sur les bras et 50 sur un mollet (c’est mon âge). Je vais préparer ma monture, gonflage de pneu, remplissage de bouteilles, gèles, bars et tutti quanti. Le tempo est bon. C’est parfait. Nous allons tranquillement vers la zone de départ. Il n’est pas encore 6h, ça me laisse du temps pour me relaxer. Rien d’autre à faire de toute façon. On se trouve une place sous un arbre en face des toilettes chimique ou les portes claques les unes après les autres. Beaucoup de monde, beaucoup de bruits, j’ai hâte d’être dans l’eau, là où tout est calme et presque volupté. J’enfile tranquillement ma combinaison Isothermique, et nous avançons vers la plage. Boum-boum-boum-boum-boum-boum (ça c’est mon cœur qui bat). Cérémonies protocolaire, départ des pros – c’est le moment de dire au revoir à Grisnoula non sans émotion. On se voit à l’arriver dans moins de 17h. Et voilà. La plage est bondée. On avance doucement en serpentin, l’heure est solennelle. J’ai finalement accès au lac. Je vais me réchauffer. J’ai au moins une quinzaine de minutes encore. L’eau est bonne et fraîche. Je sors pour me diriger vers l’arche du départ, c’est comme une continuité. Ces dernières minutes me semble une éternité. J’entends des cris. Je regarde vers la foule si je ne vois pas Grisnoula, pas de Grisnoula. La marche est sérieuse. On ne rigole plus devant l’ampleur du défi qui nous attend. La journée va être longue. Je me tiens à l’extrémité gauche pour le départ pour éviter les coups de pieds et autre accrochages possibles.

Et sonne la trompette

Me voilà parti, me voilà enfin dans le feu de l’action de mon premier Ironman. Me voilà dans l’eau avec ma bonne vieille respiration, les bulles, la bonne vieille cadence. 1 et 2 et respire et 1 et 2 et ainsi de suite. Le ciel, les nuages, la montagne impassible, les bulles, les casques multicolores. Ma tâche est claire comme l’eau du lac Supérieur : je dois simplement nager, mon corps sait ce qu’il a à faire. Je prends un rythme, c’est comme une musique, je sors la tête, la montagne le ciel et je replonge, les bulles, je pense : longue brassée, longue brassée, attrape l’eau, relaxe, puissance, go-go-go! Je ne pense pas (encore) à la distance, c’est mon plan, j’ai décortiqué le tout en petite partie, à chaque petite étape franchie, c’est comme une petite victoire, ça me rapproche de plus en plus du but. Ainsi, la portion nage se compose de 3 petits km plus un petit 800 m. les derniers mètres étant encourageant en soit. On entend la voix de l’animateur maison, les cris de la foule etc…

Mes pensées se dirigent vers mes jambes, je les active tranquillement pour le vélo, je pense à mon sac de transition, j’ai bien visualisé ou il est. Je sors de l’eau, une autre petite victoire, me voilà sur la terre ferme, c’est du solide, je suis dans les temps.

Le vélo

Et c’est partie pour le vélo! 4 petites sorties de 45 km, soit 2 boucles de 90. C’est tout! Je suis dans une position familière, j’ai roulé des centaines de fois, mon corps sait ce qu’il a à faire. Rien de nouveau sous le soleil, qui ne se montrera pas trop d’ailleurs pendant les 8 prochaines heures. Je dois maintenant penser à m’alimenter, à m’hydrater, je dois rester concentrer tout le long et bien gérer tout ça. Et voilà la pluie. Je ne dois pas me laisser démonter par ça, garde le morale me dis-je, me voilà devenue mon propre coach, mon propre directeur sportif. Pousse assez pour ne pas avoir froid, mais pas trop pour ne pas te casser. Reste sur cette ligne, garde un bon rythme, ne traîne pas. Le cut-off est à 17h30, ça serait vraiment bête de ne pas pouvoir terminer à cause du cut-off. Ça sera mon seul stress sur le vélo. Tout peu arrivé. Je reste positif. La route est mouillée je demeure prudent. J’élimine toute pensée négative. Sur le bord de la route, des crevaisons, des gens en hypothermie, des accidents. J’essaie de ne pas me laisser affecter par ça. Le vent se lève. Et un petit 45km et un autre et ainsi de suite. La pluie s’arrête juste avant ma transition pour la course. Je suis plein de reconnaissance. Me voilà en train de remercier tous les saints du ciel. Nous allons courir au sec. Halleluia!

