La terre est ronde, pourquoi ne tournerait t-elle pas?

Traiter un homme tel qu’il est et il restera tel qu’il est. Traiter un homme comme il peut et doit être et il est devenu, comme il peut et doit être.

Johanne Wolfgang von Gerte

On se plaint tout le temps, on se plaint de tout et de rien, de la météo, de ceux qui se plaingnent, mais surtout des autres, mais oui, l’enfer c’est les autres!, n’est-ce pas à cause des autres que ça ne tourne pas rond? Les autres, le gouvernement, le boss, les collègues, les corrompus, les affranchis, tous ceux-là qui nous empêche d’avancer, d’être ce que nous serions supposés être! Plus riche, plus beau, plus fin, plus plus plus….

D’ailleurs, c’est ailleurs que ça ne va pas, justement, c’est dans d’autres pays, c’est l’autre gouvernement qui ne va pas, et les badauds d’ailleurs qui viennent chez nous, c’est ceux-là qui viennent foutre la merde, nous, nous sommes correct, nous sommes beau, nous sommes fin, on est ben smat, on est normal, on sait ce qui est juste et bon, amen; approchez! approchez! Nous allons vous montrer le droit chemin! Venez dans notre beau pays, nous allons vous re-formatter le pon-pon! N’avons nous pas montrer un jour jadis, au bons sauvages, comment il fallait vivre, comment il fallait se vêtir, quels dieux adorés, à quels saints se voués? Pète pis répète, l’histoire se répète! et re-pata-poom!

Dans mon pays qui n’est pas encore un pays et qui sera bientôt l’hiver, un jour, on a entendu parler d’une charte des valeurs. Alors, y’ a des bozos qui en on fait la promotion, et y’ a d’autres bozos encore plus bozos que les bozos qui se faisaient aller le clapet, en donnant leurs opinions, d’ailleurs ces bozos là ont des opinions sur tout, ce sont nos perroquets de service. Le problème, c’est qu’elle n’était pas encore sortie, elle n’était pas encore écrite cette charte! et tout notre beau monde s’opinionnait à plein poumon, pour-contre-pour-contre-pour-con, pauvres cons oui! On va descendre dans la rue et on va frapper dans nos chaudrons, boom-boom, bam-bam! dans nos chaudrons, c’est inacceptable! à bas la charte! à bas les valeurs! à bas quoi déjà? C’est pas grave, frappe-frappe, la matraque! swing la bacaisse dans le fond d’ la boîte à bois.

Ne l’avions nous pas prédit? qu’ils allaient venir foutre le bordel chez nous? Ha Ha!!!

Les cyniques y vont de leurs sourires obliques, les diplomés en prophéties de malheur l’avaient bien dit, ça va mal finir cette histoire.

Est-ce si difficile d’affirmer ce qui est bon, ce que ça pourrait être si le potentiel de l’autre, de la situation, serait réalisé à son plein? Est-ce si douloureux de vivre ensemble, de construire ensemble, de travailler ensemble, de progresser ensemble, avec toutes nos différences?

Prenons la culture arabe par exemple puisqu’il en était question dans cette charte qui n’était pas encore charte, est-ce que cette grande et magnifique culture ne se résume qu’au voile et au terrorisme? N’est-ce pas plus que ça? Les russes, des buveurs de vodka? Les chinois des mangeurs de chats?

L’enfer c’est les autres, c’est pas nouveau, la peur de l’autre, de celui qui n’est pas comme nous, de l’étrange.

N’avons nous pas tous ce désir inné, naturel, insatiable, de savoir que ce que l’on fait est apprécié, a de la valeur, de savoir que l’on compte pour quelqu’un, que notre apport fait une différence? C’est certains que si je te dis que tu n’est pas correct, tu vas te défendre, et moi je vais t’attaquer à nouveau, je dois te prouver que j’ai raison, et toi que j’ai tors et ainsi vont vont vont les petites langues agiles, bing-bang rentre dedans! Par instinct de survie, il parait.

