Au fil du temps qui file

dance me to the end of love. Leonard Cohen

On entend le son des vagues, l’incessant reflux des vagues, des rires d’enfants. Un couple sur leur chaise de plage avec au milieu un panier rempli de victuailles, discute de tout et de rien, de la jeunesse, de la vieillesse, du temps qui passe, s’échangent des souvenirs de leur enfance,  devant cette grande étendue, ils ratissent large, le livre est ouvert. Les vagues, propice aux confidences. Un groupe de jeune font leur apparition, chorégraphie de selfies, parmi eux, un jeune homme fait des acrobaties. Trois jeune filles passent chantent en harmonie, « love-love-love ». L’école est finie. Un couple s’embrasse, c’est le début de l’été, de tous les possibles. Plus tard, la jeune fille écrira sur le sable ses initiales avec celui de son petit ami, plutôt celui qu’elle espère être son petit ami, sorte de rituel, danse incantatoire,  elle prendra des photos (bien sûre) puis repartira comme elle sera venu, illusion furtive. Il regarde les enfants qui jouent avec une légère nostalgie, comme tout va vite pense-t-il. Les vagues, mouvement perpétuel, se mélangent aux souvenirs. Le soleil se couche sans se précipiter, les ombres s’allongeant à vue d’œil, regardant la mer en silence avec une douce  allégresse, présence tranquille, témoins du temps qui passe. Nous sommes merveilleusement mortel, dit-il en remplissant son verre. Un vieux couple passe, toute une vie devant nos yeux. C’est la journée la plus longue. La mer, un baume à mes petites douleurs d’homme, aux turbulences de ma conscience. Ils se lèvent ramassent leurs affaires puis s’en vont tout doucement, ils se tiennent par la main, nous sommes bien ensemble dit-elle, puis disparaissent.

On entend le son des vagues…. et si c’était la dernière fois?

Il fallait bien que je donne des nouvelles.

À bientôt

Patrice

 

 

 

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Cape Cod 3ième partie ou toute bonne chose ne devrait pas avoir de fin

Le bloggeur et la mer
Le bloggeur et la mer

Le temps est gris, c’est moins pire de partir quand c’est nuageux. Une semaine à Cape Cod, ça fait la job, ça enlève les rides du cerveau. Avant de s’en aller, on prend une dernière marche sur la grève, c’est comme si on faisait le plein d’essence marin dans les poumons. On part plus tôt que d’habitude, on doit passer par le centre d’achat, Grisenoula a besoin d’un sac à main. Cape Cod Mail, on va chez Macy’s, ils ont toujours des ventes (rabais).

Un centre d’achat après la mer c’est assez pénible, déjà que sans. Je reste calme, pour combien de temps? Ça devrait aller. Grisenoula a enfin trouvée, un sac brun, réversible en noir, c’est parfait je lui dis, une sorte de 2 pour 1. On s’en va du côté des hommes histoire de voir si on ne va pas trouver un bon deal de ce côté là. On trouve des pantalons, c’est Grisenoula qui a trouvée plutôt, c’est pas pour me vanter mais elle a l’oeil,  bing bang salle d’essayage, 1 sur 3, c’est bon, on va faire avec ça, et hop on y va! Non? Grisenoula a envie de patates frite. Ah ben oui, des frites, pourquoi pas, un petit réconfort, des frites. Direction food court dans le fin fond du fond du centre d’achat, un Indien un Chinois un Subways, pas de frites? Pas de frites!!! C’est pas croyable de pas trouver de frites dans un centre d’achat aux U.S.A!!! How zen you can be? Bon ben, c’est comme ça. Allons voir à l’autre bout, on est jamais allé de ce côté là.

Eh ben oui, à l’autre bout, assis sur un banc, comme un mirage, une hallucination, une apparition divine, 2 jeunes filles mangeant des frites! On leur demande, where you get that? Just there disent-elles pointant l’index à leur droite. The best in town!  All right all right all right, comme dirait Matthew McConaughey. FIVE GUYS, hand-cut fries served fresh & made daily in 100% peanut oil. À l’entrée, des poches de patates de l’Idao empilées tout le long du corridor, serait-ce le paradis des mangeux de patates? On commande un veggie sandwich avec des frites (quand même), la caissière sympathique et souriante nous fait répéter, à cause de notre accent? Ou parce que c’est pas souvent qu’elle se fait demander des veggies sandwich? Peu importe, champignons, poivrons, oignons, avec du fromage jaune genre cheese weeze entre 2 buns blanc. Les 2 filles qui préparent notre sandwich nous font un spectacle, elles sont bien vivante, et bien drôle, Grisenoula me demande pourquoi il y a tant de crimes racistes au USA (parce qu’elles sont noir), moi, je n’ai pas de réponse à ça, je me demande toujours pourquoi on ne peut pas vivre en paix avec tout le monde. À chaque jours des nouvelles qui me découragent de l’humanité. J’ai probablement des restant de hippie nostalgique, le paradis perdue et tout le tra-la-la. Il y aura toujours la souffrance.