La course

Grisnoula et mes enfants sont à l’arrivée du vélo. Ça me donne un bon coup de chaleur au cœur. 45 minutes avant le cut-off, je respire. Plus que 42.2 km. 2 petites boucles de 21 km et quelques poussières. Aller 10.5 et on revient 10.5, et rebelote. Mon attention est sur mes jambes. Elles tiennent le coup. Et hop un orage en partant, et pourquoi pas. Et voilà les pieds mouillés, je commence à être habitué, sauf que là, le déplacement se passe par les pieds. Bon on ne va pas en faire un plat. Il ne fait pas froid, c’est toujours ça. Je décide de marcher aux stations, je prends de l’eau et quelques bananes – j’ai 2 bouteilles à ma ceinture avec de l’électrolyte, ça devrait aller. Le cardio est bon, je me maintiens entre 135 et 140 ppm. C’est parfait. C’est mon rythme. Je me concentre pour rester en contrôle. Je dépasse pas mal de monde, ça remonte le moral. Et hop la première boucle. Je croise la ligne d’arrivée, là, ça donne un coup. Tout le monde me félicite, ils pensent que j’ai finis. Mais non, juste avant de franchir l’arche de l’arrivée, je tournes à droite. Et on repart pour la 2ième boucle! Je reviens dans une heure criai-je en dedans de mon for intérieur. Et  boom la noirceur. Les visages, les masques de douleurs, c’est comme un film d’horreur. Ils ont installés des lampadaires. Je cours d’un point de lumière à un autre. C’est comme un jeu. Ça fait passer le temps. Je dois faire un effort plus grand pour rester concentrer. Le mental se fatigue aussi. Relaxe. Demain ça fera partie des souvenirs. Et voilà le dernier droit. On rentre à la maison. Les jambes tiennent bon. Quelques ampoules à cause de l’orage du départ, mais c’est tout à fait soutenable. J’entends au loin, les voix de l’arrivée. Je commence à penser : je dois profiter de ce moment-là, je dois savourer cette victoire au plus profond de mes fibres. Ça fait trop longtemps que je rêve de ce moment, je ne dois pas passer à côté! Je vais m’agenouiller juste en dessous de l’arche, ça sera beau ect….reviens, reste concentrer quand même, et si tu te tordais un genou, ou une cheville dans le noir? Reviens ne te perds pas dans les abîmes du rêve! La mise en scène est prête. Tu vas taper toutes les mains le long du parcours, en arrivant tu vas bien écouter l’annonceur prononcer ton nom, scander que tu es un Ironman! Tu t’agenouilleras et après on verra. Me voilà sur la ligne d’arrivée, je respire à fond! OH MY GOD! OH MY GOD! Je tape toutes les mains qui se tendent BRAVO! BRAVO! OH MY GOD! Quelle délivrance! La petite montée devant l’arche, l’hôtel des écorchés. Je m’incline. Je m’agenouille tel que prévue. Je me relève péniblement, mais je me relève tout de même.

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Et voilà! C’est comme ça que ça s’est passé. C’est comme ça que je suis devenu un Ironman.

À cet instant même, j’avais complètement oublié que je venais de me taper 3.8km de nage, 180km de vélo et un marathon pour couronner le tout.

L’intensité de ma joie venais d’effacé toutes mes petites douleurs de mortel. Après tout, ne venais-je pas de me faire sacrer Ironman?

Carpe Diem

Patrice

 

Mon premier Ironman

Lorsque vous entrez dans vos plus grands défis, vous aurez le choix soit de rester concentré sur toutes les choses inutiles qui vous entourent soit de vous concentrer pleinement sur l’exécution de votre meilleure performance. Terry Orlick, En quête d’excellence.