L’affirmation de ce qu’il y a de bon chez les autres est un défi difficile à relever dans notre quotidien, le problème, c’est que complimenter peut être fait de façon superficiel  et peut être effectivement perçu comme de la flatterie, du brown-nosing, de téteux.

Mais il y a une différence entre une affirmation bien sentie qui est une sorte de vision de ce qui pourrait être en puissance, et une flatterie qui est un ramassis de phrases toutes faites, et qui démontre un manque de respect pour l’autre, une sorte d’hypocrisie.

Dans nos mondanités, nous disons les choses comme elles doivent être dites, nous sommes polis, nous sommes des bêtes sociales, nous avons une phrase toute faite pour chaque situation, nous disons des choses, qu’en réalité, on ne pense même pas: content de te voir…t’as l’air en forme…merci bienvenue bonsoir, asta la vista senorita!, alors qu’on est déjà rendue ailleurs, qu’on ne regarde même pas la personne dans les yeux, nous sommes dans nos pensées, ailleurs justement, ailleurs, pour voir si on ne manque pas quelques choses d’important, ailleurs, pour voir si on y est.

Mais ne manque t’ont pas beaucoup d’occasion de voir, de découvrir des potentiels, des histoires extraordinaires chez les autres en agissant de cette façon?

Ce n’est pas évident d’être à son meilleur à chaque jour, nous tombons facilement dans une routine, nous n’avons pas une job de rêve, des collègues de rêve, un boss de rêve, une paye de rêve, pour la majorité, nous voyons toujours les mêmes faces jours après jour, des faces déjà étiquettées, rien de nouveau sous le soleil, et patati et patata, et bla-bla-bla.

Mais nous ne savons pas ce que les gens vivent, ce qu’ils ont de caché, en les étiquettant, nous avons coupé la curiosité de l’autre, et voilà, un tel est comme ça, tel autre comme ci, voilà, c’est classé, on en parle plus.

Mais tout le monde a un potentiel de bonté, de succès, de rêves qui dort, de projets à réaliser, non?

Si au lieu de critiquer l’autre, on allait titiller, réveiller ces possibilités de succès, quelque chose en dedans pourrait se révéler, et l’autre, pourrait montrer à la face du monde la vraie personne qu’il est, son potentiel authentique.

you may say i’m a dreamer…

Justement.

Carpe Diem

Patrice

La charte des valeurs ou les 13 vertus de Benjamin Franklin

Et quoi de mieux pour faire suite à cet article que de parler (un peu) du système d’amélioration personnelle de Benjamin Franklin. C’est ma charmante et douce fiancée, ma Marina à moi,  qui m’a parlé récemment d’un auteur qui, lorsqu’il était jeune avait quelques problèmes de comportement, tient tient….pourquoi elle me parle de ça ma Marina? Elle me raconte qu’il avait utilisé le système de Franklin pour faire en sorte qu’il devienne meilleur quoi. Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, ma charmante et douce Marina, sait comment s’y prendre pour titiller mon intellect, oui elle sait comment.
C’est quoi le systême? Dans sa jeune vingtaine, Franklin avait conçu le hardi projet d’arriver à la perfection morale. Vivre sans commettre, en aucun temps, aucune faute, maîtriser tout ce qui, soit penchant naturel, soit habitude, tenterait de me faire succomber, tel est le but que je m’étais proposé.
Et il conçut la méthode suivante, une liste de treize vertus qui lui parut à cette époque, les plus utiles, suivi d’une courte maxime.

Voici les vertus et leur maxime:

1. Tempérance (ou sobriété). Ne mangez pas jusqu’au point d’en être appesanti, ne buvez pas jusqu’à ce que votre tête en soit affectée.

