Je préfèrerais ne pas

« Tant de beauté dans le monde, si peu de yeux pour le voir » Albert Cossery

Ça fait longtemps! J’étais occupé…à vivre. C’est déjà ça!

Un drôle de sentiment, mélange de culpabilité, pas trop quand même, un  je ne sais trop quoi que l’on peut ressentir quand on ne fait pas ce qu’on  avait dit que l’on ferait, comme écrire un article, par exemple. Et pourtant, le monde n’as pas arrêté de tourné pour autant.

Mon Dieu, est-ce que j’ai contracté cette maladie terrible qui consiste à remettre à demain ce qu’on peut faire aujourd’hui?

Suis-je PROCRASTINATEUR?

Expéditus, es-tu là? Si tu es là répond! Saint Expéditus, patron des procrastinateurs, prié pour nous pauvre remetteurs à demain!

C’est qui ça papa Expéditus?

Wikipédia, ouvre-toi!

Selon la légende, quand Expéditus, le centurion romain a décidé de se convertir au christianisme, le diable apparut sous la forme d’un corbeau et tournant au dessus de lui en criant: «cras, cras » – « . Demain, demain » en latin. Expeditus piétina l’oiseau en criant victorieusement, « aujourd’hui! » Pour ce faire, Expeditus atteint le salut, et est vénéré comme le saint patron de la procrastination. Parfois, vous voyez des icônes de lui renversés comme un sablier dans l’espoir qu’il va se dépêcher et vous aider à faire votre travail pour qu’il puisse être mis sur le droit chemin à nouveau. Le droit chemin? Mais qui a fait les plans?

Expédit a été martyrisé en l’an 303, mais a été ressuscité à l’époque de la révolution industrielle, où le tempo du monde s’est accélérée à une vitesse à couper le souffle. Cela vous semble familier? Aujourd’hui, alors que le rythme de nos vies s’accélère et que les exigences nous impose à se multiplier, la procrastination est l’archi-démon avec qui beaucoup d’entre nous doivent se battre au quotidien, il semblerait que nous ayons besoin d’Expeditus plus que jamais.

L’American Psychological Association estime que 20 pour cent des hommes et des femmes américaines sont « procrastinateurs chronique. » Les chiffres placent le montant d’argent perdu aux États-Unis par des employés procrastinateurs, à des milliers de milliards de dollars par an.

Une infographie dans The Economist a récemment révélé que dans les 140.000.000 d’heures que l’humanité a passées à regarder « Gangnam Style » sur YouTube, deux milliards de fois, nous aurions pu construire au moins quatre pyramides à Gizeh. Des articles interminables posent la question à savoir pourquoi nous procrastinons, qu’est-ce qui ne va pas dans notre petite caboche.

Mais si la procrastination est si clairement une condition publique de toute la société, pourquoi est-elle toujours présenté comme une carence individuelle, personnelle? Pourquoi assumons-nous que nos propres tempéraments et nos habitudes sont en faute – et qu’on se sentent mal à leur sujet – plutôt que de remettre en question la canonisation de notre culture de la productivité?

Tout ce que l’on fait, n’est-ce pas, par nature, ne pas faire autre chose?

Il semble que beaucoup d’entre nous, soit en train d’appliquer une précision de style militaire sur nos vies civiles, créatives, intellectuelles. J’ai entendu parler de gens qui adoptent des stratégies froidement martiale pour combattre la procrastination : un auteur avait signé de gros chèques qu’elle avait confié à ses parents pour les donner à des partis politiques qu’elle déteste, si elle manquait un délai.

Ce qui m’amène à me demander: Sommes-nous en train de nous imposer des normes qui nous rendent fou?

Bien que le corbeau embêtant d’Expeditus peut être sans âge, la procrastination en tant qu’épidémie- et la culpabilité constante qui va avec – est propre à l’ère moderne. Le monde capitaliste du 21e siècle, dans ses efforts sans fin pour l’expansion, consacre une productivité toujours à la cause pour la sacro-sainte santé financière.

Herman Melville nous a donné, en 1853, cette merveilleuse nouvelle Bartleby the Scrivener, Baetleby le scribe et procrastinateur notoire, sommum d’obstination, qui confond les demandes de son patron avec son mantra sacré: «Je préférerais ne pas.» Un employé parfait en apparance – il ne quitte jamais le bureau nuit et jour – Bartleby représente une rébellion totale contre les attentes placées en lui par la société. Il refuse poliment d’accepter de l’argent ou de se retirer de ses fonctions, même après s’être fait congédié. Le copiste a vécu une résurection inattendue – comme héros pour le mouvement Occupy en 2012 « Bartleby a été le premier travailleur licencié à occuper Wall Street , « Jonathan D. Greenberg a noté dans The Atlantique. Face à la sérénité de Bartleby et sa non-conformité totale avec le statu quo, son patron se demande perplexe si ce n’est pas lui-même qui est fou.

« Oblomov », le roman russe d’Ivan Gontcharov raconte l’histoire d’un propriétaire terrien qui cultive comme son bien le plus précieux un penchant naturel à la paresse. se déplace à peine de son lit, et seulement pour aller sur le canapé.