13h30, on prend la route, il fait soleil finalement, Grisenoula me regarde, on tergiverse, sans doute l’effet des vagues sur notre cerveau, on reste encore un peu? On part? Tic-tac-tic-tac… partir de Cape Cod, c’est jamais facile, qui a decidé que les bonnes choses devait avoir une fin? On rentre à Montréal, 9h que ça nous aura prit, prêt de 2 h pour entrer et sortir de Boston. Rester cool. Rien d’autre à faire. Arrêt obligé au NH Liquor Store, et un autre un peu plus loin au Veteran Memorial pour manger un peu, et faire le plein de café. Pour le reste de la route, le rythme est bon, à la frontière canadienne, à peine 5 minutes d’attente, on déclare nos bouteilles, et nos achats, Bon retour nous dit l’agent sympatique (il faut bien le dire quand ça arrive) et on rentre au Canada, terre de mes aïeux. Il commence à faire noir. 22h30, on arrive à la maison.

Le retour…c’est une autre histoire.

Carpe Diem

Patrice

Le rebelle au bois dormant

Mon bel amour navigateur

mains ouvertes sur les songes

tu sais la carte de mon coeur

les jeux qui te prolongent

et la lumière chantée de ton âme

(Gaston Miron L’Homme rapaillé)

 

Je suis un homme, pas un ange, c’est pas pareil on s’entend. Un homme, c’est plein de contradictions. Un homme, ça fait plein de conneries. Ça parle fort des fois, ça dit des choses qui faut pas dire, qu’on peut pas dire, c’est tout croche des fois.

On a voulu faire du monde avec moi. (on va finir par faire du monde avec toi!) On m’a laissé allé, (trop d’ouvrage!), mais le sentiment de pas être “correct” lui, ‘y est jamais partie. Moi, à cause de ça, j’ me suis toujours sentis inadéquat, trop, pas assez, pas d’allure. Des fois, j’ai envie de crier mon humanité, j’en viens qu’à avoir des rêves violent, ça me surprend. Justement, la nuit dernière, je pense que c’était un de mes collègue de travail, je le frappais à coup de marteau. Soyez sans crainte, je n’ai pas de marteau au travail. (Freudiens et psy-psy de tout accabit s’abstenir de commentaires s.v.p)

Quand même, je ne viens pas d’un pays où l’on opprime les gens, mon pays, ce n’est pas une dictature on s’entend, mais non, mon pays c’est l’hiver.

Mais ‘y a toujours des gens “au dessus” qui vont essayer de te caser, oui te mettre dans une case, c’est comme des petits dictateurs tout pâlotte, juste assez pour te titiller le rebelle endormi. J’entends une voix: On a les dirigeants qu’on mérite. Oui c’est vrai, j’ai déjà entendu ça quelque part.

Mon dieu! Et si c’était vrai! Couillard, Harper, Péladeau, Trudeau (le fils, le père avait du caractère au moins, il a tout gardé pour lui, faut croire). Mais je m’arrête tout de suite, digression sans intérêt vraiment, qui va sûrement passer dans les ciseaux de l’éditeur d’ailleurs. On verra qui aura le dernier mot.

Revenons à nos moutons rebelles

Monter sans trop faire de bruit les escaliers grinçant.

Si tu fais bien ce qu’on te dit de faire, on te donnera une médaille… ou n’importe qu’elle autre récompense (la petite étoile dans ton cahier à la p’tite école)  histoire de te la fermer. Ça serait franchement plus facile d’être “normal” oui, dans la norme.

Ça serait plus facile, mais plus platte. Et la terre est ronde.

Quand même, je ne suis pas “une minorité visible”, je ne suis pas handicapé, je n’ai aucune “tare” (visible du moins), je suis en apparence, semblable à quelqu’un de normal.

  • Alors c’est quoi ton problème?

I drink too much, I eat too much, I want too much, I’m too much!

Attend! Ça dépend pour qui. C’est ça. Si tu te compares avec un léthargique sur la prozac. C’est sûre, la barre n’est pas trop haute. Mais oui, tout est une question de perception, de standard. Et puis, ‘y a toujours du monde qui vont te tirer vers le bas, c’est pas nouveau.