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C’est vendredi, le jour du check-in des athlètes, le dernier jour, pour le check in. Nous partons de Montréal pour Mont-Tremblant vers 11h. Nous avons jusqu’à 16h pour rouler 130km. En masse de temps. On voit l’heure de sortir de Montréal, pour ceux qui ne sont pas d’ici, Montréal l’été, c’est un chantier de construction. C’est toujours une épreuve de rouler en voiture à Montréal. La stratégie du week-end n’est pas compliqué, rester calme et concentré. Pas trop compliqué mais pas si facile à appliquer. Je ne suis pas encore un Ironman, je suis humain, des fois trop. Il nous reste si peu d’étape à franchir, et un million de choses qui me traverse l’esprit. Tout peut arriver. Et si on ne peut pas y arriver d’ici 16h? Dans le guide de l’athlète y a un numéro. Il est ou le guide? Dans mon sac. J’ai mon sac à porter de main. Tout ce que je dois faire pour le moment, c’est  de garder les yeux sur la route et de rester calme. Sans trop le savoir, cette petite phrase allait devenir mon mantra du week-end, avec quelques variantes, mais ça allait tourner autour de concentre toi et relaxe!  Ça roule enfin, sur la 15 Nord. Mont-Tremblant here we come! Deux heures plus tard, nous voilà dans une autre file d’attente mais pour le check-in des athlètes. Je suis beaucoup plus calme, relativement plus calme. Nous nous rapprochons de la ligne de départ, qui est l’objectif # 1 : me présenter à la ligne de départ, prêt et en santé. Check-in done! Ah! Que je respire, ah! Que me voilà maintenant plus détendu. Me voilà taggé officiellement comme athlète pour l’Ironman de Mont-Tremblant. Détendu? En apparence, à l’intérieur, il y a un volcan prêt pour l’éruption. Il fait beau, il fait chaud, quoi de mieux qu’une petite séance de nage pour se remettre en place. Nous apportons nos valises à l’hôtel, et exécutons ce plan. En gros ce qu’il nous restera à faire c’est de se rendre à la réunion des athlètes à 19h et de préparer lu vélo et les special needs bags pour samedi, entre 12h et 16h. Je travaille pour ne pas me laisser impressionner par l’ampleur de la chose. Je me répète que je suis privilégié de pouvoir vivre cette expérience extraordinaire, et que je suis sur le point de réaliser un rêve que je nourris depuis 5 ans. Nous sommes maintenant si prêts. C’est comme si je m’apprêtais à entrer dans le sillon d’une tornade, ça fait peur, je ne le cache pas, mais c’est là que je dois aller, je dois maintenant vivre le défi, vivre en plein cœur du défi, je dois maintenant goûter l’expérience dans sa pleine saveur, et je suis pleinement reconnaissant d’avoir cette opportunité unique. Il n’y aura jamais 2 premiers Ironman. Je suis pleinement conscient que je dois goûter cette expérience et je n’ai pas l’intention de laisser de miette.

De la pluie pour dimanche

Il n’y a pas ou rarement de condition idéale en triathlon comme dans la vie d’ailleurs. De toute façon je suis blindé, je suis résolu à ne pas me laisser démonter par les conditions externes. Pluie, chaleur, vent, veau vache cochon, on y a goûté. Et on va y goûter! Tu dois te nourrir que de pensées positives, point. On y est presque. À la réunion, on se prépare pour des scénarios catastrophe, façon de parler. Des si mettons, des advenant le cas. De la brume sur le lac, des éclairs, une pluie torrentielle etc… hors de question de faire un trois-quart de parcours, je serais vraiment déçu. À ce niveau-là, c’est en dehors de mon contrôle. Allons, respire, relaxe, écoute, arrête de faire non de la tête, ce n’est qu’une possibilité, un plan B. il fait beau il fait chaud, on fera avec ce qu’on aura point. Dimanche je serai un Ironman. Qu’il mouille ou qu’il fasse tous les temps. Allons remplir nos sacs, et se reposer, c’est capital. Surtout, ne pas laisser entrer le doute s’il frappe à ma porte.

Je vais me concentrer pleinement et faire du mieux possible, étape par étape. Le reste, je ne vais pas m’en préoccuper. J’ai un travail à faire, je suis capable de le faire.

J’ai avec moi un livre formidable que m’a référé Grisnoula, En quête d’excellence, Gagner dans le sport et dans la vie grâce à l’entraînement mental. C’est formidable, c’est de Terry Orlick. Il a travaillé avec des athlètes professionnels et des champions olympiques comme conseiller. C’est vraiment bien ce livre, et je le conseille à tout le monde, même si vous n’êtes pas sportif. C’est ce livre qui était avec moi les derniers jours qui ont précédé mon Ironman. Le choix de l’excellence : j’en ai déjà parlé dans ce blogue, travailler à développer mon potentiel, qu’est-ce que je peux faire à chaque jour pour m’en rapprocher, c’est un processus, une démarche, une quête qui me fascine, qui m’allume, qui m’inspire à tous les niveaux. Je vais sûrement vous en reparler de ce livre.