Oblomov pouvait mener les quelques tâches qu’il voulait sous sa couette – écrire des lettres, accepter des visiteurs – mais s’il avait eu un iPhone et un ordinateur portable? Être au lit n’est maintenant pas une excuse pour la flânerie, et on ne peut échapper à la culpabilité qui l’accompagne. La voix – la société ou psychologique – qui nous pousse loin de la paresse, dans les hauteurs vertueuses pures de la productivité est devenue une sorte de cri d’oiseau comme plusieurs personnes qui travaille à domicile et fixe leurs propres horaires, et que les appareils que nous utilisons pour le travail sont devenu des sirènes séduisantes de notre propre distraction. Nous sommes maintenant en mesure d’accomplir des tâches à presque chaque moment, même si nous préférons ne pas.

Pourtant, l’homme cessera jamais de procrastiner, et il pourrait nous faire du bien de se souvenir que la culpabilité et la honte du cycle fais-le-demain ne sont pas nécessairement inévitable. Le philosophe français Michel Foucault a écrit sur ​​la maladie mentale qu’elle acquiert sa réalité comme une maladie « que dans une culture qui la reconnaît comme tel. » Pourquoi ne pas voir la procrastination non pas comme un défaut, une maladie ou un péché, mais comme un acte de résistance contre les restrictions de temps et de productivité imposée par des puissances plus élevées.

Plutôt que de foncer à travers la journée, prenant d’assaut les portes de demain, réfléchissons et demandons nous si le monde a vraiment besoin de toutes ces choses que nous pensons devoir faire- comme un peu plus de pyramides de Gizeh, ou un autre article sur Carpe Diem?

L’automne déjà…

Je retourne à mon occupation.

 

La résistance

 Quel que soit votre rêve, vivez-le, car l’audace est empreinte de génie, de puissance et de magie
(Goethe)
Genius est un mot latin, pour les Romains ça représente l’esprit intérieur, saint et sacré, qui veille sur nous, qui nous guide dans nos actions.
Les grecs l’appel Daemon, ils croient que c’est un être séparé qui vit à l’intérieur de nous. Je vais l’appeler; Génie. Le Génie doit se battre pour s’exprimer à travers l’art, l’écriture et toutes autres formes d’expressions.
Il y a une partie de toi qui veut rester en sécurité, invisible, qui veut faire sa job tranquille, surtout ne pas déranger l’ordre établie, tandis que le génie veut sortir, parler au monde, faire des affaires, se connecter, changer les choses. L’ennemi # 1 du génie, c’est la résistance, j’en ai glissé un mot dans mon premier message (to ship or not to ship). La résistance c’est la peur, le doute, la procrastination, les dépendances, les distractions, la timidité, l’égo, le narcissisme, le perfectionnisme.
La procrastination est la manifestation la plus commune de la résistance, tu ne te dis pas «je vais jamais écrire mon livre», tu dis «je vais écrire mon livre, je commence demain». Le plus terrible avec la procrastination c’est que ça peut devenir une habitude, on ne met pas nos rêves sur la glace (en attente) qu’aujourd’hui, mais jusqu’à la fin de notre vie.
La résistance, c’est la force la plus toxique de la planète. Quand tu pense à un projet, quand tu veux changer les choses, (toi-même), commencer un programme d’entraînement, une diet, partir ta propre entreprise, faire un ironman, écrire un livre, en fait à chaque impulsion créatrice qui te pousse à t’élever d’un cran, à passer à un niveau supérieur,  il y a une force opposée qui va chercher par tout les moyens à te mettre des bâtons dans les roues, soit par la maladie, des urgences, des tâches apparemment importantes, la plus commune, «le temps» (j’ai pas l’temps), la résistance va chercher à mettre en cage le génie. La résistance a peur, peur de ce qui va arriver si l’idée aboutie, si ça marche, peur du ridicule,  peur du succès, du changement. La résistance recherche le confort, la cachette, la position sécure, une job stable, une niche douillette, «fitter» dans le système, la résistance va chercher par tous les moyens à saboter ton travail, ton art.
Ton travail , c’est de nourrir, d’amplifier et de glorifier le génie, ton travail est de créer quelque chose qui va apporter du changement ( un art qui va changer les choses), exposer ton humanité. Ton travail est de faire ton travail, pas ta «job», ta «job» c’est de suivre les instructions, ton travail c’est de faire la différence, ton travail est de livrer la marchandise, sortir des sentiers battus, de ta zone de confort, c’est pas naturel mais c’est ESSENTIEL.
On entend souvent des histoires de personnes diagnostiqué d’une maladie incurable qui décide de faire ce qu’ils ont toujours rêvé, un voyage, apprendre un instrument de musique etc…et il arrive, assez souvent, qu’ils deviennent en rémission, il n’ont plus rien à perdre, ils n’ont surtout pas de plan B. Est-ce qu’il faut attendre d’être rendu au pied du mur pour agir? Qu’est-ce qui nous empêche de réaliser nos projets, nos rêves, nos passions?
«c’est une chose d’étudier la guerre, c’en est une autre d’être un guerrier» disait Telamon d’Arcadia, mercenaire au 5e s A.C.
Un artiste, un athlète, un entrepreneur, porte des bottes de combat, c’est un pro, il se présente à chaque jours, peu importe les circonstances.
Tu es un guerrier, tu es un pro.
La résistance déteste les pros.
Alors qu’est-ce que tu as dans le ventre?
Let’s go!
Commence maintenant.
Bon vent!
Patrice