Au fil du temps qui file

dance me to the end of love. Leonard Cohen

On entend le son des vagues, l’incessant reflux des vagues, des rires d’enfants. Un couple sur leur chaise de plage avec au milieu un panier rempli de victuailles, discute de tout et de rien, de la jeunesse, de la vieillesse, du temps qui passe, s’échangent des souvenirs de leur enfance,  devant cette grande étendue, ils ratissent large, le livre est ouvert. Les vagues, propice aux confidences. Un groupe de jeune font leur apparition, chorégraphie de selfies, parmi eux, un jeune homme fait des acrobaties. Trois jeune filles passent chantent en harmonie, « love-love-love ». L’école est finie. Un couple s’embrasse, c’est le début de l’été, de tous les possibles. Plus tard, la jeune fille écrira sur le sable ses initiales avec celui de son petit ami, plutôt celui qu’elle espère être son petit ami, sorte de rituel, danse incantatoire,  elle prendra des photos (bien sûre) puis repartira comme elle sera venu, illusion furtive. Il regarde les enfants qui jouent avec une légère nostalgie, comme tout va vite pense-t-il. Les vagues, mouvement perpétuel, se mélangent aux souvenirs. Le soleil se couche sans se précipiter, les ombres s’allongeant à vue d’œil, regardant la mer en silence avec une douce  allégresse, présence tranquille, témoins du temps qui passe. Nous sommes merveilleusement mortel, dit-il en remplissant son verre. Un vieux couple passe, toute une vie devant nos yeux. C’est la journée la plus longue. La mer, un baume à mes petites douleurs d’homme, aux turbulences de ma conscience. Ils se lèvent ramassent leurs affaires puis s’en vont tout doucement, ils se tiennent par la main, nous sommes bien ensemble dit-elle, puis disparaissent.

On entend le son des vagues…. et si c’était la dernière fois?

Il fallait bien que je donne des nouvelles.

À bientôt

Patrice

 

 

 

Le rebelle au bois dormant

Mon bel amour navigateur

mains ouvertes sur les songes

tu sais la carte de mon coeur

les jeux qui te prolongent

et la lumière chantée de ton âme

(Gaston Miron L’Homme rapaillé)

 

Je suis un homme, pas un ange, c’est pas pareil on s’entend. Un homme, c’est plein de contradictions. Un homme, ça fait plein de conneries. Ça parle fort des fois, ça dit des choses qui faut pas dire, qu’on peut pas dire, c’est tout croche des fois.

On a voulu faire du monde avec moi. (on va finir par faire du monde avec toi!) On m’a laissé allé, (trop d’ouvrage!), mais le sentiment de pas être “correct” lui, ‘y est jamais partie. Moi, à cause de ça, j’ me suis toujours sentis inadéquat, trop, pas assez, pas d’allure. Des fois, j’ai envie de crier mon humanité, j’en viens qu’à avoir des rêves violent, ça me surprend. Justement, la nuit dernière, je pense que c’était un de mes collègue de travail, je le frappais à coup de marteau. Soyez sans crainte, je n’ai pas de marteau au travail. (Freudiens et psy-psy de tout accabit s’abstenir de commentaires s.v.p)

Quand même, je ne viens pas d’un pays où l’on opprime les gens, mon pays, ce n’est pas une dictature on s’entend, mais non, mon pays c’est l’hiver.

Mais ‘y a toujours des gens “au dessus” qui vont essayer de te caser, oui te mettre dans une case, c’est comme des petits dictateurs tout pâlotte, juste assez pour te titiller le rebelle endormi. J’entends une voix: On a les dirigeants qu’on mérite. Oui c’est vrai, j’ai déjà entendu ça quelque part.

Mon dieu! Et si c’était vrai! Couillard, Harper, Péladeau, Trudeau (le fils, le père avait du caractère au moins, il a tout gardé pour lui, faut croire). Mais je m’arrête tout de suite, digression sans intérêt vraiment, qui va sûrement passer dans les ciseaux de l’éditeur d’ailleurs. On verra qui aura le dernier mot.

Revenons à nos moutons rebelles

Monter sans trop faire de bruit les escaliers grinçant.

Si tu fais bien ce qu’on te dit de faire, on te donnera une médaille… ou n’importe qu’elle autre récompense (la petite étoile dans ton cahier à la p’tite école)  histoire de te la fermer. Ça serait franchement plus facile d’être “normal” oui, dans la norme.