Les derniers mots

Dans mon carnet de notes voici les derniers mots que j’ai écrits avant le départ :

La croyance est mère de la réalité. L’excellence est un état d’esprit. T. Orlick

CONCENTRATION.

CONTRÔLE DES DISTRACTIONS.

CONCENTRE – RELAXE.

POUVOIR CORPS – ESPRIT.

JE PEUX.

Ainsi soit-il, et vogue la galère!

Le lendemain, j’amène mon vélo au pro-shop pour un réglage pré-course. Nous allons vérifier les derniers détails pour les transitions. 14h on récupère le vélo, on amène le tout dans la zone de transition, les sacs sous la tente.

Voilà, prêt ou pas prêt on y va.

Il n’y a plus rien à faire. Tout est prêt pour le grand départ.

Tic-tac-tic-tac-tic-tac….ma vie est un compte à rebours. C’est comme ça.

Oui demain je serai un Ironman.

Patrice

(à suivre)

 

 

 

 

 

 

Au fil du temps qui file

dance me to the end of love. Leonard Cohen

On entend le son des vagues, l’incessant reflux des vagues, des rires d’enfants. Un couple sur leur chaise de plage avec au milieu un panier rempli de victuailles, discute de tout et de rien, de la jeunesse, de la vieillesse, du temps qui passe, s’échangent des souvenirs de leur enfance,  devant cette grande étendue, ils ratissent large, le livre est ouvert. Les vagues, propice aux confidences. Un groupe de jeune font leur apparition, chorégraphie de selfies, parmi eux, un jeune homme fait des acrobaties. Trois jeune filles passent chantent en harmonie, « love-love-love ». L’école est finie. Un couple s’embrasse, c’est le début de l’été, de tous les possibles. Plus tard, la jeune fille écrira sur le sable ses initiales avec celui de son petit ami, plutôt celui qu’elle espère être son petit ami, sorte de rituel, danse incantatoire,  elle prendra des photos (bien sûre) puis repartira comme elle sera venu, illusion furtive. Il regarde les enfants qui jouent avec une légère nostalgie, comme tout va vite pense-t-il. Les vagues, mouvement perpétuel, se mélangent aux souvenirs. Le soleil se couche sans se précipiter, les ombres s’allongeant à vue d’œil, regardant la mer en silence avec une douce  allégresse, présence tranquille, témoins du temps qui passe. Nous sommes merveilleusement mortel, dit-il en remplissant son verre. Un vieux couple passe, toute une vie devant nos yeux. C’est la journée la plus longue. La mer, un baume à mes petites douleurs d’homme, aux turbulences de ma conscience. Ils se lèvent ramassent leurs affaires puis s’en vont tout doucement, ils se tiennent par la main, nous sommes bien ensemble dit-elle, puis disparaissent.

On entend le son des vagues…. et si c’était la dernière fois?

Il fallait bien que je donne des nouvelles.

À bientôt

Patrice

 

 

 

Le chant de la nature éphémère

lève-toi quand ton fil se mélange à la carte du ciel.

Philippe Petit, Le traité du funambule

Pratique juste, attitude juste, compréhension juste.

Après les cris, après les pleurs, plus rien. Silence, le silence plein les oreilles. Aucune fuite possible. Je suis toujours vivant, c’est déjà ça. Ensuite, se relever. Déjà vu. Faut aimer répéter faut croire. Je respire, mon cœur, mon petit cœur, ce qu’il faut endurer. Je suis vivant, rien d’extraordinaire, c’est pas ma faute, je n’y suis pour rien, vraiment. Je m’y étais habitué, comme on s’habitue à tout, même d’être vivant. J’avais perdu de vue la fragilité, la fugacité, ce chant de la nature éphémère. Ma vie, tenir le pas gagné. Silence, on ne tourne plus. C’est la vraie vie. De toute façon, personne ne vas en sortir vivant. Les riches, les pauvres, les bons, les mécréants, les pure laine les bâtards, c’est pas négociable. La vraie vie sans tambour ni trompette, pas de médaille, pas de mentions d’honneur, rien. Anonyme. Cette course de chien savant, le temps l’emportera. Je mettrai ma fierté de côté, mes petites glorioles d’artiste emporté.

Se consumer, sans laisser de traces.

