Henry David Thoreau «Je vivais seul, dans les bois»

“On Walden Pond” by N. Santoleri 1991
“On Walden Pond” by N. Santoleri 1991

Écrivain, philosophe légendaire, poète, expert politique, abolitionniste, et transcendantaliste Henry David Thoreau reste plus connu pour l’un des textes les plus importants de l’histoire sur la protestation (Désobissance civile) et de Walden, écrit en 1854, sa belle hymne à la solitude, à la simplicité, et à l’auto-suffisance a inspiré une grande partie de la philosophie et des générations d’intellectuels. Neuf ans avant, Thoreau avait déménagé dans une maison au bord de l’Étang Walden, à Concord, Massachusetts, dans un effort pour se retirer de la vie sociale, pour à la place, absorber la nature, et se laisser absorber par elle. Le livre synthétise les idées de Thoreau dérivés au cours des deux années, tissés de la langue exquise pleine de magnifiques métaphores et de descriptions fantaisistes, et couvrant tout, de la nature du soi, à la culture de consommation.

Je ne propose pas d’écrire une ode au découragement, mais de claironner aussi vigoureusement qu’un coq au matin, debout sur son perchoir, ne serait-ce que pour éveiller mes voisins.

Ma partie préférée, cependant, traite d’un sujet familier – comment définir votre propre succès, trouver votre but et faire ce que vous aimez:

Prête-t-on l’oreille aux plus intimes mais constantes inspirations de son génie, qui certainement sont sincères, qu’on ne voit à quels extrêmes, sinon à quelle démence il peut vous conduire; cependant, au fur et à mesure que vous devenez plus fidèle à vous-même, c’est cette direction que suit votre chemin.

Si timide que soit l’objection certaine que sent un homme sain, elle finira par prévaloir sur les arguments et coutumes du genre humain. Nul homme jamais ne suivit son génie, qui se soit vu induit en erreur. En pût-il résulter quelque faiblesse physique qu’aux yeux de personne les conséquences n’en purent passer pour regrettables, car celles-ci furent une vie de conformité à des principes plus élevés. Si le jour et la nuit sont tels que vous les saluez avec joie, et si la vie exhale la suavité des fleurs et des odorantes herbes, est plus élastique, plus étincelante, plus immortelle, – c’est là votre succès. Toute la nature vient vous féliciter, et tout moment est motif à vous bénir vous-même.

Les plus grands gains, les plus grandes valeurs sont ceux que l’on apprécie le moins. Nous en venons facilement à douter de leur existence. Nous ne tardons à les oublier. Ils sont la plus haute réalité. Peut-être les faits les plus ébahissants et les plus réels ne se voient-ils jamais communiqués d’homme à homme. La véritable moisson de ma vie quotidienne est en quelque sorte aussi intangible, aussi indescriptible, que les teintes du matin et du soir. C’est une petite poussière d’étoile entrevue, un segment de l’arc-en-ciel que j’ai étreint.

Puis, en approchant de la conclusion:

J’ai appris cela, au moins, par mon expérience: que si on avance avec confiance dans la direction de ses rêves, et qu’on s’efforce de vivre la vie qu’on a imaginée, on rencontrera un succès inattendu en temps ordinaire. On laissera certaines choses derrière, franchira une frontière invisible; des lois nouvelles, universelles et plus libérales vont commencer à s’établir autour et au dedans de nous; ou les lois anciennes à s’élargir, et s’interpréter en notre faveur dans un sens plus libéral, et on vivra en la licence d’un ordre d’êtres plus élevé. A mesure qu’on simplifie sa vie, les lois de l’univers paraîtront moins complexe, et la solitude ne sera pas la solitude, ni la pauvreté, pauvreté, ni la faiblesse, faiblesse. Si vous avez construit des châteaux dans les airs, votre travail ne sera pas perdu; c’est là qu’ils devraient être. Maintenant, mettez la fondation dessous.

Remarquablement profonde dans son intégralité, Walden est un classique pour une raison – le genre de lecture spectaculaire qui reste avec vous pour la vie, et révèle la volonté de faire de cette vie, la source d’enchantement qu’elle peut être, qu’elle est.