C’est juste que des fois, j’ai de la misère avec, comment dire, l’aceptisation, la pasterisation, la langue de bois, la petite misère, les ragotteurs, le monde qui tond leur gazon avec une tondeuse à gaz, pis qui l’arrose par dessus le marché, pour que ça soit ben beau ben propre!

 

Grisnoula à Cape Cod
Grisnoula à Cape Cod

 

Mais ‘y a Grisnoula. Grisnoula, c’est mon baume, c’est mon ostéopathe de l’âme.

Une chance qu’on s’a!

Des fois, on prend des marches, et on rêve de la vie qu’on voudrait.

Ça pourrait être ça! Travailler ensemble, voyager ensemble, construire notre maison sur un terrain à la campagne, elle voudrait avoir une fondation pour les enfants défavorisés pour leur donner un accès à l’art. Oui parce qu’on y croit à l’art. On croit que ça rend le monde meilleur.

Grisnoula, elle me tire vers le haut.

Moi, j’ai pas le vertige, j’ai pas peur des hauteurs. Grisnoula, par sa présence, elle fait que je veux devenir un meilleur homme. Avec elle, je peux être moi. Ça, ça fait du sens pour moi.

Vouloir devenir un meilleur moi. Comme un homme doit.

Grisnoula, c’est pour elle que je veux que ça marche.

Grisnoula, c’est mon espérance.

 

Selon l’Organisation Mondiale du Travail, 168 million d’enfants dans le monde sont forcés à travaillé, on leur enlève le droit d’être des enfants.

Moi, y personne qui m’enlève le droit d’être humain, même trop, même mal.

De quoi j’me plaint?

 

sur la jetée de la nuit

je saurai ma présente

d’un voeu à l’azur ton mystère

déchiré d’un espace rouge-gorge.

(Gaston Miron L’Homme rapaillé)

 

 

 

 

 

 

 

Je suis Charlie

« Je suis Charlie » par Charlie Hebdo & Joachim Roncin
« Je suis Charlie » par Charlie Hebdo & Joachim Roncin

 

Meilleurs Voeux!

En ces temps où l’on s’échange nos vœux je laisse la parole à Sir Charles Chaplin.
Voici un extrait traduit de son fameux discours final dans le Dictateur.

http://youtu.be/QcvjoWOwnn4

« …Je ne veux ni conquérir, ni diriger personne.

Je voudrais aider tout le monde dans la mesure du possible, juifs, chrétiens, païens, blancs et noirs. Nous voudrions tous nous aider si nous le pouvions, les êtres humains sont ainsi faits.

Nous voulons donner le bonheur à notre prochain, pas lui donner le malheur.
Nous ne voulons pas haïr ni humilier personne.

Chacun de nous a sa place et notre terre est bien assez riche, elle peut nourrir tous les êtres humains.

Nous pouvons tous avoir une vie belle et libre mais nous l’avons oublié.

L’envie a empoisonné l’esprit des hommes, a barricadé le monde avec la haine,
nous a fait sombrer dans la misère et les effusions de sang.

Nous avons développé la vitesse pour nous enfermer en nous-mêmes.
Les machines qui nous apportent l’abondance nous laissent dans l’insatisfaction.

Notre savoir nous a fait devenir cyniques.

Nous sommes inhumains à force d’intelligence, nous pensons beaucoup trop et nous ne ressentons pas assez.

Nous sommes trop mécanisés et nous manquons d’humanité.

Nous sommes trop cultivés et nous manquons de tendresse et de gentillesse.

Sans ces qualités humaines, la vie n’est plus que violence et tout est perdu….

Le malheur qui est sur nous n’est que le produit éphémère
de l’habilité, de l’amertume de ceux qui ont peur
des progrès qu’accomplit l’Humanité….

Soldats ne vous battez pas pour l’esclavage mais pour la liberté….

…vous le peuple qui avez le pouvoir.
Le pouvoir de créer les machines,
le pouvoir de créer le bonheur.
Vous, le peuple, vous avez le pouvoir.
Le pouvoir de rendre la vie belle et libre,
le pouvoir de faire de cette vie une merveilleuse aventure.

Alors au nom même de la Démocratie,
utilisons ce pouvoir.
Il faut tous nous unir,
il faut tous nous battre pour un monde nouveau,
un monde humain qui donnera à chacun l’occasion de travailler,
qui apportera un avenir à la jeunesse et à la vieillesse la sécurité….

Il faut nous battre pour libérer le monde,
pour renverser les frontières et les barrières raciales,
pour en finir avec l’avidité, avec la haine et l’intolérance.

Il faut nous battre pour construire un monde de raison,
un monde où la science et le progrès mèneront tous les hommes vers le bonheur…. »

Je suis Patrice Savard et j’approuve ce message 😉

Bon vent!

Joyeux Noël!

Patrice