Ça serait plus facile, mais plus platte. Et la terre est ronde.

Quand même, je ne suis pas “une minorité visible”, je ne suis pas handicapé, je n’ai aucune “tare” (visible du moins), je suis en apparence, semblable à quelqu’un de normal.

  • Alors c’est quoi ton problème?

I drink too much, I eat too much, I want too much, I’m too much!

Attend! Ça dépend pour qui. C’est ça. Si tu te compares avec un léthargique sur la prozac. C’est sûre, la barre n’est pas trop haute. Mais oui, tout est une question de perception, de standard. Et puis, ‘y a toujours du monde qui vont te tirer vers le bas, c’est pas nouveau.

C’est juste que des fois, j’ai de la misère avec, comment dire, l’aceptisation, la pasterisation, la langue de bois, la petite misère, les ragotteurs, le monde qui tond leur gazon avec une tondeuse à gaz, pis qui l’arrose par dessus le marché, pour que ça soit ben beau ben propre!

 

Grisnoula à Cape Cod

Grisnoula à Cape Cod

 

Mais ‘y a Grisnoula. Grisnoula, c’est mon baume, c’est mon ostéopathe de l’âme.

Une chance qu’on s’a!

Des fois, on prend des marches, et on rêve de la vie qu’on voudrait.

Ça pourrait être ça! Travailler ensemble, voyager ensemble, construire notre maison sur un terrain à la campagne, elle voudrait avoir une fondation pour les enfants défavorisés pour leur donner un accès à l’art. Oui parce qu’on y croit à l’art. On croit que ça rend le monde meilleur.

Grisnoula, elle me tire vers le haut.

Moi, j’ai pas le vertige, j’ai pas peur des hauteurs. Grisnoula, par sa présence, elle fait que je veux devenir un meilleur homme. Avec elle, je peux être moi. Ça, ça fait du sens pour moi.

Vouloir devenir un meilleur moi. Comme un homme doit.

Grisnoula, c’est pour elle que je veux que ça marche.

Grisnoula, c’est mon espérance.

 

Selon l’Organisation Mondiale du Travail, 168 million d’enfants dans le monde sont forcés à travaillé, on leur enlève le droit d’être des enfants.

Moi, y personne qui m’enlève le droit d’être humain, même trop, même mal.

De quoi j’me plaint?

 

sur la jetée de la nuit

je saurai ma présente

d’un voeu à l’azur ton mystère

déchiré d’un espace rouge-gorge.

(Gaston Miron L’Homme rapaillé)

 

 

 

 

 

 

 

Je bouge donc je suis.

Fais ce que tu aimes et n’arrêtes pas jusqu’à ce que tu obtiennes ce que tu aimes.

Fais tes propres expériences, ne te fie pas, surtout pas, à la majorité bien pensante, les gérants d’estrades, les dieux de la télé, ces mauvais imitateurs, ces nouveaux curés.

Notre systême de croyance nourrit notre comportement, prédit notre succès.

Tu deviens ce que tu crois.

Je m’amuse à explorer la puissance de mes croyances, conscientes, inconscientes, voir comment un simple petit changement peut avoir un impact sur presque tous les aspects de ma vie.

Rien n’est joué d’avance.

Il y a ceux qui croient qu’une mentalité est arrêté, fixe, c’est comme ça, je suis comme ça, et ça ne sera pas autrement, on ne peut rien changer, ça a toujours été comme ça, c’est coulé dans le béton, les assis, les sédentaires, c’est la vie !  Qu’est-ce tu veux faire, on a pas l’choix, et il y a ceux qui croient que c’est en mouvement, que ça bouge, que ça prospère, ça se développe dans les challenges, ça voit l’échec non pas comme un manque d’intelligence mais comme un tremplin qui les fait sauter dans l’amélioration, qui augmente les habiletés existentes, qui les rends meilleurs, les nomades qui carburent à la nouveauté, la découverte, l’innatendu de l’inconcevable, les possibilités infinies de l’inconnu.