PS: J’ai utilisé en partie, la traduction de Louis Fabulet pour les citations de ce texte.

Patrice

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La résistance

 Quel que soit votre rêve, vivez-le, car l’audace est empreinte de génie, de puissance et de magie
(Goethe)
Genius est un mot latin, pour les Romains ça représente l’esprit intérieur, saint et sacré, qui veille sur nous, qui nous guide dans nos actions.
Les grecs l’appel Daemon, ils croient que c’est un être séparé qui vit à l’intérieur de nous. Je vais l’appeler; Génie. Le Génie doit se battre pour s’exprimer à travers l’art, l’écriture et toutes autres formes d’expressions.
Il y a une partie de toi qui veut rester en sécurité, invisible, qui veut faire sa job tranquille, surtout ne pas déranger l’ordre établie, tandis que le génie veut sortir, parler au monde, faire des affaires, se connecter, changer les choses. L’ennemi # 1 du génie, c’est la résistance, j’en ai glissé un mot dans mon premier message (to ship or not to ship). La résistance c’est la peur, le doute, la procrastination, les dépendances, les distractions, la timidité, l’égo, le narcissisme, le perfectionnisme.
La procrastination est la manifestation la plus commune de la résistance, tu ne te dis pas «je vais jamais écrire mon livre», tu dis «je vais écrire mon livre, je commence demain». Le plus terrible avec la procrastination c’est que ça peut devenir une habitude, on ne met pas nos rêves sur la glace (en attente) qu’aujourd’hui, mais jusqu’à la fin de notre vie.
La résistance, c’est la force la plus toxique de la planète. Quand tu pense à un projet, quand tu veux changer les choses, (toi-même), commencer un programme d’entraînement, une diet, partir ta propre entreprise, faire un ironman, écrire un livre, en fait à chaque impulsion créatrice qui te pousse à t’élever d’un cran, à passer à un niveau supérieur,  il y a une force opposée qui va chercher par tout les moyens à te mettre des bâtons dans les roues, soit par la maladie, des urgences, des tâches apparemment importantes, la plus commune, «le temps» (j’ai pas l’temps), la résistance va chercher à mettre en cage le génie. La résistance a peur, peur de ce qui va arriver si l’idée aboutie, si ça marche, peur du ridicule,  peur du succès, du changement. La résistance recherche le confort, la cachette, la position sécure, une job stable, une niche douillette, «fitter» dans le système, la résistance va chercher par tous les moyens à saboter ton travail, ton art.
Ton travail , c’est de nourrir, d’amplifier et de glorifier le génie, ton travail est de créer quelque chose qui va apporter du changement ( un art qui va changer les choses), exposer ton humanité. Ton travail est de faire ton travail, pas ta «job», ta «job» c’est de suivre les instructions, ton travail c’est de faire la différence, ton travail est de livrer la marchandise, sortir des sentiers battus, de ta zone de confort, c’est pas naturel mais c’est ESSENTIEL.
On entend souvent des histoires de personnes diagnostiqué d’une maladie incurable qui décide de faire ce qu’ils ont toujours rêvé, un voyage, apprendre un instrument de musique etc…et il arrive, assez souvent, qu’ils deviennent en rémission, il n’ont plus rien à perdre, ils n’ont surtout pas de plan B. Est-ce qu’il faut attendre d’être rendu au pied du mur pour agir? Qu’est-ce qui nous empêche de réaliser nos projets, nos rêves, nos passions?
«c’est une chose d’étudier la guerre, c’en est une autre d’être un guerrier» disait Telamon d’Arcadia, mercenaire au 5e s A.C.
Un artiste, un athlète, un entrepreneur, porte des bottes de combat, c’est un pro, il se présente à chaque jours, peu importe les circonstances.
Tu es un guerrier, tu es un pro.
La résistance déteste les pros.
Alors qu’est-ce que tu as dans le ventre?
Let’s go!
Commence maintenant.
Bon vent!
Patrice