Voilà l’action, créer à l’intérieur de toi-même ce sentiment de beauté, de libération, d’infini, c’est tout, le reste sera des produits dérivés, de la valeur ajoutée.

C’est pas la blessure que la lumière pénètre.

Rumi

Je n’aurais jamais cru être aussi heureux de marcher à nouveau.

Rien d’extraordinaire à ça?

Quand même.

Je dois continuer à marcher alors.

Franchir ma ligne d’arrivée.

Ma volonté intact, me mène là où je dois aller, et chaque pierre sur la route, est précieuse pour moi.

Si votre pratique est bonne, peut-être en serai vous fier. Ce que vous faites est bon, mais quelque chose y est rajouté. La fierté est de trop. L’effort juste consiste à se défaire de ce qui est de trop.

Shunryu Suzuki, Esprit zen esprit neuf

Pour ne pas tomber, c’est pour ça, pour ne pas rechuter, pour vivre comme un homme debout.

Le “bon” vieux temps est volatile, et cette fleur qui sourit aujourd’hui sera en train de mourir demain.

Carpe Diem

Patrice

La meilleure arme c’est la connaissance

 

Thomas Edison de Archibald Abraham Anderson, 1890, National Portrait Gallery

Thomas Edison de Archibald Abraham Anderson, 1890, National Portrait Gallery

Celui qui pose une question risque cinq minutes d’avoir l’air bête, celui qui ne pose pas de question restera bête toute sa vie.

Où-quand-comment-pourquoi? Demande sans cesse l’enfant, naturellement brûlant de curiosité. Très tôt, on va lui fermer le clapet, reste tranquille, c’est comme ça, ne pose pas de question. Les premiers refus amers de nos honnêtes questions d’enfance, ont trop souvent, malheureusement, éteint notre faculté de questionner. Nous grandissons, devenons des femmes, des hommes, d’honnêtes payeurs de taxes, mais quelque part, enfoui dans le fin fond du fond, il y a toujours cette soif intarissable de connaissance. Normal non? Ça fait partie de notre ADN.

 Je désire donc je suis

Le désir c’est la fondation de l’apprentissage, la connaissance, la meilleure arme. Suffit d’établir ce que tu veux, et de ne jamais le perdre de vue. Le nord magnétique, la vision, l’idée, le résultat voulu. Tout est là, prêt à être cueilli. Tout ce que tu as à faire, c’est de travailler sur le problème. Tu connais déjà la solution, alors? Met-toi à l’ouvrage, observe la chose sous tous les angles, c’est dans la fréquentation que l’on amadoue ce qui est difficile.

 Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt.

L’esprit étroit va rester sur un point, il ne va pas en démordre, il va regarder le doigt au lieu de la lune, alors que l’esprit plus large, libre, inquisitionne, sans préjugé, il va chercher à connaître les multiples facettes d’un problème, ça se pourrait que tu t’en trouve transformé. Et alors? Pourquoi pas? Qu’est-ce que tu as à perdre? Ta personnalité étriquée? Tu y tiens? Vraiment?

Celui ou celle qui plante des nouvelles graines d’étude aujourd’hui, pourrait récolter de la connaissance demain. Je suis écoeuré de voir des gens se complaire dans le passé, qui pensent que tout ce qui doit être connu a déjà été appris.

Expérimente, essaie quelque chose de nouveau, vois ce qui se produit. Les plus grandes expériences, ce sont faites presque toujours en solitaire. L’individu, qui cherche à apprendre, essaie quelque chose de nouveau sur lui-même. Si je me trompe, je n’aurai pas blessé personne au passage. J’expérimente avec mon temps, mon argent, c’est mon travail, je suis mon propre cobaye.

Si par bonheur, ça marche, je peux le partager, en faire profiter à autrui.

Il y a plein de trucs qui se passe aujourd’hui, nous avons un accès incroyable à la connaissance plus que jamais dans l’histoire de l’humanité. La scène est pleine de personnages intéressant, inspirant, plein de nouveauté et de sens. Une parade impressionnante de choses qui vaut la peine d’être connu.

Observe, principalement les bons coups, observe les gagnants, étudie comment ils sont arrivés à ces résultats incroyables, comment ils sont arrivés à un tel succès. Observe les perdants, ça pourrait être utile d’éviter leurs erreurs. Observe les indifférents, ceux qui ne font rien, ceux qui regarde et critique la parade, ceux qui ne sont rien. Comment tu peux être différend d’eux.