Je bouge donc je suis en évolution, je me développe, je suis ce que je pense, mes pensées sont actions, se transforment en actions, mes croyances supportent mes pensées, et vice versa, influencent mon comportement, influencent ma relation avec le succès et l’échec, que ce soit au niveau professionnel ou personnel et pourquoi pas, ultimement mon accès, ma capacité à saisir le bonheur, mais ça c’est une autre histoire, un paradoxe ambulant, ce n’est pas une fin en soi, pour moi en tout cas, je ne suis pas une victime de ce tyran.

Une mentalité en évolution, en croissance, est dirigée par un désir d’apprendre,  d’embrasser les défis, de persister devant les obstacles, voit les efforts comme le chemin qui mène à la maîtrise, apprend des critiques, trouve des leçons et s’inspire du succès des autres, résutat: un plus haut niveau d’accomplissement et un plus grand sens d’autonomie, comment tu te perçois, détermine si tu vas devenir la personne que tu veux devenir, comment tu accomplis les choses, les actions que tu valorises. Une simple croyance peut déterminer le sens de ta vie!

Je ne suis pas coulé dans le béton, je n’ai pas à prouver constamment que je suis intelligent, je  travaille pour atteindre ce que je veux devenir, c’est tout.

Un monde de dualité:

Succès vs échec, intelligent vs stupide, gagnant vs perdant, la liste est longue.

Il y a ceux-là qui sont toujours en train de te convaincre et de convaincre les autres qu’ils ont une flush royale alors que dans le fond d’eux-mêmes, il chie dans leurs culottes parce qu’il n’ont qu’une paire de dix, les vantards notoires, on les reconnait à leurs tendances à blâmer les autres pour se valoriser. Cette personne est stupide, donc je suis intelligent !

Ce que j’ai dans la main n’est que le point de départ pour un développement, l’accès à un territoire inexploré, mes qualités de bases sont cultivables avec de l’effort, bien que tout le monde soit différents dans leurs sphéres respective, dans leurs talents, leurs aptitudes, intérêts, tempéremments, tout le monde peut changer en s’appliquant et avec de l’expérience.

Le vrai potentiel est inconnu et ne peut jamais vraiment se révéler, il est impossible de prévoir ce qui peut être accomplit avec des années de passions, de travail et d’entraînement.

Au coeur de cette mentalité, il y a la passion d’apprendre plutôt qu’un désir d’approbation, la conviction que les qualités humaines comme l’intelligence, la curiosité, les relations, sont cultivable avec de l’effort et une pratique délibérée.

Pourquoi perdre son temps à essayer de prouver encore et toujours comment tu es bon, quand tu peux simplement être meilleur? Pourquoi cacher tes faiblesses au lieu de les surmonter? Pourquoi t’entourer de collègues ou d’amis qui vont toujours tenter de te descendre et diminuer ton estime au lieu de t’entourer de ceux qui vont te donner des défis pour que tu sois meilleur? Pourquoi rechercher ce qui est vrai au lieu de rechercher des expériences qui vont te faire grandir?

La passion de l’envergure, de l’évolution et de s’y coller même quand ça va pas bien, surtout quand ça va pas bien!, c’est la marque d’un mental configuré pour grandir, c’est la configuration qui permet d’avancer, de prospérer dans les situations particulièrement exigentes.

Focaliser sur le développement, s’ensuivra les défis et l’effort nécessaire pour les relever.

L’idée préconçu que les qualités sont inchangeables, fixes, ou qu’elle sont cultivables, te dirige dans des chemins différents.

Dans le coin gauche, le monde arrêter, où le succès réside à prouver comment tu es intelligent et talentueux, dans le coin droit, l’évolution, l’apprentissage de quelque chose de nouveau, le développement. Pour l’un, l’échec signifie un contretemps, voire un recul, essuyer un revers, perdre une compétition, être congédié, être rejeté, équivaut à être supide, sans talent, « looser ». Pour l’autre, l’échec veut dire, apprendre, grandir, ne pas atteindre les choses que tu valorises, ne pas réaliser son potentiel. Pour l’un l’effort est une mauvaise chose, comme l’échec, ça veut dire que tu n’es pas intelligent ou que ta n’as pas de talent, si tu l’étais, tu n’aurais pas besoin d’effort, pour l’autre, l’effort est ce qui te rend (plus) intelligent ou talentueux. Ou ça s’améliore, ou ça se détériore, ça dépend de quel côté on se trouve, de comment on regarde les choses, c’est une question (toujours) de perception. Le succès personnel serait donc, quand tu donnes ton maximum pour devenir le meilleur de ce que tu peux être et non d’établir ta supériorité pure et simple, d’être celui-là qui vaut plus que les autres, (les loosers), pour lui, l’échec est une condamnation, une étiquette, une faute, pour l’autre une motivation, des données, un appel au dépassement.

