À ce qui reste en nous d’humain

 

[…]

seuls les voyages

qui commencent par des hasards

au-dedans de nous

débouchent sur des mystères

au détour de l’infime et de l’immense

 

nous sommes l’étoile filante

d’un autre espace de ce monde

un flambeau d’incertitude

un bel accident dans l’éveil

de quelques mots répétés

pour calmer la blessure

 

Robert Fortin,  extrait de Les nouveaux poètes d’Amérique

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canons (extraits)

quand la vie recommence

dans ce voyage au bout de soi-même

les mots surgissent de la bouche

comme des matins sur le souffle des lèvres

[…]

pour écrire dans la lumière

il faut tuer toutes les guerres en soi

ses propres guerres idiotes

les miroirs de l’orgueil n’ont jamais eu d’odeur

on ne se bat que contre soi

happé par les vides et les pleins

dans la densité des choses

[…]

chacun de mes gestes me guide

vers un certain éblouissement

vers ce lieu où lumière et ombre

témoignent du poème

 

de toute façon la grâce a toujours parlé

avec la fragilité de l’argile

quand la vie recommence

dans ce voyage au bout de soi-même

les mots surgissent de la bouche

comme des matins sur le souffle des lèvres

 

Robert Fortin canons

à ceux et celles qui aiment la poésie

 

À ce qui reste en nous d’humain

 

dans le doute en cas d’urgence

ou d’arrêt momentané de l’espoir

fiez-vous à votre instinct à vos désirs

pour que le regard enseigne à voir

et que la poésie fasse de la lumière

en marchant

 

aux heures de création

ouvrez la case départ

ces courants de silences magnétiques

qui montent du vide et vont à la moelle de l’os

en vous suivant jusqu’au vierge

pour purifier le cœur

dans l’épaisseur de vivre

 

maintenez ce fragile équilibre

en relevant chaque route d’intuitions

jusqu’au secret  des sources

pour la mise au monde du bonheur

 

en cas d’éphémère

suivez les jeux d’ombre et de lumière

en léguant à la force des poèmes

l’émergence des possibles

le feu intérieur qui prépare l’aurore

 

prenez position

dans la périphérie du risque en marche

choisissez le moment propice

pour laisser venir le soir aux lampes

des décrocheurs… d’étoiles

 

la poésie ne change pas

l’univers ni ne le sauve sauf que…

son passage dans votre vie

vous maintient en éveil

dans la matière des choses fragiles

 

poète ou lecteur

vous ne serez plus

tout à fait le même être

au pied des arbres

 

Robert Fortin les nouveaux poètes d’Amérique

les nouveaux poètes d’Amérique (extraits)

[…]

voici le jour venir

voici la nuit qui passe

laisse à tes morts la chance

de prouver que tu existes

laisse aux ombres le sommet

que tu partages avec l’espace

 

je ne crains pas de t’inventer

une autre Amérique

avec des yeux d’aube

qui regardent la terre tourner

pain d’encre dans l’espace

 

mon cœur s’est purifié

aux yeux de toutes soifs

je t’offre une tendresse

et l’ambre du mystique

pour ton corps nettoyé du sel

sur tes blessures

 

l’eau veille aux vies dans l’œil

impalpable mystère

en moi meurt le mortel

nous sommes d’ici tous

vierges poussières d’étoiles

sur un miroir fondant

 

 

Robert FORTIN les nouveaux poètes d’Amérique

Canons, Robert Fortin

je crois à l’accident d’un mot qui surgit du silence

à l’instinct du loup dans le poète de force

moi j’ai besoin de peler un poème

pour sertir son parfum

jusqu’aux pépins de ma soif il n’est que pensée

j’ai aussi envie de voir

l’oie blanche et le hibou

au sommet du mont Royal

j’aime le vent qui passe dans les saules

comme une main de soie sur la chair blessée

je crois à l’accident d’un mot qui surgit du silence

à l’instinct du loup dans le poète de force

au jour buvard d’encre dans la patience de l’os

au vide en moi-même qui clarifie les yeux

au plein de la mort qui illumine l’habitude

canons