Qui tu es ou ce que tu es ne veut rien dire. La plupart des hommes les plus riches ont commencé avec rien. Plusieurs d’entre eux, parmi les plus éduqués, ont passé peu de temps à l’école. Nos plus grands inventeurs n’ont pas de diplôme “officiel” scientifique. Edison, Napoléon, Pasteur, Lindbergh, étaient des négligés, même Einstein n’était pas très bon en math.

Alors? Pourquoi se limiter?

Note pour la suite des choses: Le processus d’apprentissage c’est un marathon pas un sprint.

Mind over matter.

La corrélation vs la cause

Classé dans: Si j’avais su.

Patrice

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous faisons naufrage, non pas sur nos rêves

Nous faisons naufrage, non pas sur nos rêves, mais sur notre incapacité à rêver avec assez de force.
Ernst Jünger, Eumeswil, Folio, traduction Henri Plard, P. 527

Renverser la tendance à devenir des adultes rigides, fermés, arrivées, peureux, frileux, c’est un travail quotidien.

Considère toi comme un sujet actif plutôt qu’un sujet passif et objectif. Ça veut dire que tu es la force active. Tu peux faire, influencer, changer peu importe ce que tu veux. C’est une question de croyance, si tu crois que tu peux devenir la personne que tu veux devenir, tu deviendras cette personne. En fait le monde prend la dimension de ta vision, la beauté est dans les yeux de celui qui la vois.

Assumer avec assez de force que tu es ce que tu crois dans le fin fond de ton toi-même. Cultive ton comportement en accordance avec cette vision, sa façon d’opérer, sa façon d’approcher les choses, et éventuellement, dans un avenir plus ou moins rapprocher, l’union se fera. Tu seras cette personne que tu avais imaginée.

Je crois en la bonté de l’homme. L’être créatif est bon. Il va regarder la multitude d’option.

Je peux créer ma propre réalité, mes propres solutions. Mes pensées affectent mon attitude, qui en retour affecte mon comportement, pour fermer le cercle, mon comportement va affecter mon attitude, et vice-versa.

Non je ne lâche pas le morceau. Malgré la pluie, malgré les gens moroses, les « réalistes » les « dententeurs de faits », les « statisticiens » les « têtes carrées », la mienne est ronde, comme l’univers. Je suis dans la mouvance, la résilience

Je refuse le statu-quo, les pensées prêtes à porter, je sais que je détiens la solution. Ça ne vient pas tout seul, rien à voir avec la pensée magique. Il y faut de la volonté, il y faut de la détermination. Vouloir apprendre les habiletés nécessaires pour le voyage. N’arrête jamais de chercher, n’arrête jamais de pensée à des solutions meilleures.

Je ne suis pas qu’un code génétique, un numéro. Ça serait facile de suivre la majorité bien pensante, les détenteurs de « gros bon sens », le sens commun, ordinaire, c’est à dire la capacité de juger sans passion et sans subtilité intellectuelle (Webster): « le gazon est vert, le ciel est bleu, la mer est calme, farme ta gueule pis rame! » facile de dire, « je suis fait comme ça, je n’y peux rien », facile de rester assis sur son « steak », de tenir ça mort. C’est en cherchant que tu vas générer des d’options, que tu vas trouver.

Poses des questions, ignore les faces irrités, les blasés qui savent tout, ceux qui n’ont plus rien à apprendre.

Courage, curiosité, persistance, et prends des notes, accumule des donnés, des expériences. Recherche la vraie valeur d’une expérience, le processus pas le résultat. Le monde est obsédé par les résultats, 2 + 2 = 4, c’est entendue, c’est comme ça, on n’en parle plus, dis-moi combien tu fais je te dirai combien tu vaux, logique non? Jusqu’à ce quelqu’un arrive en disant que 2 et 2 font 5 ou poisson, et foute le bordel dans l’ordre établi. Et les dieux rigolent en nous regardant nous agiter avec nos crayons nos règles, nos calculatrices et vogue la galère.

Porte attention sur ta peur, ta peur de l’échec, ta peur du succès, mais oui une telle peur existe aussi, c’en est une insidieuse. C’est probablement une des raisons qui font que tu te tiens dans une zone plus ou moins neutre, sans trop prendre de risque, et que tu regardes tranquillement passer les minutes de ta vie qui s’écoule sans espoir de retour. Grandir est tout. Mais ça peut seulement advenir par l’expérience, dans l’investissement sur toi-même si je peux dire.