Il n’y a rien d’automatique, dans le sens que ce qui doit arriver arrivera. Il n’y a pas d’accomplissement si petit soit-il sans contre-temps, sans obstacles, sans échecs.

Un appétit vorace pour apprendre, une recherche constante de données, de rétroactions qui peuvent se métaboliser en actions constructives.

Nous avons la capacité de configurer notre mental, nous avons la possibilité de re-configurer notre mental, nos habitudes cognitives en quelque chose de florissant, de nourrissant.

C’est ce que je crois.

Carpe Diem

Patrice.

Tout est perception

Samuele Marcora, un physiologiste de l’exercice de l’université de Bangor et son collègue Walter Staiano ont demandé à une dizaine d’athlètes de haut niveau de performer un protocole d’exercices simple. Chacun devait pédaler au maximum de leur capacité pendant cinq secondes (ce qu’on appel un test de MVCP: maximal volontary cycling power), le résultat a été enregistré. Ensuite, on leur a demandé de pédaler (sur le même vélo) à une puissance qui correspondait à 90% de leur VO2max jusqu’à ne plus être capable de soutenir le niveau demandé, i.e, jusqu’à épuisement. Tout de suite après, ils devaient répéter le même test de cinq secondes.

Marcora et Staiano ont trouvé qu’en moyenne, le 2ième test de cinq secondes (celui performé dans un état d’épuisement), était grosso-modo 30% plus bas que le premier, mais était 3 fois plus grand que la puissance du test à 90% du VO2max (242W).

Ça veut dire que le sujet a performé une moyenne de 242W jusqu’à ne plus être capable de donner un coup de pédale de plus et que quelques secondes plus tard, il a décroché un 731W. Comment expliquer ça?

La réponse est assez simple et bouscule tout notre concept de la fatigue dans le sport d’endurance. En bref, si les athlètes ont été en mesure de produire 731W après avoir performé un MVCP de 241W, on s’entend qu’ils auraient été capable psysiologiquement de produire 241W plus longtemps. L’explication la plus acceptable serait psychologique. Le sujet savait que le test final était d’une durée de 5 secondes, le fait de connaître la durée du test les motivait à produire un effort supplémentaire, alors que le test du milieu n’avait pas de durée déterminé.

La proposition de Marcora est basée sur la théorie de la motivation. Selon lui, ce qu’on nomme épuisement n’est pas l’incapacité de continuer, mais signifierait plutôt, abandonner, quitter.
La réalité est que notre système neuromusculaire est actuellement capable de continuer. Ça serait purement un mécanisme de défense, au même titre que d’autres sensations qui nous motive à faire certaines actions, comme la soif et la faim par exemples.
Les athlètes d’endurance de haut niveau n’ont pas de grandes différences au niveau physiologique, ils ont un très haut VO2max, une bonne économie, c’est très difficile de les différencié sur des paramètres physiologique, mais il y a des extra qui font de quelques uns, des champions, par exemple, Marcora effectue des tests sur la perception de l’habileté, qui démontre que la croyance en nos limites personnelles tend à être une source d’auto-contentement, une source de confiance. Les gens qui souhaite qu’ils peuvent pousser plus fort et en faire plus, en général, peuvent pousser plus fort et en faire plus.

Ce concept nous offre beaucoup plus de flexibilité que le traditionnel modèle où tu arrête en fonction de ta volonté.

Mais il faut faire attention rajoute-t-il, il y a des sensations qui sont là pour nous protéger, les ignorer pourrait avoir des effets dévastateurs.

Ils ont également faits des études sur la fatigue mentale, les effets de la fatigue mentale sur la performance étaient les mêmes que ceux de la fatigue physique.
Ils ont apporté quelques petits changements au cerveau des sujets qui avaient pour but de changer la perception de l’effort requis comme étant plus grand que les conditions normales.

Conclusion de leur étude: tout ce qui a un effet sur la perception de l’effort aura un impact réel sur la performance.

Cette étude est publié dans le European Journal of Applied Physiology.

Bonne semaine! et bon vent!

Carpe Diem

Patrice.