2. Silence. Ne parlez que de ce qui peut être utile aux autres ou à vous-même, évitez toute futile conversation.

3. Ordre. Que chaque chose chez vous ait sa place, que chacune de vos affaires ait son temps.

4. Résolution. Prenez la résolution de faire ce que vous devez, et exécutez ce que vous avez résolu.

5. Économie. Ne faites aucune dépense que pour le bien des autres ou pour le vôtre, c’est-à-dire ne gaspillez rien.

6. Travail. Ne perdez pas de temps, soyez toujours occupé à quelque chose d’utile. Supprimez tout ce qui n’est pas nécessaire.

7. Sincérité. Ne trompez jamais personne ; que vos pensées soient pures et justes, et parlez selon vos pensées.

8. Justice. Ne faites jamais de mal à autrui, soit en causant une perte réelle, soit en privant d’un gain légitime.

9. Modération. Évitez les extrêmes, pardonnez les injures, autant que vous pensez qu’elles méritent le pardon.

10. Propreté. Ne souffrez rien de malpropre sur votre corps, vos habits ou dans votre habitation.

11. Tranquillité. Ne vous laissez pas abattre par des bagatelles, ou par les accidents ordinaires et inévitables de la vie.

12. Chasteté. Livrez-vous rarement aux plaisirs de l’amour, n’en usez que pour votre santé, ou pour avoir des descendants, jamais au point de vous abrutir ou de perdre vos forces, et jusqu’à nuire au repos et à la réputation de vous ou des autres.

13. Humilité. Imitez Jésus et Socrate. (!?)

tiré de:Mémoires de Benjamin Franklin
D’après la traduction de F. Lancelot
Bruxelles, 1856
(2e éd., Paris, Librairie centrale, 1866, p. 122-136)

Ensuite il inventa la méthode suivante dans le but de faire son examen de conscience à chaque jour. Il fabriqua un petit livre dans lequel il assigna pour chacune des vertus une page avec sept colonnes pour chaque jour de la semaine marqué de la lettre initiale de ce jour puis treize lignes transversales avec au commencement de chacune, la première lettre d’une des vertus. Dans ces lignes, il pouvait marquer d’un petit trait, les fautes qu’il avait commis ce jour-là d’après son examen.

Ça ressemble à ça:

BenjaminChart

Il raconte également dans ses mémoires, bien que je n’aie jamais atteint la perfection que j’avais tant ambitionnée, et qu’il s’en fallût même de beaucoup, je fus cependant, grâce à mes efforts, un homme meilleur et plus heureux que je ne l’eusse été, si je n’avais adopté mon plan de conduite.

C’est moi qui souligne, parce que dans le fond, c’est ça qui m’intéresse, devenir un homme meilleur et par mes actions, inspirer l’entourage à devenir meilleur et ainsi de suite.
Bien sûre, on peut mettre ce que l’on veut comme truc à améliorer, on fait son propre programme, mais, entre-nous, Franklin a ratissé large quand même, allant jusqu’à l’imitation de Jésus et de Socrate! J’avoue, je ne sais pas comment je pourrai faire une telle imitation, vraiment.

N’empêche, ça me fais réfléchir sur mes propres habitudes quand je pense à des trucs comme la tempérance, la sincérité, la justice., et oui.

En réalité, de toutes nos passions, la plus difficile à vaincre c’est l’orgueil ; que vous le déguisiez, que vous le combattiez, que vous l’étouffiez ou le terrassiez, il n’apparaîtra pas moins plein de vie, au moment où vous y penserez le moins. Peut-être vous l’aurez souvent aperçu dans ce récit, car, si je pouvais me vanter de l’avoir complètement vaincu, je me montrerais probablement fier de mon humilité.

Je n’aurais pas pu dire mieux.

Et vous, qu’est-ce qui ferait partie de votre charte?

PS: ne me parlé pas de voile ici, tolérance, altesse, tolérance!

Peace! Love!

Carpe Diem

Patrice