À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. La valeur de chaque expérience est proportionnelle à l’engagement physique, émotionnel, mental, spirituel que tu y as mis, que tu y as investis. Prendre un raccourci, te priverais de la riche texture que présente l’effort dans l’expérience.

J’ai la passion de l’expression de moi-même dans tout ce que je fais, j’y goûte les singulières mesures.

Je privilégie le particulier au général, l’individualité au commun, l’extraordinaire à l’ordinaire, la partie sur le tout, plus vivante, un pas de l’autre côté me rend profondément malheureux.

On court le risque de rater ce qu’il y a de meilleur dans la vie si l’on ne sait pas trouver l’occasion de vibrer, si l’on n’apprend pas à se hisser un peu au dessus de là où l’on se situe ordinairement.

Un jour, c’est inévitable, tu vas rencontrer cette hostilité d’une populace qui n’aime pas le fait que tu sois différend, que tu ne sois pas comme il faut.

Ne te laisse pas écrasé par cette majorité, les « monsieurs et madames tout le monde » qui détiennent le « gros bon sens » parce que tu ne penses pas pareils, parce que tu n’as pas la même couleur de cravate, les mêmes manières.

Je parle des faux-sérieux, les perroquets qui répètent de travers ce qu’ils entendent, les bouffons détenteurs de faits, les logiques, rationnels, raisonnables, les favoris. Ils te diront sûrement: comment peut tu croire en la bonté de l’homme à une époque ou la corruption, la terreur et la bêtise règnent en maître? Mais toi, toi qui a l’esprit assez fier pour refuser de te développer suivant un schèma invariable, tu n’auras que ton sourire pour répondre, tu ne pourras tout simplement pas l’exprimer autrement, tout simplement parce que vous ne parlez pas le même langage, et ce sera ta victoire sur la tyrannie de la majorité.

Affronter la durée.

Patrice

 

The show must go on!

If a man is called to a street sweper, he should sweep streets even as Michelangelo painted, or Beethoven composed music or Shakespeare wrote poetry. He showed sweep streets so well that all hosts of heaven and earth will pause to say, Here lived a great street sweeper who did his job well.

Martin Luther King Jr.

Peu importe ce que tu fais, fais-le avec un engagement total, comme si c’était une œuvre d’art, ça sonne un peu gros dis comme ça, mais c’est une attitude à développer si tu veux faire la différence, une attitude vigoureuse, positive et engageante.
Comme je le disais dans mon premier article, je viens du théâtre, et je me rappellerai toujours ce que m’avais dis un de mes professeurs : «l’acteur est un génie à heure fixe». Ça dit ce que ça dit, le show commence à 20h00, pas à 20h30 ou 21h00, il n’y avait aucune excuse valable (d’accord, peut-être une panne de courant) pour ne pas commencer le show à l’heure.
Imaginé l’acteur qui entre en scène et qui dit au public: «wow! On se calme, c’est le début de la semaine, on va partir ça tranquillement pas vite, je vais aller me chercher un café, après ça on va commencer ça c’te show là! OK?»
Le public (le client) en veux pour son argent, je ne connais pas personne qui va donner $10 et qui va dire c’est bon, donne-moi s’en pour 5 ça va être correct!
Le service, c’est de livrer la marchandise à l’heure prévue, peu importe les circonstances, the show must go on!
Aujourd’hui, mes journées son comme un show, la journée commence à telle heure (ready! aim! fire!), toutes mes transactions, mes rencontres, mes échanges que ce soit avec une adjointe administrative, un boss, quelqu’un qui fait le ménage, ou un collègue, ça doit être une expérience mémorable! (standard: Cirque du Soleil). Je dois livrer la marchandise, c’est à dire que j’ai un service à offrir et que ce service doit être fait, je le répète, dans une attitude positive, vigoureuse et engageante, et à temps! c’est une question de respect 1: pour le client, 2: pour toi-même, point.
Le théâtre a été une excellente école de discipline pour moi, j’en serai toujours redevable.
Bien sûre il n’y a plus personne qui m’applaudit à la fin de la journée, mais les jours où j’ai été à la hauteur, il y a une petite voix qui me dit alors «good job buddy!», et ça me suffit (pour le moment ;))

Bon vent!

Et bonne semaine!

Patrice.